L’ARYANISME SPIRITUEL (BG 02/01-02)

L’ARYANISME SPIRITUEL (BG 02/01-02)

Bhagavad Gita 02/01-02 Commentaire Théorique et Méditation Opérative

L’ARYANISME SPIRITUEL (BG 02/01-02)

L’ARYANISME SPIRITUEL

Le voyant ainsi envahi par la pitié et le découragement, aveuglé par un flot de larmes,

Krishna (le meurtrier de Madhu) lui tient un discours (BG 02/01)

Le bienheureux (Krishna) lui dit : « D’où viennent, Arjuna, à l’heure du danger, ces pensées troubles

indignes d’un homme noble (Arya), et qui ne mènent ni au ciel ni à l’honneur ? (BG 02/02)

Théorie :

La pitié, qualité souvent aveuglante

1        Le voyant ainsi envahi par la pitié… Dès le sutra suivant, Krishna reprochera à Arjuna de s’adonner à ce point à la pitié. De quoi étonner le lecteur occidental, car un homme plein de pitié, donc compatissant pour ses ennemis et amis, est digne de respect. Krishna le reconnaitra plus tard en disant : tes paroles sont empreintes de sagesse (BG 02/11), mais il rajoute : Tu t’apitoies là où la pitié n’est pas de mise. Cela n’apaise pas la sensibilité du bon chrétien, qui se dit : « Y aurait-il des situations où la pitié ne soit pas de mise ? »

2        Le mot sanskrit kripaya dignifie bien pitié. Le problème vient de ce qu’Arjuna est ‘envahi’ par la pitié, il n’y a plus de place en lui pour la justice, le devoir et la prudence. Krishna ne manquera pas de lui reprocher plus tard : Pense aussi à ton devoir (sva-dharma) de kshatriya (gouvernant) et tu n’hésiteras pas (BG 02/31). La pitié l’empêche présentement de voir que les adversaires sont des usurpateurs du pouvoir politique, ce qui ne manquera pas de peser sur la civilisation tout entière. À propos du savoir tamasique (ténébreux) Krishna dira qu’il est : aveugle à la vérité. On s’attache à une seule chose, comme si elle était le tout. C’est un savoir sans principes, qui ne remonte pas à la cause (BG 18/22). Or c’est exactement le cas ici : Arjuna n’est plus un homme de principe -ce que doit être un chevalier-, il est une femme faible submergée par l’émotion. Dans les arts du spectacle de l’Occident moderne -le cinéma particulièrement-, l’émotion est le maître-mot, la qualité sans laquelle une œuvre ne saurait être célèbre. Critère typique d’une période décadente.

Les qualités du chevalier

1        … et le découragement…Comme le mot l’indique, le lieu du courage est le cœur, et le courage est l’une des qualités cardinales du chevalier et du yogi. Le cœur est au centre du corps. Le courage n’est pas la témérité. Il consiste à demeurer centré, à garder une échelle de valeurs juste et une hiérarchie des urgences qui la reflète dans l’action. Il est manifeste que les pamoisons émotionnelles ne sont pas de mise sur un champ de bataille, une fois estimé juste le combat.

2        … aveuglé par un flot de larmes…Tous les garçons ayant bénéficié d’une éducation classique se sont entendu dire un jour : « Un garçon ne pleure pas, ce sont les filles qui pleurent ». C’est que le mot célèbre de Simone de Beauvoir « On ne naît pas femme, on le devient » est une parfaite inversion d’une vérité de bon sens, vieille comme le monde. Le petit garçon est émotif à peine moins que la petite fille. Sa nature masculine ne peut s’épanouir qu’après avoir fait muer son enveloppe sensible et émotionnelle plus féminine, plus naturelle. C’est pourquoi l’on remarque qu’entre dix et quinze ans les filles sont généralement plus mûres (donc plus conformes à l’idéal féminin) que les garçons. La mue vocale des garçons atteste cela d’évidente façon. En somme, Arjuna, sous le coup de l’émotion, due au fait qu’il repère des amis dans le camp adverse, vient d’oublier sa virilité longuement conquise. On dira plus tard qu’Arjuna est un archer prodigieux (BG 11/33). Une simple larme suffit pour manquer un tir au combat ; or le survivant est celui qui tire le premier.

Les rapports de Krishna et d’Arjuna se modifient

1        Krishna (le meurtrier de Madhu) lui tient un discours…Dans le récit, Krishna, le cousin d’Arjuna, est le conducteur du char tiré par un quadrige de chevaux blancs (BG 01/14). Arjuna est l’archer, c’est lui qui indique à Krishna où diriger le char dans la bataille (BG 01/21). Il est donc son chef sur le plan militaire, alors que Krishna va bientôt devenir son maître sur le plan spirituel (BG 02/07).

