Le DANGER des objets des SENS
Les objets des sens font naître le désir et l’aversion. Mais il faut se garder de tomber en leur pouvoir, car ceux-ci constituent un obstacle à la réalisation spirituelle. (BG 03/34)
Théorie :
1 Les objets des sens font naître le désir et l’aversion. Voilà une affirmation de la Gita, qui n’est aucunement une révélation… encore que : ‘Le poisson ne sait pas qu’il est dans l’eau’, à la façon de ce proverbe, l’homme profane ne sait pas qu’il est un âne motivé par la carotte et le bâton. Qu’est-ce qui différencie un homme d’un âne ? Un humain d’un animal ? Les savants anthropologues diront que l’homme a inventé le feu, la massue, l’ordinateur et la bombe atomique. C’est en effet une différence, mais infime par rapport à cette autre : l’homme est capable de concevoir l’avant-naissance et l’après-mort, capable aussi de se penser au-delà de l’ego et de penser l’Absolu au-delà des egos. Oppenheimer, qui a mis au point la première bombe atomique pensait que cela n’était rien, sinon une erreur qu’il regretta, auprès de la Bhagavad Gita dont il découvrit les trésors par la suite.
2 Mais il faut se garder de tomber en leur pouvoir… L’idéal humain de ceux à qui s’adressent les publicistes et leurs financiers de patrons est celui d’un homme-âne que bâton et carotte manœuvrent à loisir. Le premier pas de la liberté consiste à prendre conscience de son esclavage. Même l’homme qui aurait beaucoup de désirs satisfaits et peu d’aversions peut prendre conscience qu’il ne décide rien et qu’il n’est qu’une chose mécaniquement déterminée par les objets qui l’entourent. Lorsque la noblesse d’un homme se réveille, il préfère sa liberté à sa consommation, le choix de ses désirs à leur satisfaction. Et cela simplement d’un point de vue humain : il s’élève au-dessus de sa condition animale.
3 car ceux-ci constituent un obstacle à la réalisation spirituelle. Krishna ne s’adresse pas aux ânes, qu’il illustre d’ailleurs comme Les hommes à l’intelligence brève…(BG 07/23) ; Ceux que fascinent les jouissances et les pouvoirs succombent au prestige d’un tel enseignement. Chez eux l’intelligence n’est pas prête pour cette connaissance et pour l’état de Samâdhi (BG 02/44). Soutenant cette vue (matérialiste), ces âmes dépravées, qui ont ruiné leur propre Soi, rapetissent leur intelligence…(BG 16/09). On note l’insistance de Krishna sur l’intelligence. « Pourquoi insister sur l’intelligence, le mot ne se présentant pas dans notre sutra ? » dira-t-on. Parce que la langue profane emploie le mot ‘esprit’ pour désigner le mental. L’équivoque est évidente en français où l’on dit d’un homme plein d’humour : « Il a de l’esprit ». Si bien qu’on parvient à cette absurdité qu’un homme spirituel peut ne pas l’être du tout. La culture contemporaine nage dans la confusion du psychique et du spirituel (de psychè et de pneuma pour parler grec). La réalisation spirituelle n’a rien à voir avec les conceptions mondaines d’un homme spirituel. Les deux qualités peuvent coexister ou non ; mais la présence de l’une ne garantit aucunement celle de l’autre.
4 En quoi, maintenant, Les objets des sens…constituent-ils un obstacle à la réalisation spirituelle ? En cela qu’ils appartiennent tous au monde matériel, entièrement soumis aux cycles de manifestations et de destructions. Non que ces objets soient mauvais en eux-mêmes, ou que la jouissance qu’ils procurent soit mécaniquement ‘péché’, mais ils attachent à l’éphémère et éloignent à proportion de l’éternel. C’est pourquoi Krishna dit de ‘l’homme démoniaque’ : En proie à des désirs insatiables… ils deviennent la proie de l’illusion, fascinés par l’éphémère…(BG 16/10). Pour autant, le contraire d’une erreur est l’erreur contraire et non pas nécessairement la vérité. Aussi la spiritualité ne se mesure pas à la sobriété d’un humain, mais à sa capacité d’appréhender le divin en tout et en tous.
