LIBERTÉ INDIVIDUELLE et LIBERTÉ ABSOLUE (BG 05/25-26)

LIBERTÉ INDIVIDUELLE et LIBERTÉ ABSOLUE (BG 05/25-26)

Bhagavad Gita 05/25-26 Commentaire Théorique et Méditation Opérative

LIBERTÉ INDIVIDUELLE et LIBERTÉ ABSOLUE (BG 05/25-26)

LIBERTÉ INDIVIDUELLE et LIBERTÉ ABSOLUE

  Ces sages visionnaires (les rishis), dont les impuretés ont été détruites, qui ont tranché la dualité, et sont maîtres d’eux-mêmes, et qui trouvent leur bonheur dans celui de tous les êtres, obtiennent la Liberté absolue ou moksha. (BG 05/25)

         Seule existe la Liberté absolue (ou félicité de Brahman) pour les ascètes maîtres d’eux-mêmes, libérés du désir et de la colère, qui ont contrôlé leurs pensées et qui ont réalisé le Soi (BG 05/26)

Théorie :

Qu’est-ce qu’un rishi ?

1        Ces sages visionnaires (les rishis)…Qui sont ces rishis, que l’on rencontre une dizaine de fois dans la Bhagavad Gita ? Le présent sutra précise déjà que ce sont des sages. Et aussi des visionnaires, ce qui n’est pas sans évoquer les prophètes bibliques. Ils furent présentés d’abord comme les récepteurs et transmetteurs de la tradition spirituelle. C’est grâce à cette tradition ininterrompue, de maître à disciple, que les sages royaux (les Rishis) ont connu le Yoga (BG 04/02).

2        Dans tous les domaines, la modernité célèbre les innovateurs, ces hommes censés créer un monde amélioré, à partir de la matière grossière qu’ils ont reçue à la naissance. Les spiritualités, sans exception, partent du principe d’une genèse relativement parfaite (autant qu’un monde qui se croit distant de Dieu peut l’être) et d’une obsolescence programmée par cette distance-même, qui conduit à la mort.

3        Les rishis, cependant, ne sont pas Dieu car il est dit : Ni les légions de devas (dieux), ni les grands sages (rishis) ne connaissent mon origine ; car je suis la source des devas et des rishis (BG 10/02). La Gita précise aussi qu’il existe plusieurs sortes de rishis, les plus importants étant Les sept grands rishis (sages) originels qui, avec les quatre anciens et les Manus (les pères de l’humanité), sont dotés de pouvoirs comme moi et naquirent de mon esprit. D’eux sont nées toutes les créatures de ce monde (BG 10/06). De même que, dans le monde biblique, Adam est le père de toute l’humanité et celui qui nomme et donc détermine les animaux, de même les principaux rishis participent au déploiement de la manifestation.

4        Les hommes actuels apprennent des rishis quelles sont les qualités divines afin d’évoquer adéquatement le divin : C’est ainsi que te nomment tous les voyants (les rishis)…(BG 10/13). Krishna lui-même se présente comme le plus grand des rishis ! Parmi les grands sages (rishis), je suis Bhrigu (BG 10/25). Lorsqu’Arjuna, par privilège divin, perçoit l’ensemble de la manifestation dans une vision, il déclare : Je vois tous les dieux…Je vois Brahma le créateur…tous les sages Rishis…(BG 11/15).

5        Contrairement à la Bible affirmant que ‘rien n’est nouveau sous le soleil’, l’on sait que le monde moderne se targue de sa nouveauté. Les Chrétiens font de même depuis fort longtemps (comme si la modernité était déjà en germe en eux) en évoquant le ‘Nouveau Testament’, à propos de l’alliance du Christ avec ses disciples, et en traduisant le grec euangelion par ‘bonne nouvelle’ alors qu’il s’agit littéralement de ‘bonne-annonce’. La BG revendique au contraire sa fidélité aux enseignements originels. Ces sujets ont déjà été traités par des rishis, en des hymnes védiques variés…bien argumentés et sans équivoque (BG 13/04). Par conséquent, la BG qui a deux millénaires, à quelques siècles près, véhicule en réalité un enseignement beaucoup plus ancien, celui des rishis, lui-même reflet de la doctrine originelle. C’est pourquoi on nomme cette doctrine sanatana dharma, ce qui signifie ‘doctrine pérenne’, ‘connaissance immémoriale’.

