La SÉRÉNITÉ sans MOI
Celui que les plaisirs matériels n’attirent plus,
qui n’est plus esclave de ses désirs,
détaché du ‘je’ et du ‘mien’,
peut seul connaître la sérénité parfaite
(BG 02/71)
Voilà la condition brahmanique.
Qui l’a atteinte ne peut plus s’égarer.
Si on s’y établit, fût-ce à l’article de la mort,
on parvient à l’union avec Brahman.
(BG 02/72)
Théorie :
1 Celui que les plaisirs matériels n’attirent plus : Il ne s’agit évidemment pas de vivre sans manger, dormir, disposer d’un toit etc., mais simplement de ne rien désirer qui ne soit indispensable à l’entretien sobre de la vie physico-psychique. Cela varie en partie selon les époques, les cultures, les sexes et le lieu géographique de vie. Ce qui implique globalement une distanciation par rapport au luxe inutile et aux futilités. Qui n’est plus esclave de ses désirs : comme déjà vu, ce n’est pas être dépourvu de tout désir, mais c’est demeurer psychiquement libre de leur accomplissement ou non.
2 Détaché du ‘je’ et du ‘mien’ : signifie échapper à la dualité du moi et du monde et considérer tous les egos des êtres connus, et le monde entier, comme une manifestation différenciée de l’Unique Principe divin. Mieux que de n’être pas égoïste, il est question de dépasser l’ego. Cependant, tant qu’existe un corps-mental, une partie de l’ego demeure légitime (BG 13/08, 16/18). Peut seul connaître la sérénité parfaite : Il y a donc des degrés de sérénité, le long desquels le yogi cheminera à proportion de son progrès sur les questions évoquées.
3 Voilà la condition brahmanique. Dans la hiérarchie sociale des varnas-castes, qui structurait l’Inde traditionnelle (comme d’ailleurs l’Europe médiévale : les ‘états-sociaux’ de l’Ancien Régime), les brahmanes incarnaient la première varna-caste mais ne possédaient ni les privilèges de la richesse matérielle (3° varna), ni ceux du pouvoir politique (2° varna). Ils devaient théoriquement vivre selon les principes ici énoncés.
4 Le mot provient du Brahman, concept qui n’a pas d’équivalent dans le christianisme théologique (sauf dans la notion de sur-Être chez maître Eckhart). En effet, il ne s’agit ni du Dieu créateur (Brahma dans l’hindouisme : BG 03/10, 11/15), ni de Dieu en tant que Principe du monde manifesté (Ishvara dans la philosophie du yoga BG 13/28, 15/17).
5 Qui l’a atteinte ne peut plus s’égarer : Celui qui a atteint cette sérénité, sans encore s’y être établi sans retour, ne peut plus s’égarer dans l’enchaînement des vies de la transmigration. Il progressera alors infailliblement, et plus ou moins rapidement, vers la libération spirituelle (BG 06/43-45 et 16/22). Si on s’y établit, fût-ce à l’article de la mort, on parvient à l’union avec Brahman. Cette union se nomme en yoga moksha (BG 05/24 et 06/15), la ‘grande libération’ ou ‘libération du samsara’, ‘la fin du cycle des naissances et des morts’.
6 Alors, l’être individuel, présentement humain, quitte cette forme transitoire et se fond, sans séparation (BG 18/55) en Brahman, l’Absolu. La précision fût-ce à l’article de la mort indique qu’un créneau particulièrement favorable à cet affranchissement de l’existence individuelle se présente à l’approche de la mort et par extension aussi dans la vieillesse (BG 08/02, 05, 10, 12).
Pratique :
1 Il ne s’agit aucunement de s’interdire douloureusement les plaisirs, mais de chercher à s’élever dans la hiérarchie des plaisirs, de façon que les plaisirs nobles distancient les plaisirs vulgaires (BG 02/59). Et ceci jusqu’au point de se centrer sur un unique désir, qui est le désir de l’Unique. Le yogi découvre expérimentalement que sa sérénité augmente à proportion inverse de son identification à l’ego.
2 La science moderne, matérielle, progresse par le doute ; en doutant d’une théorie établie, qui n’explique plus adéquatement les faits, il arrive qu’on en découvre une meilleure. Mais le yogi découvrira, au contraire, qu’en matière spirituelle, plus il chemine, moins il ne peut s’égarer. Le précepte évangélique qui cherche trouve (Mt 07/07 = P 162) ne dit pas autre chose.