5 Sous son abstraction philosophique apparente, ce sutra traite aussi du rapport des hommes et des femmes. Les deux pôles de la manifestation sont purusha (L’idée, la conscience, l’intelligence) et prakriti (matière, corps, forme) ; chez l’homme accompli, purusha domine, chez la femme, c’est prakriti. Ce n’est pas une révélation non plus que la femme fait naître le désir et l’aversion chez l’homme et qu’il faut se garder de son pouvoir, car celui-ci constitue un obstacle à la réalisation spirituelle. Le fait que la mentalité égalitariste ou féministe, propre à l’Occident décadent, se scandalise de ce qui vient d’être exprimé suffit à établir la vérité spirituelle du propos. Dans la Genèse, l’Élohim divin reproche à Adam : tu as écouté la voix de la femme (Gn 03/17). La femme n’est pas en elle-même un obstacle à la réalisation spirituelle, et elle peut même, pour certaines femmes du moins, tendre vers la réalisation spirituelle, mais ce n’est pas en tant qu’elle est femme ; c’est en tant que la part de purusha qui est en elle peut s’éveiller aussi, malgré la part nativement dominante de prakriti. Le danger de la femme n’existe que dans la mesure où l’homme ne maintient pas en lui-même la domination de purusha sur prakriti.
Pratique :
Pratique I : Les objets des sens font naître le désir et l’aversion. ‘Le poisson ne sait pas qu’il est dans l’eau’, à la façon de ce proverbe, l’homme profane ne sait pas qu’il est un âne, que motivent la carotte et le bâton. L’homme a inventé le feu, la massue, l’ordinateur et la bombe atomique. Mais il n’est homme que parce qu’il est capable de concevoir l’avant-naissance et l’après-mort, de se penser au-delà de l’ego et de penser l’Absolu au-delà des egos. Pour un homme contemporain, s’élever au-dessus de la bête constitue déjà un progrès.
Pratique II : Mais il faut se garder de tomber en leur pouvoir… Prendre conscience de son esclavage constitue le premier pas de la liberté consiste. Lorsque la noblesse d’un homme se réveille, il préfère sa liberté à sa consommation, le choix de ses désirs à leur satisfaction.
Pratique III : car ceux-ci constituent un obstacle à la réalisation spirituelle. La langue profane emploie le mot ‘esprit’ pour désigner le mental. L’équivoque est évidente en français où l’on dit d’un homme plein d’humour : « Il a de l’esprit ». Si bien que l’on parvient à cette absurdité qu’un homme spirituel peut ne pas l’être du tout. La culture contemporaine nage dans la confusion du psychique et du spirituel (de psychè et de pneuma pour parler grec). La réalisation spirituelle n’a rien à voir avec les conceptions mondaines d’un ‘homme spirituel’ au sens humoristique du terme. Les deux qualités peuvent coexister ou non ; mais la présence de l’une ne garantit aucunement celle de l’autre.
Pratique IV : En quoi, maintenant, Les objets des sens…constituent-ils un obstacle à la réalisation spirituelle ? En cela qu’ils appartiennent tous au monde matériel, entièrement soumis aux cycles de manifestations et de destructions. Non que ces objets soient mauvais en eux-mêmes, ou que la jouissance qu’ils procurent soit mécaniquement ‘péché’ ; en attachant à l’éphémère ils éloignent à proportion de l’éternel.
Pratique V : Ce n’est pas une révélation non plus que la femme fait naître le désir et l’aversion chez l’homme et qu’il faut se garder de son pouvoir, car celui-ci constitue un obstacle à la réalisation spirituelle. Dans la Genèse, l’Élohim divin reproche à Adam : tu as écouté la voix de la femme (Gn 03/17). Le danger de la femme n’existe que dans la mesure où l’homme ne maintient pas en lui-même la domination de purusha sur prakriti.