2        Comme l’Évangile dans la Bible, la Bhagavad Gita est une petite, mais très précieuse, partie de la longue épopée hindoue du Mahabaratha. Le meurtrier de Madhu est un des nombreux qualificatifs de Krishna car, antérieurement au récit de la BG, il a tué le démon Madhu. On comprendra plus tard que le démon, transposé en symbolisme spirituel, n’est autre que le désir (BG 03/41). Autrement dit Krishna, qui appartient à la même caste qu’Arjuna, dépassant les qualités déjà exigeantes d’un chevalier, est parvenu à la maîtrise des sens et à la libération. C’est pourquoi il est appelé seigneur des sens (BG 01/15) et aussi maître du sommeil puisqu’il a obtenu l’éveil-buddhi (BG 01/24). Le sutra suivant le qualifiera d’ailleurs de bienheureux (Krishna) (BG 02/02), ce qui est pratiquement devenu un nom pour le désigner.

La maitrise du yin par le yang

1        « D’où viennent, Arjuna, à l’heure du danger, ces pensées troubles… » Krishna sait très bien d’où viennent ces pensées. Il prend des gants, pour suggérer à son cousin que sa composante féminine doit être mise en veilleuse sur le champ de bataille (l’heure du danger). Mais devant l’ampleur du blocage, il sera plus incisif au sutra suivant : Ne cède pas à ce manque de virilité, cela te sied mal (BG 02/03).

2        … ces pensées troubles… Les états émotionnels troublent la vigilance et la clairvoyance qu’un guerrier nobiliaire se doit de maintenir. Comme un tableau impressionniste ou une musique riche en chromatismes instaurent un flou artistique, le trouble perceptif et mental assure souvent les conditions de la jouissance. Quand une femme est troublée, son soupirant progresse. Tout cela est qualité dans le domaine de kama, le plaisir (BG 07/11), mais doit être éliminé le temps du combat.

L’aryanisme en question

1        … ces pensées troubles indignes d’un homme noble (Arya)…Le texte dit que l’attitude d’Arjuna est anarya, soit ‘sans noblesse’. Dans le système de civilisation sacrée des ‘états sociaux’ propre à l’ancien régime occidental (dont le troisième, le tiers-état, fit la révolution de 1789 en supprimant ce qui lui était supérieur), on appelait noble le deuxième état social, correspondant aux kshatrya hindous. En voici les qualités caractéristiques : L’héroïsme, la vigueur, la détermination, l’ingéniosité, le courage au combat, la générosité, l’aptitude à gouverner, sont les devoirs des kshatriyas, en tant qu’expression de leur nature propre (BG 18/43). Ce champ lexical définit la noblesse-arya, et l’on voit nettement qu’Arjuna, présentement, n’est plus dans cet état. D’où la justesse de la critique de Krishna.

2        Il nous convient de nous arrêter sur cette notion d’arya. Ce reproche de Krishna à Arjuna, est la clé de tout l’enseignement qu’il lui et nous transmet par la suite. Or, et ce n’est pas un hasard, ce point essentiel dans la conception du monde est particulièrement embrouillé aujourd’hui, comme si c’était fait exprès. Trois obstacles s’interposent à la compréhension de la noblesse-arya, dans l’esprit d’un Occidental du XXI° siècle. Le lecteur aura observé que notre commentaire de la Bhagavad Gita, ainsi que celui de l’Évangile d’ailleurs, s’adresse à des occidentaux du présent siècle, et tient méthodiquement compte du prêt-à-penser qui, chez ce public, brouille très souvent l’intelligence de l’enseignement spirituel quelque clair qu’en soit la formulation. Les trois obstacles évoqués précédemment sont : le nazisme, la révolution de 1789 et l’arianisme chrétien. Il est nécessaire de les envisager en détail tous les trois.

3        Krishna énumère : Les gens de bien qui me vénèrent sont de quatre espèces : ô Arjuna : l’affligé, celui qui prend son destin en main et poursuit la richesse, celui qui aspire à la connaissance (par curiosité intellectuelle), et le sage (jnani), qui possède la connaissance (BG 07/16). Il précise ensuite : Tous, assurément, sont des êtres nobles (BG 07/18). Ainsi se trouve définie la noblesse, au sens spirituel du terme. En effet : Quel est le point qui unit ces quatre très différentes espèces d’humains ? C’est qu’ils ne s’enferment pas dans l’horizontalité du monde mortel ; tous son reliés au principe divin et, comme un navigateur, dirigent leur vie en tenant compte du ciel. Aucun n’est profane, aucun n’est laïque (au sens moderne) ; tel est le noble, l’arya.

Les Hindous sont-ils des nazis ?

