Le LOTUS non AFFECTÉ par le MAL (BG 05/10)

Le LOTUS non AFFECTÉ par le MAL (BG 05/10)

Bhagavad Gita 05/10 Commentaire Théorique et Méditation Opérative

Le LOTUS non AFFECTÉ par le MAL (BG 05/10)

Le LOTUS NON AFFECTÉ par le MAL

       Celui qui offre ses actions à Brahman, qui agit sans attachement,

n’est pas plus affecté par le mal

que la feuille de lotus ne l’est par l’eau sur laquelle elle repose.

(BG 05/10)

Théorie :

À qui offres-tu tes actions ?

1        Celui qui offre ses actions à Brahman…Qu’il en prenne conscience ou non, tout homme offre ses actions à quelqu’un. Le plus souvent, c’est à lui-même, lorsque le motif de l’action est purement égoïste. Les femmes offrent souvent leurs actions à leur homme ou à leurs enfants. Certains les offrent à leur nation, à leur Église, à la Nature plus ou moins déifiée. La Loi fondamentale veut que l’humain s’attache à celui à qui il offre ses actions. L’être à qui on offre habituellement ses actions est celui sur lequel se fixent nos pensées. Cela détermine le destin post-mortem : Quel que soit l’être auquel un homme pense au moment de la mort, il atteint cet être-là, sa pensée s’y étant constamment absorbée (BG 08/06).

2        Il en résulte que Celui qui offre ses actions à Brahman atteint Brahman, l’Absolu (BG 05/24), et sort par là du samsara (la ronde des naissances et des morts). Lorsqu’on offre un cadeau à quelqu’un, on le choisit selon les valeurs et les goûts de la personne concernée. Celui qui offre ses actions à Brahman agit selon le Dharma, la Loi révélée ; il s’extrait des limites de son ego, aussi bien que des egos collectifs que sont la famille, la nation, la religion.

3        Une expression populaire questionne : « Pour qui roules-tu ? ». Il est utile de se la poser régulièrement, si l’on veut garder le but que l’on prétend viser dans le champ de vision.

La véritable liberté par le détachement

1          …qui agit sans attachement…Tout homme est attaché au domaine de celui à qui il offre ses actions. Le choix du bénéficiaire détermine les limites de l’existence du donateur. Celui qui aspire à s’affranchir de toute limite, c’est-à-dire qui veut véritablement être libre, doit agir pour l’Être pur, qui est Dieu. Dieu est le seul à n’être pas conditionné et qui ne conditionne pas celui qui oeuvre pour Lui.

2          La religion chrétienne, par le fait qu’elle met fortement l’accent sur l’amour et, dans sa forme moderne, plus souvent sur l’amour des hommes que sur celui de Dieu, comprend mal le principe du détachement qu’applique forcément celui qui agit sans attachement. Pourtant, lorsque la Gita listes les qualités spirituelles :…le non-attachement, refus d’être prisonnier de ses enfants, de sa femme, de la maison et des possessions…(BG 13/09), cette formulation est très douce par rapport à celle du Christ lorsqu’il déclare : Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple (Lc 14/26 = P 192). Autant dire que la véritable liberté a un prix relationnel.

Est-il possible et légitime de n’être plus affecté par le mal ?

1          …n’est pas plus affecté par le mal que la feuille de lotus ne l’est par l’eau sur laquelle elle repose. Les feuilles se décomposent dans l’eau, sauf celles du lotus, qui est imputrescible. « Pourquoi le texte envisage-t-il ici la situation de l’homme non affecté par le mal ? » Parce que tous les êtres de la manifestation (de la création) ont une tendance naturelle à l’égocentrisme, soit une propension à vouloir profiter, voire abuser d’autrui. Lorsque quelqu’un dont on espère profiter s’y dérobe, la tentation se présente de lui en vouloir et de lui faire du mal. Celui qui agit pour Brahman, s’engage dans un certain détachement vis-à-vis de tous les êtres limités (parmi tous les êtres, il n’en est aucun qui puisse servir à ses desseins : BG 03/18 et Devenu indifférent aux fruits des actes, toujours comblé, il ne dépend de rien ni de personne… : BG 04/20).