Où se situent le pur et l’impur ?

1        Ces sages visionnaires (les rishis), dont les impuretés ont été détruites…Il fut déjà question des impuretés à propos des égoïstes, qui préparent la nourriture pour eux seuls (sans partager avec autrui), et qui, par là, se repaissent d’impuretés (BG 03/13). L’impureté, selon la Gita, n’est pas liée, comme dans certaines morales, à la partie du corps qui se situe sous la ceinture. C’est une notion métaphysique, liée au fait de concevoir les choses et les êtres en mode de séparation et non comme reliés à l’Unique. Celui qui n’est pas charitable et qui n’offre pas de sacrifice est doublement impur ; vis-à-vis des hommes, vis-à-vis de Dieu. La preuve en est que ce n’est pas l’hygiène, ni physique, ni mentale, qui détruit l’impureté, mais la connaissance spirituelle : Ceux qui ont l’Absolu comme but suprême… leurs impuretés détruites par la Connaissance (BG 05/17). Le Yoga contribue à éliminer les impuretés, essentiellement par la concentration qu’il opère sur l’Unique. Le Yogi qui poursuit intensément ses efforts, purifié de ses impuretés et perfectionné par de nombreuses naissances, atteint ensuite le but suprême (BG 06/45).

2        Dans nombre d’anciennes civilisations, la nature était sacrée et l’idéal de l’homme consistait à ne pas laisser de traces, de cicatrices dans la nature. Toutes les constructions humaines devaient être biodégradables. Au Moyen-âge européen les églises et les châteaux étaient en pierres, mais les maisons des particuliers en bois, la règle n’était pas encore oubliée. Aujourd’hui, le passage de l’homme se mesure à ses déchets et il y en a sur la Lune, sur Mars, et même au-delà du système solaire ! Quel meilleur signe d’une civilisation impure ?

3        Les écologistes ont conscience de cela, mais en demeurant presque toujours au niveau matériel ; d’où l’illusion qu’une civilisation matériellement pure serait bonne. Or il ne saurait y avoir de pureté matérielle sans dimension spirituelle. Le Christ le dit : Donnez en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous (Lc 11/41 = P 171).

Se réjouir du bonheur des autres

1        …qui ont tranché la dualité…Comme vu précédemment, c’est justement parce que la dualité (donc la séparation, la division, l’égoïsme) a été tranchée que les impuretés ont été détruites.

2        … qui sont maîtres d’eux-mêmes…comme déjà les sages, les rishis sont maîtres d’eux-mêmes. Il s’agit essentiellement de la maîtrise des sens et des pensées par lesquelles les désirs sensoriels se renforcent. Il s’agit d’ailleurs de la condition sine qua non de toute réussite, même seulement humaine.

3        … qui trouvent leur bonheur dans celui de tous les êtres…Voilà, pourrait-on dire, quelque chose de plus original. « Je me réjouis pour vous » est une expression de politesse assez courante, mais sa pratique permanente, dans la sincérité du cœur n’est pas à la porté de tout le monde. L’ego ne connaît guère ce sentiment là.

4        On le rencontre le plus dans la relation de la mère avec son enfant, ou même de la femelle avec ses petits. Mais alors, sans faire outrage aux vertus féminines, on peut se poser la question de la spiritualité de la chose. Pour une femme, son enfant est une démultiplication d’elle-même ; aimer son enfant est une autre façon de s’aimer elle-même. Certes, il en va de même de l’amour de sa famille, de sa tribu, de sa nation, de sa religion. C’est pourquoi Jésus illustre la charité avec la parabole du ‘bon Samaritain’ (Lc 10 = P 153), car il a secouru un homme qui n’était pas de sa race, de sa religion et qui, de plus le considérait comme un hérétique.