1        Observons d’abord le retour de balancier créé par le nazisme. Les idéologues hitlériens ont choisi le mot arien, emprunté au sanskrit arya, pour caractériser la civilisation qu’ils ont tenté de bâtir. Ils l’ont accompagnée du symbole le plus répandu en Inde, le svastika, qui est à l’Hindouisme ce que la croix est au Christianisme. La guerre déclenchée au nom de l’idéologie nazie a fait une cinquantaine de millions de morts et la haine obsessionnelle des nazis pour les Juifs, doublée de la volonté de les exterminer tous, ont suscité chez les adversaires de cette idéologie une détestation de tout ce qui les concerne. Du coup, l’idée de noblesse arienne et le symbole du svastika (rebaptisé ‘croix gammée’ par les nazis) apparait comme l’essence du mal pour la plupart des Occidentaux.

2        Hitler était végétarien, les végétariens sont-ils tous criminels parce qu’Hitler l’était ? Tel est le niveau des remarques qu’il convient de faire aux bien-pensants anti-nazis d’aujourd’hui. Le symbole du svastika, qui est cyclologique et éminemment spirituel (en fait une autre figure de la roue du Dharma) était utilisé des milliers d’années avant le nazisme ; il est universel et on le rencontre même dans certaines églises médiévales. La doctrine hindoue n’est raciale à aucun degré, puisque de nombreuses races se rencontrent en Inde depuis les temps les plus reculés, et que le système social des castes-varnas est basé sur les qualités initiatiques et non sur la race biologique (BG 18/41-46). Quant aux Juifs, ils étaient inconnus de l’Inde classique, et demeurent un petit peuple lointain pour l’Inde actuelle.

3        L’emploi, par les théoriciens du nazisme, de la notion arienne et du svastika était une usurpation sans fondement, un déguisement idéologique. Ils ont cherché à se revêtir du prestige millénaire et de la profondeur spirituelle de l’Hindouisme, comme les loups rapaces déguisés en brebis de l’Évangile (Mt 07/15 = P 073). Quant aux partisans de la démocratie adversaires du nazisme, il est malheureux de constater qu’ils n’ont pas plus de discernement que ces derniers en ce qui concerne l’arya et le svastika. Ainsi le diable a remporté deux victoires : une grâce à Hitler, qui a parodié ces notions, l’autre grâce à ses adversaires, qui prennent ces notions pour authentiquement nazies.

Comparaison de notre approche avec les Deutsch Christen

1        Toujours en lien avec le nazisme, une autre question doit être envisagée et trouve naturellement sa place dans le commentaire de ce sutra. Il s’agit de certaines ressemblances entre une tentative de Christianisme nazi, dans le cadre de la Deutsch Christen et de l’interprétation que nous faisons ici, de la Bhagavad Gita et de l’Évangile, comme représentant deux formulations d’une même inspiration spirituelle.

2        Il n’y a qu’une spiritualité, parce qu’il n’y a qu’un Dieu, et que Dieu est esprit. Mais cette unique spiritualité s’exprime humainement et historiquement dans des langages religieux différents, parce que le monde est varié, en tant qu’il manifeste l’infinitude de Dieu. Chaque religion emploie le langage symbolique qui correspond  aux races, à la culture, à la région et à l’époque à laquelle elle s’adresse. Celui qui ne perçoit pas la source commune de toutes les religions montre simplement qu’il n’a pas pénétré la profondeur de la sienne. Cela explique la méthode ici employée, consistant à interpréter l’Évangile à la lumière de la Gita et cette dernière en parallèle avec l’Évangile.

2        Cette méthode spirituelle suppose de ne pas enfermer le message de l’Évangile dans la rigidité de ses formulations dogmatiques, qui ont essentiellement pour but prétendre que le Christianisme dogmatique (celui du Credo nicéen) est la seule vérité qui vaille. Or il se trouve que, dans la période de la deuxième guerre mondiale, certains chrétiens allemands ont tenté une construction mêlant certains aspects de l’Hindouisme et le Christianisme classique. Du côté des doctrinaires nazis, cette tentative présentait l’intérêt évident d’être plus attractif pour la population allemande profondément christianisée depuis des siècles. Cette tentative des Deutsch Christen ne dura guère, car le nazisme, se radicalisant de plus en plus avec l’accumulation des malheurs de la guerre, a finit par devenir carrément antichrétien.

La croix chrétienne au svastika des Deutsch Christen

1        Considérons maintenant les caractéristiques du Deutsch Christen. Leur symbole était la croix chrétienne traditionnelle en Occident, avec un axe vertical plus long que la branche horizontale qui la croise au tiers supérieur de sa hauteur et un svastika placé à la croisée des deux parties, l’emplacement symbolique du cœur du crucifié. Quitte à choquer ceux qui pensent que tous les végétariens sont criminels parce qu’Hitler était criminel, il faut bien convenir que la réunion de ces symboles relève d’une intuition spirituelle géniale. C’est parce que Jésus a réalisé et enseigné la doctrine symbolisée par le svastika qu’il a été crucifié. Et c’est aussi parce que la croix chrétienne symbolise les deux principaux commandements, l’amour de Dieu (axe vertical) et l’amour du prochain (branches de la croix) que la mort sacrificielle de Jésus a eu lieu de cette façon et non d’une autre.