2          Par conséquent l’engagement dans le service prioritaire de Brahman implique une grande capacité à n’être pas affecté par le mal. Ni par celui que l’on subit, ni par celui que l’on doit faire, ni par celui que l’on voit faire. Pour le premier cas -celui que l’on subit-, la Gita y insiste souvent : …celui qui reste le même dans le plaisir et la souffrance, l’éloge et le blâme…(BG 14/24). En celui qui est discipliné et paisible, le Soi-atman garde son équilibre, dans le froid comme dans la chaleur, dans le plaisir comme dans la souffrance, dans l’honneur comme dans le déshonneur (BG 06/07).

3          « Que signifie ‘ne pas être affecté par le mal que l’on doit faire’ ? » Un chirurgien qui s’évanouit pendant une opération, à cause du sang qu’il fait verser à l’opéré n’est pas qualifié pour le métier. Personne ne doit abandonner le devoir pour lequel il est né… même quand il semble uni au mal : car toutes les œuvres sont enveloppées par le mal, comme le feu par la fumée (BG 18/48).

4          «N’est-il pas scandaleux de n’être pas choqué par le mal que l’on voit faire ? N’est-ce pas une non-assistance à personne en danger ? » Le mal est omniprésent dans le monde. L’homme qui se choquerait de tout ce mal ne serait jamais heureux, ne rirait jamais, ne jouirait jamais. La doctrine égalitariste chère à l’Occident implique que tout le monde est responsable et capable de tout, ce qui est manifestement insensé. Face à un mal dont on est spectateur, de près ou de loin, la première question est : « Mon sva-dharma (ma vocation propre) implique-t-il que j’intervienne ? »

5          Un Chrétien pourrait faire objection à cela en arguant de la Parabole du Bon Samaritain (Lc 10/30-37 = P 158) qui montre deux religieux passant à côté d’un blessé sans le secourir, alors qu’un Samaritain, étranger et de plus hérétique (du point de vue des Hébreux), le secourt. La question est délicate. Les religieux, en l’occurrence, estiment que ce n’est pas de leur fonction de le secourir et craignent de se salir les mains au contact de cet hérétique. Jésus leur donne tord.

6          Cependant Jésus lui-même se retire souvent dans le désert pour prier Dieu et fuir les besoins incessants des hommes attirés par ses pouvoirs. À la fin de la multiplication des pains, par exemple : Jésus, se rendant compte qu’ils allaient venir s’emparer de lui pour le faire roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, seul (Jn 06/15 = P 106). Ou lorsque les gens l’empêchent de quitter leur village pour garder le thaumaturge sous la main : Les foules le cherchent et, l’ayant rejoint, elles veulent le retenir et l’empêcher de les quitter (Lc 04/42 = P 045). Un équilibre reste à trouver entre l’action charitable (l’amour du prochain) et la méditation (la connaissance de Dieu), qui doit primer selon Jésus (Mt 22/34 = P 157).

7          De plus, lorsque certains disciples reprochent à Jésus de se faire parfumer par Marie-Madeleine à trop grand prix alors que les pauvres sont dans le besoin, il répond : Les pauvres vous les aurez toujours avec vous…. (Mc 14/07 = P 228). De fait, la pauvreté sur terre est impurgeable car, le jour où il n’y aurait plus de mal, il n’y aurait plus de monde. En effet, il faut lumière et ombre pour qu’un monde existe ; la lumière pure est non-manifestée, c’est une page blanche, sans dessin. Un monde suppose des êtres distincts, donc séparés ; et toute séparation peut être envisagée, à certains points de vue, comme un mal.