Liberté républicaine ou liberté yogique ?

1        …obtiennent la Liberté absolue ou moksha. Le Français moderne, formaté par la trinité républicaine (liberté, égalité, fraternité) se persuade que tout homme recherche la liberté avant toute chose. S’il a la curiosité (mais cela est rare) de s’intéresser à la pensée d’un Musulman, d’un Hindou ou d’un Juif, il s’étonnera que, pour eux, l’idéal de vie est la soumission à la volonté de Dieu. Pour le Chrétien aussi, en principe, mais les ‘Chrétiens modernes’ sont plus sensibles à la démocratie qu’au Christ-Roi.

2        En réalité, la grande masse des hommes est moutonnière. Quoi que fasse un homme éminent, la masse des gens marche toujours sur ses traces. Quel que soit le modèle qu’il représente, il est suivi par le peuple (BG 03/21). Le peuple, comme l’enfant, cherche avant tout certaines qualités que la trinité républicaine ne promet pas : la sécurité, la protection, l’affection, la facilité, le confort ; comme dans l’empire romain décadent : ‘du pain et des jeux’.

3        La liberté, même simplement la liberté humaine, suppose de ne pas dépendre d’autrui et donc de s’assumer tout seul. Cela nécessite courage, indépendance, travail, prise de risque : toutes qualités modérément répandues. Quant à la liberté absolue, elle conduit à un paradoxe non moins absolu. La devise républicaine pose que ‘tous les hommes sont égaux’, affirmation dans laquelle ne se rencontre pas une once de vrai. Par contre ‘tous les hommes sont egos’ et c’est ces hommes là que cette devise séduit. La liberté dont il est question est celle de l’ego, qui n’a rien d’absolu, puisqu’il naît avec la composition du corps et se dissout avec sa décomposition. Du fait qu’il y a une multitude d’égos concurrents, la liberté de l’un s’arrête là où commence celle de l’autre.  Aussi se retrouve-t-on dans la situation d’un chien en laisse, libre dans un rayon de la longueur de sa laisse et totalement esclave dans tout le reste de l’univers ; ce qui est peu glorieux.

4        Voilà pourquoi le fait d’avoir tranché la dualité de pouvoir trouver son bonheur dans le bonheur de tous les êtres constitue une condition sine qua non de la liberté absolue (moksha). Le corps du Yogi c’est le cosmos tout entier. Avec qui serait-il en concurrence ? Qui limiterait sa liberté ? Le Yogi ne prétend pas exister en face de Dieu, ou être séparé de Lui ; il se sait en Lui et c’est pourquoi sa liberté est celle de Dieu.

Le paradoxe de la liberté par l’ascèse

1        Seule existe la Liberté absolue (ou félicité de Brahman) pour les ascètes maîtres d’eux-mêmes…’Ascèse’ signifie ‘entraînement’, au sens sportif du terme. En religion et en spiritualité, il s’agit de maîtriser et dompter notre nature animale pour découvrir notre vraie dimension humaine, verticale, capable de concevoir Dieu et de le vivre dans l’intimité cordiale. Loin de constituer un exercice de liberté, c’est une pratique visant à encadrer et domestiquer la liberté de l’ego. Voilà pourquoi la liberté absolue ne peut être expérimentée que par les ascètes.  Quand le texte précise maitres d’eux-mêmes, il faut entendre maîtres de ce qui fait leur particularité individuelle transitoire et mortelle. De là à penser que la liberté républicaine individuelle de l’ego et la liberté absolue et spirituelle (moksha)  sont l’inverse l’une de l’autre, il n’y a qu’un pas.