2        Le symbole complet des Deutsch Christen comprenait, de chaque côté du pied de la croix, la lettre D côté main droite du crucifié et C de l’autre côté. Précisons que la croix en question, à la façon des premiers chrétiens, ne montrait pas le crucifié, mais se limitait à la forme géométrique de la croix. D et C évoquaient évidemment les initiales des Deutsch Christen. Cela ne présente aucun intérêt pour nous, puisque limitant le message spirituel de Jésus à une nation particulière de la seule Europe. On pourrait, tout au plus, interpréter D et C comme Dieu et son Christ (son Oint), le premier étant à droite et l’autre à gauche de la croix vue par le crucifié.

Syncrétisme ou profondeur spirituelle ?

1        Un des reproches fait aux Deutsch Christen, ainsi qu’aux nombreuses tentatives de conjuguer l’Orient et l’Occident, dont la nôtre, est l’accusation de syncrétisme. Le syncrétisme est le mélange, dans une nouvelle forme, d’éléments doctrinaux ou symboliques appartenant à des religions ou spiritualités différentes. Il y a des doctrines dont il est légitime de critiquer le syncrétisme parce que les différents éléments dont elles sont composées se contredisent ; l’ensemble est incohérent. Mais ce qui caractérise précisément l’interprétation métaphysique et symbolique que nous faisons, après d’autres, de la Bhagavad Gita et de l’Évangile, c’est justement la formidable cohérence qui s’en dégage.

2        De plus, le Catholicisme romain dogmatique et théologique est très mal placé pour critiquer le syncrétisme de toute autre doctrine, car il résulte lui-même d’un gigantesque mélange d’influences : égyptienne, cananéenne, hébraïque, babylonienne, grecque, romaine et désormais européenne par la démocratie, la technologie, les philosophies  darwinienne, marxiste, freudienne, féministe, anti-genre etc. Il est évident que l’appellation ‘le Christianisme’, au singulier, est impropre à définir une doctrine dont la mutation permanente remonte à quatre mille ans.

L’Ancien Testament juif en question

1        L’élimination de l’Ancien Testament est une autre caractéristique des Deutsch Christen. Là ressort le côté nazi de l’affaire. L’ambition était d’expurger le Christianisme de l’influence honnie du peuple juif. Jésus était un Christ aryen, blond aux yeux bleus, et il devait tenir cela de son père divin, puisqu’il demeurait difficile de nier que sa mère, Marie, représentait la pure juive. Cela montre que leur interprétation de la conception virginale de Jésus demeurait littérale, dogmatique et exotérique, merveilleuse en somme, et non pas symbolique et spirituelle, à la façon de l’Évangile gnostique de Philippe, que nous suivons sur ce point.

2        Notre interprétation, à ce propos, est radicalement différente. Jésus est fils de Joseph (comme en atteste sa généalogie, qui est celle de Joseph), et il est fils de Marie, tous deux juifs. En notant cependant que les trois femmes que comprennent les généalogies de Jésus sont des étrangères, sans compter quelques inconnus que l’on ne retrouve nulle part dans la Bible. Donc Jésus était un juif dont la pureté raciale, comme pour tous les hommes de la terre, ne peut être garantie à cent pour cent. On est loin de l’obsédant racisme hitlérien. Et cela n’a d’ailleurs aucune importance, car ce qui est né de la chair est chair et ce qui est né de l’esprit est esprit (Jn 03/06). Quelle que soit sa race, un homme peut atteindre la réalisation, s’il suit complètement la voie spirituelle non-duelle.

3        Notons cependant que la présentation de la Bible fausse et même inverse la perspective que l’on peut avoir d’une humanité entière. Certes, on part de la perfection paradisiaque, au chapitre 1 de la Genèse, pour terminer par la presque victoire de Satan dans l’apocalypse. Cela colle avec les doctrines cycliques hindoues, et avec l’expérience de la vie qui montre les êtres relativement parfaits en leur début et de plus en plus handicapés jusqu’à leur mort. Mais, dès le troisième chapitre de la Genèse, arrive l’histoire du péché originel, qui précipite le lecteur dans une période déjà bien tardive de l’humanité. Ensuite on assiste à la demande faite à Abraham de sacrifier son fils Isaac et à partir de ce stade, certes déjà religieux, mais indéniablement barbare, l’immense histoire biblique opère une remontée chaotique vers le Sauveur Jésus. Si bien que l’impression générale est celle d’un progrès, alors que l’histoire humaine, en réalité, est celle d’une régression, d’un vieillissement, comme toute histoire. Telle est l’inversement de la perspective, qui fait que, sur les décombre du Christianisme, les théories progressistes se sont développées. En conséquence, nous ne rejetons aucunement l’Ancien Testament, comme le faisaient les Deutsch Christen, mais nous sommes bien conscients du fait qu’à part les quelques premiers chapitres de la Genèse -très mythologisés d’ailleurs- l’histoire biblique se situe tout entière dans la période de fin de la présente l’humanité.