Le DANGER des objets des SENS (BG 03/34)
Le DANGER des objets des SENS (BG 03/34)
Le DANGER des objets des SENS
Les objets des sens font naître le désir et l’aversion. Mais il faut se garder de tomber en leur pouvoir, car ceux-ci constituent un obstacle à la réalisation spirituelle. (BG 03/34)
Théorie :
1 Les objets des sens font naître le désir et l’aversion. Voilà une affirmation de la Gita, qui n’est aucunement une révélation… encore que : ‘Le poisson ne sait pas qu’il est dans l’eau’, à la façon de ce proverbe, l’homme profane ne sait pas qu’il est un âne motivé par la carotte et le bâton. Qu’est-ce qui différencie un homme d’un âne ? Un humain d’un animal ? Les savants anthropologues diront que l’homme a inventé le feu, la massue, l’ordinateur et la bombe atomique. C’est en effet une différence, mais infime par rapport à cette autre : l’homme est capable de concevoir l’avant-naissance et l’après-mort, capable aussi de se penser au-delà de l’ego et de penser l’Absolu au-delà des egos. Oppenheimer, qui a mis au point la première bombe atomique pensait que cela n’était rien, sinon une erreur qu’il regretta, auprès de la Bhagavad Gita dont il découvrit les trésors par la suite.
2 Mais il faut se garder de tomber en leur pouvoir… L’idéal humain de ceux à qui s’adressent les publicistes et leurs financiers de patrons est celui d’un homme-âne que bâton et carotte manœuvrent à loisir. Le premier pas de la liberté consiste à prendre conscience de son esclavage. Même l’homme qui aurait beaucoup de désirs satisfaits et peu d’aversions peut prendre conscience qu’il ne décide rien et qu’il n’est qu’une chose mécaniquement déterminée par les objets qui l’entourent. Lorsque la noblesse d’un homme se réveille, il préfère sa liberté à sa consommation, le choix de ses désirs à leur satisfaction. Et cela simplement d’un point de vue humain : il s’élève au-dessus de sa condition animale.
3 car ceux-ci constituent un obstacle à la réalisation spirituelle. Krishna ne s’adresse pas aux ânes, qu’il illustre d’ailleurs comme Les hommes à l’intelligence brève…(BG 07/23) ; Ceux que fascinent les jouissances et les pouvoirs succombent au prestige d’un tel enseignement. Chez eux l’intelligence n’est pas prête pour cette connaissance et pour l’état de Samâdhi (BG 02/44). Soutenant cette vue (matérialiste), ces âmes dépravées, qui ont ruiné leur propre Soi, rapetissent leur intelligence…(BG 16/09). On note l’insistance de Krishna sur l’intelligence. « Pourquoi insister sur l’intelligence, le mot ne se présentant pas dans notre sutra ? » dira-t-on. Parce que la langue profane emploie le mot ‘esprit’ pour désigner le mental. L’équivoque est évidente en français où l’on dit d’un homme plein d’humour : « Il a de l’esprit ». Si bien qu’on parvient à cette absurdité qu’un homme spirituel peut ne pas l’être du tout. La culture contemporaine nage dans la confusion du psychique et du spirituel (de psychè et de pneuma pour parler grec). La réalisation spirituelle n’a rien à voir avec les conceptions mondaines d’un homme spirituel. Les deux qualités peuvent coexister ou non ; mais la présence de l’une ne garantit aucunement celle de l’autre.
4 En quoi, maintenant, Les objets des sens…constituent-ils un obstacle à la réalisation spirituelle ? En cela qu’ils appartiennent tous au monde matériel, entièrement soumis aux cycles de manifestations et de destructions. Non que ces objets soient mauvais en eux-mêmes, ou que la jouissance qu’ils procurent soit mécaniquement ‘péché’, mais ils attachent à l’éphémère et éloignent à proportion de l’éternel. C’est pourquoi Krishna dit de ‘l’homme démoniaque’ : En proie à des désirs insatiables… ils deviennent la proie de l’illusion, fascinés par l’éphémère…(BG 16/10). Pour autant, le contraire d’une erreur est l’erreur contraire et non pas nécessairement la vérité. Aussi la spiritualité ne se mesure pas à la sobriété d’un humain, mais à sa capacité d’appréhender le divin en tout et en tous.