2        Et cette liberté est félicité, non pas de l’individu, mais de Brahman. L’Évangile se fait parfaitement l’écho de cet enseignement. La parabole des talents se termine par ces mots de Dieu : C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur (Mt 25/21 = P 227). La liberté absolue n’est jamais celle d’une personne particulière. Il faut que cette personne se soit fondue en Dieu pour ressentir alors la liberté de Dieu (moksha). La liberté de la rivière n’existe pas, seule existe la liberté de l’océan, que la rivière peut éprouver, quand elle se jette dans l’océan.

Ne penser qu’au Soi au lieu de ne penser qu’à soi

… les ascètes … libérés du désir et de la colère, qui ont contrôlé leurs pensées et qui ont réalisé le Soi. Les désirs -qu’ils portent sur le domaine sensoriel, sentimental ou mental- sont toujours liés au mortel et c’est l’ego qui les produit. Comme l’ego est concurrencé par des millions d’autres egos, ses désirs sont forcément déçus ; cette frustration suscite la colère. C’est pourquoi Krishna déclare : Sache que tes ennemis ici-bas, c’est le désir et la colère… (BG 03/37). Tout cela s’empare des pensées, qui ensuite passeront à l’acte. Mais, si le Yogi concentre ses pensées dans le Soi qui l’habite (BG 06/19), alors le Soi le conduit à Brahman et la dissolution de la fausse liberté de l’ego se transforme en expérience de la liberté absolue (moksha).

Pratique :

Pratique I : Qu’est-ce qu’un rishi ? Ce sont des visionnaires, ce qui n’est pas sans évoquer les prophètes bibliques. Ils furent présentés d’abord comme les récepteurs et transmetteurs de la tradition spirituelle. Dans tous les domaines, la modernité célèbre les innovateurs, ces hommes censés créer un monde amélioré, à partir de la matière grossière qu’ils ont reçue à la naissance. Les spiritualités, sans exception, partent du principe d’une genèse relativement parfaite (autant qu’un monde qui se croit distant de Dieu peut l’être) et d’une obsolescence programmée par cette distance même, qui conduit à la mort. L’on sait que le monde moderne se targue de sa nouveauté, contrairement à la Bible affirmant que ‘rien n’est nouveau sous le soleil’. La BG revendique  sa fidélité aux enseignements originels. Ces sujets ont déjà été traités par des rishis, en des hymnes védiques variés…bien argumenté et sans équivoque (BG 13/04). Par conséquent la BG qui, à quelques siècles près, a deux millénaires, véhicule en réalité un enseignement beaucoup plus ancien, celui des rishis, lui-même reflet de la doctrine originelle. C’est pourquoi on nomme cette doctrine ‘sanatana dharma’, ce qui signifie ‘doctrine pérenne’, ‘connaissance immémoriale’. Le classique n’est pas l’ancien, c’est ce qui ne se démode pas ; tel est l’enseignement des rishis.

Pratique II : Où se situent le pur et l’impur ?  Ces sages visionnaires (les rishis), dont les impuretés ont été détruites… L’impureté, selon la Gita, n’est pas liée, comme dans certaines morales, à la partie du corps qui se situe sous la ceinture. C’est une notion métaphysique, liée au fait de concevoir les choses et les êtres en mode de séparation et non en reliment à l’Unique. Celui qui n’est pas charitable et qui n’offre pas de sacrifice est doublement impur, vis-à-vis des hommes et vis-à-vis de Dieu. La preuve en est que ce n’est pas l’hygiène, ni physique, ni mentale, qui détruit l’impureté, mais la connaissance spirituelle : Ceux qui ont l’Absolu comme but suprême… leurs impuretés détruites par la Connaissance (BG 05/17). Le Yoga contribue à éliminer les impuretés, essentiellement par la concentration qu’il opère sur l’Unique. Le yogi qui poursuit intensément ses efforts, purifié de ses impuretés et perfectionné par de nombreuses naissances, atteint ensuite le but suprême (BG 06/45).

