Commentaire symbolique de l’image de couverture de ce site

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L’ensemble de l’image (le bandeau en haut du site) est un peu sombre, car nous sommes dans ‘l’âge sombre’, ‘kali-yuga’.

Le bleu domine, couleur du ciel et aussi de la mer, psychisme, on passe de l’un à l’autre au fur et à mesure que le tout s’élève et s’éclaircit.

Le méditant est de dos, costume indiscernable, donc universalité, non situé en lieu et en époque.

Un apparent bémol cependant, le sommet de la montagne dans l’axe du yogi n’est pas visible, ce qui suggérerait le côté inatteignable du but du yoga, un peu comme les chrétiens pensent Dieu non réalisable spirituellement. Mais cela peut aussi être considéré comme un symbole : le sommet est, non pas inatteignable, mais au-delà des symboles et des représentations possibles : Ceux qui adorent l’impérissable, l’indéfinissable, le non-manifesté, l’omniprésent, l’inconcevable, l’immuable, l’éternel,… (BG 12/03). Cela fait de ce sommet tronqué deux interprétations : une exotérique (inatteignable) et l’autre ésotérique (atteignable mais indéfinissable). D’ailleurs, on observe que le spectateur de l’image voit le méditant en plongée (du haut vers le bas) alors que le méditant voit le sommet en contre-plongée (du bas vers le haut). Le sommet de la principale montagne est donc ‘visible’, symboliquement concevable, pour le méditant, mais pas pour celui qui ne fait qu’observer l’image sans méditer lui-même. Cela signifie que la connaissance théorique (regarder l’image, lire les textes de la Bhagavad gita ou les commentaires ici présentés) est bien, mais tronquée ; seule la méditation qui suit peut permettre de concevoir vraiment le sommet, Brahman.

D’ailleurs, le méditant est éclairé, alors que son observateur est dans
l’ombre ; il y a là une invitation à prendre la place du méditant.

Paysage à la frontière de la forêt et du minéral glacé, donc de la vie terrestre et de sa transcendance.

Le méditant dans l’axe du plus haut sommet, en rapport avec le symbolisme de la croix et de l’axe du monde : Et parmi les montagnes, je suis le Meru (montagne mythique, l’axe du monde) (BG 10/23).

Le méditant est sur une sorte d’estrade de pierre. Un peu comme les stylites grecs (stylite vient du grec signifiant ‘colonne’) qui s’isolaient au sommet d’une colonne, ou dans un grand arbre, ou une grotte de montagne. Ainsi les chrétiens moines du mont Athos, ou des Météores en Grèce, dont certains ermites, encore aujourd’hui, ou les yogis himalayens de l’Inde.

Deux chandelles l’éclairent, ce qui symbolise le recours à l’intelligence duelle, mentale, cérébrale. Mais, vu qu’il est en méditation, il a les yeux fermés, plongé dans un état de conscience supra mental. « Alors pourquoi les deux chandelles ? » dira-t-on. Parce qu’il faut deux étapes chronologiques : première, utiliser toutes les ressources de la pensée doctrinale, logique, cohérente, argumentée ; deuxième, passer à la méditation supra mentale, cordiale, intuitive. Il y a donc les chandelles, et, c’est suggéré, les yeux fermés de l’intuition cordiale.

Entre le méditant et la plus haute montagne, qui est son but, se trouve un creux, une vallée, un gouffre même. On ne voit pas l’homme en train d’escalader une montagne à la force du mollet et du poignet. Cela symbolise Shunya, le vide en sanskrit (vide de mental, non de conscience), et donc vide d’ego, non d’atman. On ne fait pas ici du ‘développement personnel’, à la mode du yoga occidental ; il ne s’agit pas de perfectionner l’ego, mais de le dépasser.

À droite de l’image, une rivière, sinueuse. Il y a le symbolisme de l’eau de pluie et celui de l’eau de rivière (deux façons, pour l’homme, de survivre). L’eau de pluie est pure (encore que le monde moderne industriel a réussi à inventer des pluies acides etc), l’eau de rivière est plus ou moins limoneuse et impactée par les pollutions des villes en amont. L’eau de pluie, c’est l’intuition spirituelle directe. L’eau de rivière c’est l’enseignement véhiculé par la tradition. Il y a des traditions religieuses et spirituelles plus ou moins limoneuses ou polluées. Mais, à moins de se trouver à la source pure d’un maître réalisé (moksha) aucune rivière n’est aussi pure que l’eau de pluie (l’inspiration spirituelle, ‘pneumatique’).

La rivière, à droite, est issue d’une autre montagne que la plus haute devant laquelle médite le solitaire. Autre, mais voisine, reliée dans une même chaîne montagneuse.  Cette montagne, source de la rivière, est Jésus, source de la tradition chrétienne. Mais source trafiquée par les villages bordant la rivière, dont on ne voit pas tous les coudes, et qui vivent de son eau et en impactent la pureté. De même l’enseignement de Jésus, après deux mille ans de dogmes et de bulles pontificales. Cette montagne est aussi Krishna, et la rivière l’hindouisme, en particulier la Bhagavad Gita. Rivière plus pure, ou moins polluée, car elle juxtapose les différentes conceptions (les différents yogas : jnana-connaissance, bakti-dévotion, karma-action) au lieu de privilégier un et d’éliminer les autres, comme le fait volontiers la méthode théologique occidentale.

La chaîne de sommet reliant la plus haute montagne (Brahman), but de la méditation du solitaire, et la montagne source de la rivière symbolise la suite des avataras (incarnations divines). Le seigneur bienheureux : « Je vais maintenant te conter mes épiphanies divines (mes manifestations), mais seules les plus saillantes… car mon expansion ne connaît pas de limites (BG 10/19). Les différents sommets en sont …Krishna, Bouddha, Jésus, le Christ du second avènement.

Entre le méditant et la rivière se trouve une chaîne de montagne, perpendiculaire à la chaîne des sommets enneigés du fond. Elle sépare la vallée habitée, avec la rivière, et la vallée déserte, que surplombe le méditant. Vallée habitée, car on discerne une série de points lumineux, qui serpentent à l’horizontale, sur le versant rivière de la chaîne montagneuse en question. Ce sont des villages, proches de l’eau de la rivière, mais un peu en hauteur, pour se protéger des hautes eaux de fontes des neiges printanières. De même que le méditant est passé, dans sa vie intérieure (microcosmique), de l’intelligence discursive (les deux chandelles) à l’intelligence cordiale (les yeux fermés en méditation), de même il est passé, dans sa vie sociale (macrocosmique), de la civilisation collective (la vallée avec villages et rivière) au retrait contemplatif. Le yogi, maître de son corps, doit constamment garder son mental concentré sur le Soi-atman, demeurant dans la solitude, seul, libéré de l’espoir et du désir (BG 06/09)…il demeure seul, en un lieu solitaire, mangeant peu, maître de sa pensée, de sa parole, et de son corps, toujours pratiquant l’Union spirituelle, attentif à écarter les passions… (BG 18/52).

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