La VRAIE CONNAISSANCE DU TOUT
Égarés par les attributs de la nature (gunas de la Prakriti),
les gens s’attachent aux actes produits par ces attributs.
Ce sont des esprits lourds.
Que celui qui possède la vraie connaissance du Tout
n’aille pas semer le doute dans les esprits faibles
qui ne possèdent pas une telle vision !
(BG 03/29)
Théorie :
1 Comme vu, les gunas sont trois forces structurant toutes choses, êtres et événements dans le monde. Prakriti est la ‘materia prima’, la matière première de l’univers, que les gunas différencient en une indéfinité de formes individuelles. Les gunas sont aussi appelés ‘attributs de la nature’, car, bien qu’invisibles, ils sont ses organes formateurs ; on constate l’œuvre des gunas, mais on ne les voit pas. Comme le soleil fait germer la vie sur la terre, sans être de la terre et pour ainsi dire sans le vouloir, Purusha, l’Esprit, principe masculin, fait naître la vie et les actions dans Prakriti, la matière primordiale.
2 Les gens s’attachent aux actes produits par ces attributs. Ils voient leur corps agir, les actes se produire, et ils croient que leur volonté est cause unique des actes et de leurs conséquences. Ils ignorent que leur corps, aussi bien que les choses sur lesquelles il agit, sont produits par Prakriti et que tout cela demeurerait dans l’indifférenciation sans l’influence subtile de Purusha. Ne percevant que la matière et non la cause qui permet à la matière de vivre, Ce sont des esprits lourds. Si savante qu’elle est cérébralement, si puissante qu’elle paraisse, toute la science matérialiste fait partie de ces esprits lourds, qui ignorent la cause spirituelle du monde.
3 Celui qui possède la vraie connaissance du Tout est capable de penser à la fois Prakriti (Matière) et Purusha (Esprit). La science qui embrasse le ‘Champ’(Prakriti) et le ‘Connaisseur du Champ’ (Purusha), est à mes yeux la vraie science (BG 13/02). Le fait de reconnaître l’importance de la réalisation spirituelle, et la recherche philosophique de la vérité absolue, voilà ce qu’on nomme la science ; et l’ignorance est tout ce qui va contre (BG 13/11). On trouve chez Rabelais la même intuition : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». La science moderne, par son matérialisme théorique et par l’usage technologique que l’on en fait, est devenue globalement sans conscience.
4 …n’aille pas semer le doute dans les esprits faibles qui ne possèdent pas une telle vision ! Les Chinois disent que ‘Le poisson pourrit toujours par la tête’. La décadence commence par la perversion des hautes castes ; le reste suit (BG 03/21). Ceux qui possèdent la connaissance du Tout, soit de la matière-Prakriti et de l’Esprit-Purusha, sont responsables des esprits faibles. En quoi peuvent-ils semer le doute dans les esprits faibles ?
5 En prétendant expliquer le haut par le bas. Comme Freud, qui réduit la religion à des ‘pulsions sexuelles ou de mort’. En ne présentant de la matière que des causes matérielles. Comme Darwin, qui prétend expliquer l’origine des espèces par la ‘loi de la jungle’. Comme Marx, en détruisant la hiérarchie naturelle (castes-varnas) de la manifestation de Dieu dans le monde par un principe très proche de celui de Darwin : la ‘lutte des classes’.
6 Il est clair que la pensée de Krishna, ici, s’oppose radicalement aux idées de l’école pour tous, de l’information ouverte à tous et autre principe niveleur. Pourquoi ? Parce qu’il ne suffit pas d’être capable d’intégrer un savoir pour le mériter, encore faut-il faire preuve de la capacité d’en faire bon usage, pour soi, autrui et la nature. La liberté d’accès à tous ne garantit aucunement cette condition de survie d’une civilisation.
Pratique :
1 Pratique I : Krishna ne fait que rappeler un principe de prudence aujourd’hui totalement retourné : Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu’ils ne les piétinent, puis se retournent contre vous pour vous déchirer (Mt 07/06 = P 071). Le moderne se scandalise de ce que les mondes anciens ne donnaient pas tout à tout le monde (comme si c’était vraiment le cas aujourd’hui !). L’homme juste se scandalise que des puissances dangereuses soient mises aux mains de personnes sans éthique.
2 Pratique II : Le sage ne se scandalise pas (BG 02/11). Il sait que, sur terre, tout vieillit et se décompose, y compris les civilisations. Et que, plus on approche de la fin d’un cycle, plus les principes officiellement reconnus s’inversent. Il y a cependant quelque chose à faire, non pour que le mortel cesse de l’être, mais pour que l’atman se dégage du mortel. Jésus l’enseigne : vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé (Mc 13/13 = P 246). Tenir les bons principes, et, autant que possible, leurs applications : voilà l’œuvre du sage, que propose Krishna à l’Arjuna que nous sommes.
La VRAIE CONNAISSANCE DU TOUT
La VRAIE CONNAISSANCE DU TOUT
La VRAIE CONNAISSANCE DU TOUT
Égarés par les attributs de la nature (gunas de la Prakriti),
les gens s’attachent aux actes produits par ces attributs.