Pratique III : Se réjouir du bonheur des autres… L’ego ne connaît guère ce sentiment là. On le rencontre le plus dans la relation de la mère avec son enfant, ou même de la femelle avec ses petits. Mais alors, sans faire outrage aux vertus féminines, on peut se poser la question de la spiritualité de la chose. Pour une femme, son enfant est une démultiplication d’elle-même ; aimer son enfant est une autre façon de s’aimer elle-même. À une autre échelle, il en va de même de l’amour de sa famille, de sa tribu, de sa nation, de sa religion. C’est pourquoi Jésus illustre la charité avec la parabole du ‘bon Samaritain’ (Lc 10 = P 153), car il a secouru un homme qui n’était pas de sa race, de sa religion et qui, de plus, le considérait comme un hérétique.

Pratique IV : Liberté républicaine ou liberté yogique ? Ils…obtiennent la Liberté absolue ou moksha. Le Français moderne, formaté par la trinité républicaine (liberté, égalité, fraternité) se persuade que tout homme recherche la liberté avant toute chose. En réalité, la grande masse des hommes est moutonnière. Le peuple, comme l’enfant, cherche avant tout certaines qualités que la trinité républicaine ne promet pas : la sécurité, la protection, l’affection, la facilité, le confort ; comme dans l’empire romain décadent : ‘du pain et des jeux’. La liberté civile est celle de l’ego, qui n’a rien d’absolu. Du fait qu’il y a une multitude d’égos concurrents, la liberté de l’un s’arrête là où commence celle de l’autre.  Le corps du Yogi c’est le cosmos tout entier. Avec qui serait-il en concurrence ? Qui limiterait sa liberté ? En somme, sa liberté est celle de Dieu, ni plus ni moins, ce qui suppose qu’il ne prétende pas exister en face de Dieu et séparé de Lui, mais en Lui.

Pratique V : Le paradoxe de la liberté par l’ascèse  Seule existe la Liberté absolue (ou félicité de Brahman) pour les ascètes maîtres d’eux-mêmes…’Ascèse’ signifie ‘entraînement’, au sens sportif du terme. En religion et en spiritualité, il s’agit de maîtriser et dompter notre nature animale pour découvrir notre vraie dimension humaine, verticale, capable de concevoir Dieu et de le vivre dans l’intimité cordiale. Loin de constituer un exercice de liberté individuelle, c’est une pratique visant à encadrer et domestiquer la liberté de l’ego. De là à penser que la liberté républicaine, individuelle, de l’ego et la liberté absolue et spirituelle (moksha) sont l’inverse l’une de l’autre, il n’y a qu’un pas. Et cette liberté est félicité, non pas de l’individu, mais de Brahman. L’Évangile se fait parfaitement l’écho de cet enseignement. La parabole des talents se termine par ces mots de Dieu : C’est bien, serviteur bon et fidèle, lui dit son maître, en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur (Mt 25/21 = P 227). La liberté de la rivière n’existe pas, seule existe la liberté de l’océan, que la rivière peut éprouver, quand elle se jette dans l’océan.

Pratique VI : Ne penser qu’au Soi au lieu de ne penser qu’à soi … les ascètes … libérés du désir et de la colère, qui ont contrôlé leurs pensées et qui ont réalisé le Soi. Les désirs -qu’ils portent sur le domaine sensoriel, sentimental ou mental- sont toujours liés au mortel et c’est l’ego qui les produit. Comme l’ego est concurrencé par des millions d’autres egos, ses désirs sont forcément déçus ; cette frustration suscite la colère. C’est pourquoi Krishna déclare : Sache que tes ennemis ici-bas, c’est le désir et la colère… (BG 03/37). Tout cela s’empare des pensées, qui ensuite passeront à l’acte. Mais, si le Yogi concentre ses pensées dans le Soi qui l’habite (BG 06/19), alors le Soi le conduit à Brahman et la dissolution de la fausse liberté de l’ego se transforme en expérience de la liberté absolue.

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