Le rejet du paulinisme chez les Deutsch Christen

1        Ce rejet s’explique pour deux raisons. La première est la judéité accentuée de Paul, insupportable pour des partisans du racisme nazi. Le seconde est la réduction, par Paul, de la personne, du message et de l’œuvre de Jésus à la croix ; ce qu’on appelle le crucicentrisme. Pour Paul, la croix n’est pas le sacrifice accepté par Jésus pour pouvoir enseigner sa doctrine non-duelle dans un milieu religieux qui ne pouvait que l’accuser de blasphème. Pour lui, la croix est le moyen même du salut, la doctrine même et l’œuvre même de Jésus. L’enseignement de Jésus, qu’il n’a pas entendu et qu’il ne cite jamais, est totalement secondarisé, pour dire le moins. Tout est basé sur la théorie bien juive du bouc émissaire, qui se charge des péchés des hommes et souffre pour eux. Sauf que le bouc, plus virginalement, devient agneau pascal.

2        Un jour, un jeune chrétien, passionné par l’enseignement de Jésus, mais assez ignorant de la théologie, entreprit d’apprendre les évangiles par cœur. Cela l’amena à douter de l’origine évangélique des dogmes chrétiens. Son étonnement fut immense lorsqu’un vieux théologien lui déclara : « La théologie n’est pas fondée sur l’Évangile, mais sur le paulinisme. » Abasourdi par cette révélation -qui était en même temps une libération pour lui- il réalisa que la théologie n’était pas l’interprétation obligée de l’Évangile, mais seulement une interprétation possible, exotérique, duelle, et basée sur un crucicentrisme très méfiant vis-à-vis de toute intellectualité spirituelle.

3        Encore à l’heure où nous écrivons, le pape Léon XIV vient de déclarer : « Le Christianisme n’est pas né d’une idée, mais d’un ventre, d’un corps, d’un tombeau.» Bien sûr le ventre de Marie (censé être fécondé par Dieu, comme pour la mère de César et de tous les rois antiques), le corps de Jésus, (transmettant matériellement le salut par l’eucharistie), et le tombeau du Christ, (retrouvé vide, après la dématérialisation de son corps, qui devait ensuite se re-matérialiser pour un temps) ; tout cela selon la lettre exotérique de l’Écriture. Un saint pape prédécesseur de Léon XIV, Jean-Paul II, déclara semblablement : « Je n’ai pas un corps, je suis un corps. » Difficile de concevoir une religion plus incarcérée dans l’histoire et la matière. Nous tenons, au contraire, que le Christianisme est une idée, une divine idée, que Jésus révéla à la Samaritaine et que voici : Dieu est Esprit.

L’incompréhension due à la révolution de 1789

1        À propos du présent sutra, qui initie l’enseignement de Krishna par la notion aryenne de noblesse, nous avons dit que cela posait trois problèmes dus au nazisme, à la révolution et à l’arianisme religieux. Nous venons de traiter le premier point, le nazisme et la version nazi du Christianisme que représenta la Deutsch Christen.

2        Nous allons passer désormais à l’obstacle de la révolution de 1789. Ayant déjà traité le sujet, nous serons bref. Le principe de la civilisation issue de la révolution de 1789, en somme du monde moderne, repose sur deux points. Premier : Dieu doit être éliminé de toute élaboration de la civilisation et de toute manifestation publique de celle-ci. Il est librement toléré à titre de croyance privée, d’ailleurs très dispensable. Deuxième principe : Tous les hommes sont égaux, de même que les hommes et les femmes, et ceci à tous points de vue. Il en résulte que l’idéal aryen de noblesse, qui caractérise la deuxième caste des civilisations indo-européennes, est totalement nié, car seul le vote égalitaire de la masse des hommes, chose parfaitement antiaristocratique et exemplairement plébéienne n’est reconnu comme fondateur de valeur et de vérité, quelque changeant qu’il soit.

3        Or, depuis les ‘lumières philosophiques’ des encyclopédistes, trois siècles de propagande sur ces thèmes ont rendu la masse des occidentaux presque totalement imperméables à l’idéal de la noblesse aryenne au service de la société entière.

L’incompréhension due à la condamnation officielle de l’arianisme religieux

1        Par une homophonie, qui peut être considéré comme un symbole lourd de sens, une des théories spirituelles classées hérétiques par l’Église officielle de Rome se nomme l’arianisme et trouve son origine dans l’enseignement d’un évêque du premier christianisme, nommé Arius. De profondes similitudes relient l’arianisme d’Arius de l’aryanisme (avec un y) de Krishna.