Ce sont des esprits lourds.
Que celui qui possède la vraie connaissance du Tout
n’aille pas semer le doute dans les esprits faibles
qui ne possèdent pas une telle vision !
(BG 03/29)
Théorie :
1 Comme vu, les gunas sont trois forces structurant toutes choses, êtres et événements dans le monde. Prakriti est la ‘materia prima’, la matière première de l’univers, que les gunas différencient en une indéfinité de formes individuelles. Les gunas sont aussi appelés ‘attributs de la nature’, car, bien qu’invisibles, ils sont ses organes formateurs ; on constate l’œuvre des gunas, mais on ne les voit pas. Comme le soleil fait germer la vie sur la terre, sans être de la terre et pour ainsi dire sans le vouloir, Purusha, l’Esprit, principe masculin, fait naître la vie et les actions dans Prakriti, la matière primordiale.
2 Les gens s’attachent aux actes produits par ces attributs. Ils voient leur corps agir, les actes se produire, et ils croient que leur volonté est cause unique des actes et de leurs conséquences. Ils ignorent que leur corps, aussi bien que les choses sur lesquelles il agit, sont produits par Prakriti et que tout cela demeurerait dans l’indifférenciation sans l’influence subtile de Purusha. Ne percevant que la matière et non la cause qui permet à la matière de vivre, Ce sont des esprits lourds. Si savante qu’elle est cérébralement, si puissante qu’elle paraisse, toute la science matérialiste fait partie de ces esprits lourds, qui ignorent la cause spirituelle du monde.
3 Celui qui possède la vraie connaissance du Tout est capable de penser à la fois Prakriti (Matière) et Purusha (Esprit). La science qui embrasse le ‘Champ’(Prakriti) et le ‘Connaisseur du Champ’ (Purusha), est à mes yeux la vraie science (BG 13/02). Le fait de reconnaître l’importance de la réalisation spirituelle, et la recherche philosophique de la vérité absolue, voilà ce qu’on nomme la science ; et l’ignorance est tout ce qui va contre (BG 13/11). On trouve chez Rabelais la même intuition : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». La science moderne, par son matérialisme théorique et par l’usage technologique que l’on en fait, est devenue globalement sans conscience.
4 …n’aille pas semer le doute dans les esprits faibles qui ne possèdent pas une telle vision ! Les Chinois disent que ‘Le poisson pourrit toujours par la tête’. La décadence commence par la perversion des hautes castes ; le reste suit (BG 03/21). Ceux qui possèdent la connaissance du Tout, soit de la matière-Prakriti et de l’Esprit-Purusha, sont responsables des esprits faibles. En quoi peuvent-ils semer le doute dans les esprits faibles ?
5 En prétendant expliquer le haut par le bas. Comme Freud, qui réduit la religion à des ‘pulsions sexuelles ou de mort’. En ne présentant de la matière que des causes matérielles. Comme Darwin, qui prétend expliquer l’origine des espèces par la ‘loi de la jungle’. Comme Marx, en détruisant la hiérarchie naturelle (castes-varnas) de la manifestation de Dieu dans le monde par un principe très proche de celui de Darwin : la ‘lutte des classes’.
6 Il est clair que la pensée de Krishna, ici, s’oppose radicalement aux idées de l’école pour tous, de l’information ouverte à tous et autre principe niveleur. Pourquoi ? Parce qu’il ne suffit pas d’être capable d’intégrer un savoir pour le mériter, encore faut-il faire preuve de la capacité d’en faire bon usage, pour soi, autrui et la nature. La liberté d’accès à tous ne garantit aucunement cette condition de survie d’une civilisation.
Pratique :
1 Pratique I : Krishna ne fait que rappeler un principe de prudence aujourd’hui totalement retourné : Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré, ne jetez pas vos perles devant les porcs, de crainte qu’ils ne les piétinent, puis se retournent contre vous pour vous déchirer (Mt 07/06 = P 071). Le moderne se scandalise de ce que les mondes anciens ne donnaient pas tout à tout le monde (comme si c’était vraiment le cas aujourd’hui !). L’homme juste se scandalise que des puissances dangereuses soient mises aux mains de personnes sans éthique.
2 Pratique II : Le sage ne se scandalise pas (BG 02/11). Il sait que, sur terre, tout vieillit et se décompose, y compris les civilisations. Et que, plus on approche de la fin d’un cycle, plus les principes officiellement reconnus s’inversent. Il y a cependant quelque chose à faire, non pour que le mortel cesse de l’être, mais pour que l’atman se dégage du mortel. Jésus l’enseigne : vous serez haïs de tous à cause de mon nom, mais celui qui aura tenu bon jusqu’au bout, celui-là sera sauvé (Mc 13/13 = P 246). Tenir les bons principes, et, autant que possible, leurs applications : voilà l’œuvre du sage, que propose Krishna à l’Arjuna que nous sommes.
La VRAIE CONNAISSANCE DU TOUT