Le SENSIBLE et l’INALTERABLE

Le SENSIBLE et l’INALTERABLE

Bhagavad Gita 02/23-24 Commentaire Théorique et Méditation Opérative

Le SENSIBLE et l’INALTERABLE

Le SENSIBLE et l’INALTERABLE

Les armes de fer ne peuvent pourfendre l’atman, le feu ne le brûle pas, l’eau ne le noie pas, le vent ne le dessèche pas. Inentamable, inconsumable, indétrempable, indesséchable, permanent, omniprésent, stable, inébranlable ; l’atman est perpétuel.

(Bhagavad Gita 02/23-24)

Théorie :

Sans arrêt, les sens perçoivent, le mental pense. Pourtant, au cœur de cette mouvance, l’atman demeure. Il est le cœur de l’être humain. La Gita nous dit que les quatre éléments (terre, air, eau, feu) ne peuvent l’atteindre. Elle ne traite pas de l’éther, l’état le plus subtil et d’ailleurs imperceptible de la matière, dans son rapport avec l’atman ; encore qu’elle suggère une certaine affinité entre les deux. Aucune force grossière, de celles qui peuvent facilement léser le corps, ne peut atteindre l’atman.

Les profanes comme les religieux ont des croyances ; le spirituel travaille à n’en plus avoir. Ou il ignore, et c’est le cas de beaucoup de choses, mais il sait alors qu’il ignore, et cela constitue déjà une connaissance, qui lui évite de juger à tort. Ou il expérimente sensoriellement et mentalement, en usant de la logique. Ou son intuition intellectuelle et cordiale, garantie de l’erreur elle aussi par son sens logique, lui sert de radar dans tout ce qui dépasse le corps.

En affirmant que l’atman est perpétuel, au sens métaphysique du terme, c’est-à-dire sans début et sans fin, la Gita pose à la fois que l’atman était avant la naissance du corps et qu’il sera après sa mort. D’aucuns diront : « Quelle preuve en a-t-on ? » la tradition spirituelle répond : « Comment aurais-tu l’idée de l’avant naissance et de l’après mort, s’il n’était une réalité qui y corresponde ? » Les idées, quand elles sont cohérentes et logiques, sont des réalités plus puissantes que la réalité des choses passagères.

Pratique :

Il ne s’agit pas de croire à l’atman, mais d’expérimenter, dans la méditation, s’il y a quelque chose de stable au cœur de la conscience, lorsque les sens et le mental se sont apaisés, du fait de l’immobilité calme et de la respiration régulière et lente. L’atman est le lieu stable de la conscience.

La méditation teste aussi le fait que l’atman est inébranlable. Même au cœur de la tristesse et du deuil psychologique, celui qui plonge vraiment dans l’intériorité découvre un lieu de paix que les événements n’affectent pas. Il n’est pas question de brimer la sensibilité corporelle et psychologique, mais de pouvoir facilement atteindre, au-delà de la sensibilité, le lieu de paix qu’est l’atman inébranlable. La sensibilité danse sur ce socle immuable.

La veille est transitoire, le rêve et le sommeil aussi. La Gita affirme que l’atman est omniprésent, toujours présent, donc non transitoire. C’est une expérience que fait tout méditant régulier : les trois états alternatifs (rêve, veille, sommeil) sont comme des perles reliées par un fil continu, qui a nom atman.

 

 

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