2        Arius est un théologien d’Alexandrie de langue grecque (256-336). Il affirme que Jésus-Christ est ‘fils de Dieu’ et n’a pas été créé par Dieu le Père de toute éternité (comme décrète le Credo de Nicée). Certes, Arius ne fait pas de Jésus un homme comme tous les hommes, qui aurait réalisé Dieu à la façon des doctrines hindoues, mais la similitude essentielle vient de ce qu’il est considéré comme créé, subordonné à Dieu le Père et non une autre personne divine.

3        Le premier concile de Nicée, convoqué par l’empereur romain Constantin en 235, rejette l’arianisme, dès lors qualifié d’hérésie par le Catholicisme romain. Ainsi se distinguent les chrétiens nicéens (officiels, partisans du Crédo de Nicée) et les chrétiens ariens, qui refusent le concept des trois personnes de la trinité distinctes et également divines. Cependant les successeurs de Constantin reviennent à l’arianisme, ainsi que la plupart des peuples germaniques lorsqu’ils deviennent chrétiens.

4        La doctrine d’Arius, a strictement parler, n’est pas assimilable à l’enseignement de la Bhagavad Gita, mais pour l’essentiel elle est semblable. D’abord parce qu’elle préserve l’unicité parfaite de Dieu, donc le monothéisme. L’islam, non sans raison, considère la doctrine trinitaire chrétienne comme du polythéisme masqué. L’unicité divine est un point essentiel de la métaphysique hindoue : il vit alors l’univers entier rassemblé, en un point unique, dans sa multiplicité (BG 11/13). Tu es l’Être primordial… le support ultime de l’édifice du monde (BG 11/38). Quand l’intelligent arrive à comprendre que la foule des existences particulières trouve sa source en un être unique, il devient Brahman (BG 13/30).

5        Ensuite parce que Jésus est créé, ce qui l’apparente aux autres humains, même s’il n’est pas question d’égalité au sens moderne. Il est hiérarchiquement inférieur à Dieu, dépendant de Dieu.

6        De plus l’arianisme philosophique, issue du platonisme (doctrine de Platon) suit la voie de la théologie apophatique (dite théologie négative), qui préfère préciser ce que Dieu n’est pas (infini, immortel, impersonnel, non-manifesté, etc.) plutôt que de prétendre le définir selon les critères limités du mental humain. Cela est parfaitement dans l’esprit du yoga (BG 12/03), qui supprime tout discours dans la méditation, pour contempler Dieu par l’intellect pur et non par le mental.

7        Le Christianisme Nicéen fut dominant à l’Est alors que, pendant des siècles, le Christianisme arien dominait dans l’Europe de l’ouest. Les royaumes barbares du VI° siècle qui envahirent la Gaule étaient ariens. Pour des raisons politiques, Clovis, roi des Francs, opta pour le Christianisme nicéen, cependant sans l’imposer par la force. Aujourd’hui encore, nombre de Chrétiens, sans avoir le jargon et les subtilités des combats théologiques, considèrent que Jésus est un homme qui s’est uni à Dieu, en fusionnant avec sa Parole dans la foi, et en rendant sa nature humaine transparente à la lumière divine ; ce qui constitue une sorte d’arianisme intuitif. Aussi n’est-ce pas par hasard que beaucoup de chrétiens contemporains d’Occident reconnaissent mieux le message de l’Évangile dans l’enseignement de la Bhagavad Gita que dans la théologie du Credo de Nicée et sa tri-divinité.

8        Le point essentiel de tout cela est que, si Jésus est Dieu de toute éternité, selon le Credo, ce qu’il dit de son union avec Dieu ne concerne que lui. Or Jésus est un homme (une créature), selon ses propres dires : Je suis un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu (Jn 08/40 = P 147). Dès lors, ce qu’il dit de lui à ses disciples concerne ses disciples, qui sont donc invités à devenir comme lui (sinon, d’ailleurs, pourquoi leur dire ?). Voilà la raison fondamentale de l’enseignement de Jésus : faire que ses disciples, comme lui, s’unissent indissolublement à Dieu. L’Évangile de Jean, même sans évoquer les évangiles gnostiques de Thomas et de Philippe, est on ne peut plus clair sur le sujet. Jésus n’est pas Dieu, puisqu’il dit : le Père est plus grand que moi (Jn 14/28 = P 263). Ensuite il a atteint l’unité avec Dieu puisqu’il déclare : Moi et le Père nous sommes un » (Jn 10/30 = P 185). Finalement il guide ses disciples vers cette même réalisation en demandant à son Père (et notre Père, comme il nous l’enseigne) : Je ne suis plus dans le monde ; eux sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. Père saint, garde-les dans ton nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous sommes un (Jn 17/11 = P 267). À ce point rendu, nous sommes exactement dans la doctrine orientale du yoga, l’union à Dieu.