La SÉRÉNITÉ sans MOI
La SÉRÉNITÉ sans MOI
La SÉRÉNITÉ sans MOI
Celui que les plaisirs matériels n’attirent plus,
qui n’est plus esclave de ses désirs,
détaché du ‘je’ et du ‘mien’,
peut seul connaître la sérénité parfaite
(BG 02/71)
Voilà la condition brahmanique.
Qui l’a atteinte ne peut plus s’égarer.
Si on s’y établit, fût-ce à l’article de la mort,
on parvient à l’union avec Brahman.
(BG 02/72)
Théorie :
1 Celui que les plaisirs matériels n’attirent plus : Il ne s’agit évidemment pas de vivre sans manger, dormir, disposer d’un toit etc., mais simplement de ne rien désirer qui ne soit indispensable à l’entretien sobre de la vie physico-psychique. Cela varie en partie selon les époques, les cultures, les sexes et le lieu géographique de vie. Ce qui implique globalement une distanciation par rapport au luxe inutile et aux futilités. Qui n’est plus esclave de ses désirs : comme déjà vu, ce n’est pas être dépourvu de tout désir, mais c’est demeurer psychiquement libre de leur accomplissement ou non.
2 Détaché du ‘je’ et du ‘mien’ : signifie échapper à la dualité du moi et du monde et considérer tous les egos des êtres connus, et le monde entier, comme une manifestation différenciée de l’Unique Principe divin. Mieux que de n’être pas égoïste, il est question de dépasser l’ego. Cependant, tant qu’existe un corps-mental, une partie de l’ego demeure légitime (BG 13/08, 16/18). Peut seul connaître la sérénité parfaite : Il y a donc des degrés de sérénité, le long desquels le yogi cheminera à proportion de son progrès sur les questions évoquées.
3 Voilà la condition brahmanique. Dans la hiérarchie sociale des varnas-castes, qui structurait l’Inde traditionnelle (comme d’ailleurs l’Europe médiévale : les ‘états-sociaux’ de l’Ancien Régime), les brahmanes incarnaient la première varna-caste mais ne possédaient ni les privilèges de la richesse matérielle (3° varna), ni ceux du pouvoir politique (2° varna). Ils devaient théoriquement vivre selon les principes ici énoncés.
4 Le mot provient du Brahman, concept qui n’a pas d’équivalent dans le christianisme théologique (sauf dans la notion de sur-Être chez maître Eckhart). En effet, il ne s’agit ni du Dieu créateur (Brahma dans l’hindouisme : BG 03/10, 11/15), ni de Dieu en tant que Principe du monde manifesté (Ishvara dans la philosophie du yoga BG 13/28, 15/17).
5 Qui l’a atteinte ne peut plus s’égarer : Celui qui a atteint cette sérénité, sans encore s’y être établi sans retour, ne peut plus s’égarer dans l’enchaînement des vies de la transmigration. Il progressera alors infailliblement, et plus ou moins rapidement, vers la libération spirituelle (BG 06/43-45 et 16/22). Si on s’y établit, fût-ce à l’article de la mort, on parvient à l’union avec Brahman. Cette union se nomme en yoga moksha (BG 05/24 et 06/15), la ‘grande libération’ ou ‘libération du samsara’, ‘la fin du cycle des naissances et des morts’.
6 Alors, l’être individuel, présentement humain, quitte cette forme transitoire et se fond, sans séparation (BG 18/55) en Brahman, l’Absolu. La précision fût-ce à l’article de la mort indique qu’un créneau particulièrement favorable à cet affranchissement de l’existence individuelle se présente à l’approche de la mort et par extension aussi dans la vieillesse (BG 08/02, 05, 10, 12).
Pratique :
1 Il ne s’agit aucunement de s’interdire douloureusement les plaisirs, mais de chercher à s’élever dans la hiérarchie des plaisirs, de façon que les plaisirs nobles distancient les plaisirs vulgaires (BG 02/59). Et ceci jusqu’au point de se centrer sur un unique désir, qui est le désir de l’Unique. Le yogi découvre expérimentalement que sa sérénité augmente à proportion inverse de son identification à l’ego.
2 La science moderne, matérielle, progresse par le doute ; en doutant d’une théorie établie, qui n’explique plus adéquatement les faits, il arrive qu’on en découvre une meilleure. Mais le yogi découvrira, au contraire, qu’en matière spirituelle, plus il chemine, moins il ne peut s’égarer. Le précepte évangélique qui cherche trouve (Mt 07/07 = P 162) ne dit pas autre chose.
La SÉRÉNITÉ sans MOI