8          Ceux qui ne comprennent pas cela accusent les contemplatifs d’être indifférents à la souffrance du monde, alors que ce sont les seuls qui résolvent durablement la souffrance du monde… en en sortant. Swami Chinmayananda déclare : « Aujourd’hui, nous sommes des âmes-atman, conscientes de l’ego ; la Gita nous invite à devenir des egos ayant conscience de l’Âme suprême (para-atman). »

Le lotus dans la terre, dans le ciel, mais sur l’eau

1          …n’est pas plus affecté par le mal que la feuille de lotus ne l’est par l’eau sur laquelle elle repose. Le lotus est à l’Inde ce que la rose est à l’occident, les épines en moins. L’eau est indispensable à la vie matérielle, corporelle. Le corps en lui-même ne serait que cadavre sans la dimension psychique qui l’anime. L’enveloppe faite de nourriture (ana maya kosha) et l’enveloppe faite d’énergie (prana maya kosha) sont en réalité indissociables. Les Hébreux, de même, considèrent qu’âme et corps sont pile et face d’une même médaille ; on ne saurait avoir durablement l’un sans l’autre. Ici l’eau s’identifie à la vie psychocorporelle. La feuille de lotus est recouverte d’une sorte de cire, qui lui permet de flotter sur l’eau, comme un navire, sans se mouiller. D’où l’explication : pas plus que que la feuille de lotus ne l’est par l’eau sur laquelle elle repose.

2          Notons que le yogi est identifié au lotus et le mal à l’eau. Comme nous venons de voir que l’eau symbolise la vie psychophysique, c’est la vie corporelle qui est le mal et que le yogi-lotus doit dominer sans être affecté. Encore une fois, un Chrétien dogmatique ne pourra qu’être choqué par une telle affirmation. Ne croit-il pas à la ‘résurrection des corps’, par laquelle il pense retrouver, après sa mort, son propre corps (et non pas un autre corps comme dans la réincarnation), mais cette fois un corps immortel, comme au paradis avant la chute ? Ce Christianisme là, exotérique, ne conçoit l’être que nous sommes qu’indéfiniment humain et corporel. Telle est la théorie créationniste.

3          Le problème, c’est que Jésus enseigne : Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants…et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple (Lc 14/26 = P 192). Identifier la vie corporelle (l’eau) au mal est-il différent de haïr sa propre vie-psuchê ? Cet enseignement de Jésus apparaît aujourd’hui aux Chrétiens comme une théorie ‘cathare’ (les ‘purs’ d’après l’étymologie, qui veulent quitter le monde matériel identifié au mal). On sait que l’Église a opéré au Moyen-âge une cruelle croisade contre les Cathares, qui s’est terminée par le massacre de Monségur. Or Jésus enseigne indubitablement une forme de catharisme. Heureux ceux qui ont le cœur pur (katharos) (Mt 05/08 = P 057). Pharisiens aveugle ! Nettoie premièrement l’intérieur de la coupe et du plat afin que l’extérieur aussi devienne pur (katharos) (Mt 23/26 = P 114). Dans l’évangile de Jean -dont la dimension gnostique ne peut être niée- la chose est encore plus nette : C’est l’esprit qui vivifie, la chair-sarx ne sert à rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie (Jn 06/63 = P 110). Déjà vous êtes purs (katharos), à cause de la parole que je vous ai annoncée (Jn 15/03 = P 264). Le symbole du dépassement du corps humain est encore plus net dans le récit de la mise au tombeau de Jésus : Joseph (d’Arimathie) prend le corps, l’enveloppe d’un linceul blanc (katharos). Or rien de matériel ne restera dans le tombeau de Jésus : Simon-Pierre… entre dans le tombeau ; et il voit les linges, gisant à terre (Jn 20/09 = P 310), donc il voit le katharos et non plus le mortel.