9        On demandera peut-être : « En quoi tout cela est-il en rapport avec la noblesse aryenne ? » En ceci que l’homme, en tant que corps-mental, est mortel. Mais, s’il est vrai, selon la Gita, que l’atman, rayon divin, réside dans le cœur de l’homme et peut réintégrer Dieu (atman identique à Brahman, BG 04/10, 14/02, 18/53, 18/55), alors la noblesse de l’homme ainsi habité d’un atman conscient touche à l’absolu. Il ne s’agit plus de la noblesse relative et encore humaine de la caste noble des kshatryas, mais de la noblesse spirituelle de l’humain conçu, non comme créature simplement, mais comme manifestation de Dieu. Dès lors, tout humain est potentiellement fils ou fille de Dieu. La théologie de Nicée nie cette noblesse spirituelle de l’humain, celle de l’arianisme y introduit, l’enseignement de la Gita l’affirme.

10      Jésus dit à ses adversaires : j’honore mon père, et vous me déshonorez !  (Jn 08/049 = P 147). Dire, selon la théologie, que l’humain est créé ‘ex nihilo’ (à partir du néant) est déshonorant pour l’homme, et aussi pour l’auteur de l’homme, qui est Dieu. Dire, comme les Hindous, que l’homme est ‘manifestation’ de Dieu, ainsi que l’univers entier d’ailleurs ; voilà qui est comprendre l’homme et le monde et Dieu. Or la Genèse biblique (Gn 01/27) affirme-t-elle autre chose en précisant que l’homme est fait à l’image et à la ressemblance de Dieu ? Si l’homme était tiré de rien, comment pourrait-il s’unir indissolublement à l’Unique, comme Jésus l’affirme ? Donc Jésus n’enseigne pas que l’homme est creatio ex deo, mais qu’il est manifestation de Dieu, possiblement réintégrable en Dieu. L’attachement au corps, qui a un début et par conséquent aura une fin, est la cause de l’ignorance spirituelle, comme la Gita l’explique à longueur de sutra.

11      Le fond de cette opposition acharnée de l’Église officielle contre la noblesse aryenne de l’homme et l’arianisme vient de leur haine de la gnose. Pour cette Église, la gnose n’est qu’un blasphème ; c’est ainsi qu’ils ont interprété comme blasphème la gnose de Jésus et l’ont tué. Alors le Grand Prêtre déchira ses vêtements en disant : »Il a blasphémé ! qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Là, vous venez d’entendre le blasphème ! (Mt 26/65 = P 272). À ce jugement s’oppose celui de Jésus sur ces mêmes grands prêtres : Malheur à vous, les légistes, parce que vous avez enlevé la clef de la gnose ! Vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés ! » (Lc 11/52 = P 171)

12      Tout ce qui précède ne doit pas induire à un reniement total de l’exotérisme chrétien représenté par l’Église officielle, celle du Credo, l’Église nicéenne. Elle garde encore certains aspects positifs pour une vie de Chrétien. Mais il est encore moins question de recevoir en bloc un enseignement qui nie le cœur gnostique du message de Jésus. Comme Jésus y invitait déjà ses disciples, il faut l’écouter avec le discernement des esprits, car elle oublie souvent d’y procéder elle-même. Le clergé chrétien et le clergé juif du temps de Jésus se ressemblent beaucoup plus qu’on ne le pense d’ordinaire en milieu chrétien.

L’honneur et le ciel

1        … et qui ne mènent ni au ciel ni à l’honneur… Reste à considérer la fin du sutra. Krishna déclare que le découragement et la sensiblerie présente d’Arjuna ne mènent ni au ciel, ni à l’honneur. Le ciel suggère une réalisation fusionnelle avec Dieu, ou du moins un rapprochement en grande intimité dans un état d’existence supérieur à l’état humain. L’honneur est plus en rapport avec les qualités chevaleresques qu’Arjuna, en tant que kshatrya, se doit d’incarner.

2        Dans le monde moderne, mener au ciel n’a aucun sens, ou alors sous la forme parodique des cosmonautes qui peuvent dire avec Gagarine : « Je suis allé au ciel et je n’ai pas vu Dieu. » Quant à l’honneur, il est connu sous forme de décoration très convoité par les mondains, la ‘légion d’honneur’, mais Jésus ne dit-il pas : De la gloire, je n’en reçois pas qui vienne des hommes (Jn 05/41 = P 113) ?

Pratique :

Pratique I : Dans La pitié, qualité souvent aveuglante il fut exposé que la pitié, étant une qualité en soi, sert efficacement à masquer l’effacement d’autres qualités, pourtant aussi nécessaires : la justice, le respect des qualifications nécessaires, par exemple.

Pratique II : Dans La maitrise du yin par le yang nous avons vu que certaines qualités féminines, dont les hommes ne sont pas dépourvus, deviennent temporairement des défauts, voire des dangers, dans le feu de l’action, surtout combative.