5 Sous son abstraction philosophique apparente, ce sutra traite aussi du rapport des hommes et des femmes. Les deux pôles de la manifestation sont purusha (L’idée, la conscience, l’intelligence) et prakriti (matière, corps, forme) ; chez l’homme accompli, purusha domine, chez la femme, c’est prakriti. Ce n’est pas une révélation non plus que la femme fait naître le désir et l’aversion chez l’homme et qu’il faut se garder de son pouvoir, car celui-ci constitue un obstacle à la réalisation spirituelle. Le fait que la mentalité égalitariste ou féministe, propre à l’Occident décadent, se scandalise de ce qui vient d’être exprimé suffit à établir la vérité spirituelle du propos. Dans la Genèse, l’Élohim divin reproche à Adam : tu as écouté la voix de la femme (Gn 03/17). La femme n’est pas en elle-même un obstacle à la réalisation spirituelle, et elle peut même, pour certaines femmes du moins, tendre vers la réalisation spirituelle, mais ce n’est pas en tant qu’elle est femme ; c’est en tant que la part de purusha qui est en elle peut s’éveiller aussi, malgré la part nativement dominante de prakriti. Le danger de la femme n’existe que dans la mesure où l’homme ne maintient pas en lui-même la domination de purusha sur prakriti.
Pratique :
Pratique I : Les objets des sens font naître le désir et l’aversion. ‘Le poisson ne sait pas qu’il est dans l’eau’, à la façon de ce proverbe, l’homme profane ne sait pas qu’il est un âne, que motivent la carotte et le bâton. L’homme a inventé le feu, la massue, l’ordinateur et la bombe atomique. Mais il n’est homme que parce qu’il est capable de concevoir l’avant-naissance et l’après-mort, de se penser au-delà de l’ego et de penser l’Absolu au-delà des egos. Pour un homme contemporain, s’élever au-dessus de la bête constitue déjà un progrès.
Pratique II : Mais il faut se garder de tomber en leur pouvoir… Prendre conscience de son esclavage constitue le premier pas de la liberté consiste. Lorsque la noblesse d’un homme se réveille, il préfère sa liberté à sa consommation, le choix de ses désirs à leur satisfaction.
Pratique III : car ceux-ci constituent un obstacle à la réalisation spirituelle. La langue profane emploie le mot ‘esprit’ pour désigner le mental. L’équivoque est évidente en français où l’on dit d’un homme plein d’humour : « Il a de l’esprit ». Si bien que l’on parvient à cette absurdité qu’un homme spirituel peut ne pas l’être du tout. La culture contemporaine nage dans la confusion du psychique et du spirituel (de psychè et de pneuma pour parler grec). La réalisation spirituelle n’a rien à voir avec les conceptions mondaines d’un ‘homme spirituel’ au sens humoristique du terme. Les deux qualités peuvent coexister ou non ; mais la présence de l’une ne garantit aucunement celle de l’autre.
Pratique IV : En quoi, maintenant, Les objets des sens…constituent-ils un obstacle à la réalisation spirituelle ? En cela qu’ils appartiennent tous au monde matériel, entièrement soumis aux cycles de manifestations et de destructions. Non que ces objets soient mauvais en eux-mêmes, ou que la jouissance qu’ils procurent soit mécaniquement ‘péché’ ; en attachant à l’éphémère ils éloignent à proportion de l’éternel.
Pratique V : Ce n’est pas une révélation non plus que la femme fait naître le désir et l’aversion chez l’homme et qu’il faut se garder de son pouvoir, car celui-ci constitue un obstacle à la réalisation spirituelle. Dans la Genèse, l’Élohim divin reproche à Adam : tu as écouté la voix de la femme (Gn 03/17). Le danger de la femme n’existe que dans la mesure où l’homme ne maintient pas en lui-même la domination de purusha sur prakriti.
Le DANGER des objets des SENS (BG 03/34)