4          Beaucoup de Chrétiens suspectent le Yoga d’être une forme de Catharisme. Ils ont raison quant à la qualification, non quant à la suspicion. Quand un homme n’est pas attaché aux objets des sens ou aux actions, et qu’il a renoncé à tous les sankalpas (pensées), il est dit avoir atteint l’état de yoga, l’Union divine (BG 06/04). Celui qui est capable, ici-bas, avant même d’être délivré de son corps (au moment de la mort), de vaincre l’impulsion née du désir et de la passion, est un yogi (un être spirituellement unifié), il est un homme heureux, même en ce monde (BG 05/23). L’Église dogmatique et théologique a presque totalement rompu avec l’ésotérisme de sa propre tradition ; le problème, c’est que, ce faisant, elle a aussi rompu avec l’Évangile dont elle est supposée être la messagère.

5          Dans le symbole du lotus, à noter aussi que son imperméabilité fait qu’il domine (en flottant dessus) le domaine psychique. Sa tige est verticale, tendue vers le ciel, aérienne (spirituelle, sattvique) et sa fleur absorbe la lumière solaire (identité suprême : moksha). Pour autant, bien qu’il ne se mouille pas dans l’eau, il ne méprise pas la terre, car ses racines plongent dans la boue et la vase du fond de l’étang.

6          L’Évangile offre la même analogie, avec l’aveugle né, Jésus : crache à terre, fait de la boue avec sa salive, et il lui enduit les yeux de cette boue (Jn 09/06 = P 148). Dans la parabole du ‘Figuier dans la Vigne’, il est question de creuser autour et d’y mettre du fumier (Lc 13/08 = P 182). Dans les deux cas (Jésus et la BG), on constate un bon enracinement terrestre et une conscience fixée sur l’Esprit divin avec une grande suspicion vis-à-vis du psychisme et du mental. La terre : Le yoga (l’union divine) est inaccessible à celui qui mange trop, ou jeûne trop, qui dort trop, ou veille trop… Le yoga adoucit les souffrances de l’existence matérielle, pour celui qui fait preuve de modération dans la nourriture, les délassements, et l’effort dans l’action (BG 06/16-17). Le psychisme : Abandonne sans réserve tous les désirs nés des sankalpas (imaginations et projections mentales), et maîtrise l’ensemble des sens, par le mental (BG 06/24). Le ciel spirituel : ceux dont l’esprit se fixe sur l’immuable transcendent la naissance (donc tout ce qui est manifesté). Brahman est pur et sans distinction. Par conséquent, ils sont établis en Brahman (BG 05/19). Tel est le yogi-lotus.

Pratique :

Pratique I : Dans À qui offres-tu tes actions ? fut expliqué que l’homme offre son action à son ego, ou à son conjoint, ses enfants, sa nation, son Église, la Nature. Cela détermine le destin : Quel que soit l’être auquel un homme pense au moment de la mort, il atteint cet être-là, sa pensée s’y étant constamment absorbée (BG 08/06). Celui qui offre est enfermé dans les limites de celui à qui il offre… sauf s’il offre à Brahman, l’Absolu. Une expression populaire questionne : « Pour qui roules-tu ? ». Il est très utile de se la poser régulièrement, si l’on veut garder dans le champ de vision le but que l’on prétend viser.

Pratique II : La véritable liberté par le détachement semble paradoxale, alors que les hommes cherchent à être libres de prendre. Celui qui aspire à s’affranchir de toute limite, c’est-à-dire qui veut véritablement être libre, doit agir pour l’Être pur, qui est Dieu. Dieu est le seul à n‘être pas conditionné et qui ne conditionne pas celui qui œuvre pour Lui. Un chrétien sera même souvent choqué de lire dans la Bhagavad Gita parmi les qualités spirituelles : …le non-attachement, refus d’être prisonnier de ses enfants, de sa femme, de la maison et des possessions…(BG 13/09). Cette formulation est pourtant très douce par rapport à celle du Christ lorsqu’il déclare : Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple (Lc 14/26 = P 192). Autant dire que la véritable liberté a un prix relationnel.