Pratique III : Dans L’aryanisme en question fut exposé que la noblesse-arya, au sens spirituel, consiste à vivre sa vie en interférence permanente avec le ciel, par le moyen de l’invocation, de la méditation, de l’Écriture. L’homme spirituel ne vit ni seul, ni en collectivité profane ; il vit avec Dieu, et cela n’est pas réservé à la caste noble des kshatryas.

Pratique IV : Dans Les Hindous sont-ils des nazis ? fut exposé que les nazis ont cherché à se revêtir du prestige millénaire et de la profondeur spirituelle de l’Hindouisme, comme les loups rapaces déguisés en brebis de l’Évangile (Mt 07/15 = P 073). Quant aux partisans de la démocratie adversaires du nazisme, il est malheureux de constater qu’ils n’ont pas plus de discernement que ces derniers en ce qui concerne l’arya (noblesse spirituelle) et le svastika (conception cyclique du monde). Ainsi le diable a remporté deux victoires : une grâce à Hitler, qui a parodié ces notions, l’autre grâce à ses adversaires, qui prennent ces notions pour authentiquement nazies.

Pratique V : Dans Comparaison de notre approche avec les Deutsch Christen nous avons mis en parallèle la tentative doctrinale de cet éphémère christianisme pro-nazi, qui mêle des éléments chrétiens et hindous, avec notre démarche. Il n’y a qu’une spiritualité, parce qu’il n’y a qu’un Dieu. Mais cette unique spiritualité s’exprime humainement et historiquement dans des langages religieux différents, parce que le monde est varié, en tant qu’il manifeste l’infinitude de Dieu. Celui qui ne perçoit pas la source commune de toutes les religions montre simplement qu’il n’a pas pénétré la profondeur de la sienne. Mais notre méthode spirituelle suppose de ne pas enfermer le message de l’Évangile dans la rigidité de ses formulations dogmatiques, qui ont essentiellement pour but prétendre que le Christianisme nicéen est la seule vérité qui vaille. Entre autres nombreuses erreurs, les Deutsch Christen avaient oublié ce point.

Pratique VI : Dans La croix chrétienne au svastika des Deutsch Christen et Syncrétisme ou profondeur spirituelle ? fut exposé que le syncrétisme (recours à plusieurs traditions spirituelles différentes) est critiquable s’il produit une doctrine incohérente, ce qui est le cas des Deutsch Christen… et largement aussi de l’Église catholique romaine moderne, mais non de la doctrine ici exposée : qu’on en juge. Chaque religion met l’accent sur certaines doctrines plus que sur d’autres, d’où la nécessité de recourir parfois à une doctrine empruntée à une religion autre que native. L’Hindouisme de la BG offre une doctrine de l’existence cyclique et une autre de la réalisation non-duelle, que l’Évangile suggère seulement et que la théologie classique ignore.

Pratique VII : Dans L’Ancien Testament juif en question fut exprimé que nous ne rejetons pas l’Ancien Testament, car les questions de race sont secondaires vu que ce qui est né de la chair est chair et ce qui est né de l’esprit est esprit (Jn 03/06). Par contre, il convient de ne pas oublier que la Bible, quasi tout entière, se situe dans l’histoire de fin de notre humanité ; d’où l’impression trompeuse d’un progrès historique avec le Christ, dont le monde moderne va se targuer, alors même qu’il est devenu clairement anti-christique.

Pratique VIII : Dans Le rejet du paulinisme chez les Deutsch Christen  fut exposé la réduction, par Paul, de la personne, du message et de l’œuvre de Jésus à la croix ; ce qu’on appelle le crucicentrisme. Pour Paul, la croix n’est pas le sacrifice accepté par Jésus pour pouvoir enseigner sa doctrine non-duelle dans un milieu religieux qui ne pouvait que l’accuser de blasphème. Pour lui, la croix est le moyen même du salut, la doctrine même et l’œuvre même de Jésus. Tout est basé sur la théorie bien juive du bouc émissaire, transmué en agneau pascal. Le pape Léon XIV déclare : « Le Christianisme n’est pas né d’une idée, mais d’un ventre, d’un corps, d’un tombeau.» Difficile de concevoir une religion plus incarcérée dans l’histoire et la matière. Nous tenons, au contraire, que le Christianisme est une idée, une divine idée, que Jésus révéla à la Samaritaine et que voici : Dieu est Esprit.

Pratique IX : Dans L’incompréhension due à la condamnation officielle de l’arianisme religieux  nous avons vu en détail que les thèses d’Arius, classé hérétique par le concile de Nicée, et pourtant suivi pendant des siècles par la moitié de la Chrétienté et encore aujourd’hui par beaucoup, sont très proches de l’enseignement du yoga et de la BG. Aussi nombre de Chrétiens considèrent que le commentaire le plus pertinent de l’Évangile n’est pas la théologie dogmatique, mais la BG. Le succès du yoga en Occident, au-delà de la gymnastique de santé, trouve là sa cause profonde, bien que souvent subconsciente.

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L’ARYANISME SPIRITUEL (BG 02/01-02)