Pratique III : Est-il possible et légitime de n’être plus affecté par le mal ? Les êtres du monde veulent qu’on les servent et non qu’on serve Dieu, qui n’est pas du monde. Ils seront donc agressifs vis-à-vis du yogi. D’où l’entrainement à ce que En celui qui est discipliné et paisible, le Soi-atman garde son équilibre, dans le froid comme dans la chaleur, dans le plaisir comme dans la souffrance, dans l’honneur comme dans le déshonneur (BG 06/07). Il convient aussi de n’être pas affecté par le mal que l’on doit faire.  Personne ne doit abandonner le devoir pour lequel il est né… même quand il semble uni au mal : car toutes les œuvres sont enveloppées par le mal, comme le feu par la fumée (BG 18/48). Et aussi par le mal que l’on voit faire, car le  mal est omniprésent dans le monde. Jésus se retire souvent pour prier, méditer ou enseigner ses disciples ; il ne passe pas tout son temps à soigner les malades. Le mal sur terre est impurgeable car, le jour où il n’y aurait plus de mal, il n’y aurait plus de monde. En effet, il faut lumière et ombre pour qu’un monde existe ; la lumière pure est non-manifestée, c’est une page blanche, sans dessin. Un monde suppose des êtres distincts, donc séparés ; et toute séparation peut être envisagée, à certains points de vue, comme un mal. Ceux qui ne comprennent pas cela accusent les contemplatifs d’être indifférents à la souffrance du monde, alors que ce sont les seuls qui résolvent durablement la souffrance du monde… en en sortant. Un proverbe déclare : ‘La bave du crapaud n’atteint pas la blanche colombe’, et Jésus conseille à ses disciples d’être comme des colombes.

Pratique IV : Le lotus dans la terre, dans le ciel, mais sur l’eau. Le lotus est à l’Inde ce que la rose est à l’occident, les épines en moins. Le corps est fait d’eau et ne peut vivre sans l’eau qui, elle-même est aussi symbole du psychisme ; l’eau est le corps-mental. Le yogi est identifié au lotus et le mal à l’eau, donc au corps matériel… on est loin de l’espérance chrétienne de la ‘résurrection des corps. Pourtant Jésus, en parfait yogi, enseigne : Si quelqu’un vient à moi sans haïr…jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple (Lc 14/26 = P 192), ce qui est du pur catharisme. Heureux ceux qui ont le cœur pur (katharos) (Mt 05/08 = P 057). C’est l’esprit qui vivifie, la chair-sarx ne sert à rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie (Jn 06/63 = P 110). Déjà vous êtes purs (katharos), à cause de la parole que je vous ai annoncée (Jn 15/03 = P 264). Beaucoup de Chrétiens suspectent le Yoga d’être une forme de Catharisme. Ils ont raison quant à la qualification, non quant à la suspicion. Dans le symbole du lotus, à noter aussi que son imperméabilité fait qu’il domine (en flottant dessus) le domaine psychique. Sa tige est verticale, tendue vers le ciel, aérienne (spirituelle, sattvique) et sa fleur absorbe la lumière solaire (identité suprême : moksha). Pour autant, bien qu’il ne se mouille pas dans l’eau, il ne méprise pas la terre, car ses racines plongent dans la boue et la vase du fond de l’étang. L’Évangile offre la même analogie, avec l’aveugle né, Jésus : crache à terre, fait de la boue avec sa salive, et il lui enduit les yeux de cette boue (Jn 09/06 = P 148). Dans la parabole du ‘Figuier dans la Vigne’, il est question de creuser autour et d’y mettre du fumier (Lc 13/08 = P 182). Dans les deux cas (Jésus et la BG), on constate un bon enracinement terrestre et une conscience fixée sur l’Esprit divin avec une grande suspicion vis-à-vis du psychisme et du mental.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

Le LOTUS non AFFECTÉ par le MAL (BG 05/10)