La TERRE, la PIERRE et l’OR
Le yogi qui trouve la plénitude dans la connaissance et la sagesse, qui a conquis les sens, qui se tient sur cette cime, pour qui une motte de terre, une pierre, et de l’or sont identiques, est un vrai yogi, un être unifié (BG 06/08)
Théorie :
Maîtriser les sens pour voir Dieu en tout
1 Le yogi qui trouve la plénitude dans la connaissance et la sagesse…Certains hommes grossiers ne conçoivent la vie que comme une recherche perpétuelle de jouissance. Jouir des sens jusqu’au dernier moment, tel est, croient-ils, l’impératif majeur pour l’homme. Ils sont persuadés qu’il n’y a rien d’autre qui importe… (BG 16/11). Comme peu d’entre eux sont de purs rentiers, il faut bien qu’ils travaillent un minimum pour gagner l’argent nécessaire à la jouissance, mais c’est le seul travail qu’ils acceptent de faire. D’autres sont capables de dépasser, au moins pour quelques heures par jour, les besoins organiques et sensoriels et deviennent capables de culture, de sagesse et même de connaissance-jnana, ce dernier mot signifiant dans la Bhagavad Gita ‘conscience de n’être pas séparé du Principe divin’. Mais, ces derniers ne trouvent pas pour autant la plénitude dans la connaissance et la sagesse. Ils sont comme des oiseaux qui s’affranchissent des lourdeurs de la locomotion terrestre, mais doivent cependant revenir sur terre de temps en temps.
2 Il y a quelque chose de quasiment angélique à trouver la plénitude dans la connaissance et la sagesse. Blaise Pascal, le scientifique mystique du XVII° siècle disait : « Qui fait l’ange fait la bête », en effet il faut bien redescendre sur terre et souvent la chute est rude. La Gita elle-même reconnaît : Le yoga (l’union divine) est inaccessible à celui qui mange trop, ou jeûne trop, qui dort trop, ou veille trop (BG 06/16) ; les besoins organiques (manger dormir) ne sont donc pas, jusqu’à un certain point du moins, un obstacle à la plénitude recherchée. La Gita prévoit même des moments de détente : les délassements (BG 06/17), les jeux (BG 11/42). Il devient alors clair que la plénitude en question ne se mesure pas, ou pas seulement, en heures passées en pratiques spirituelles, mais en un sentiment intérieur de demeurer toujours orienté vers le but de la connaissance, qui est Brahman (BG 13/12).
3 … qui a conquis les sens…La mesure de la plénitude recherchée n’est pas de pouvoir ignorer le corps en permanence, mais c’est de parvenir à se rendre maître des sens et non leur esclave. Le travail de l’ascèse, au sens d’entrainement spirituel, consiste essentiellement en cela. Comme les sensations sont la matière première du mental, au point que le Yoga considère le mental comme le ‘sens interne’ (BG 15/09), celui qui synthétise les sensations, la maîtrise des sens opère une grande partie de la maîtrise du mental.
4 Dans ce sutra, connaissance correspond au mot jnana et sagesse traduit vijnana. La Gita reprend cette distinction : Le Seigneur suprême dit : « À toi qui ne discutes pas en vain, je vais délivrer le plus grand secret, la plus profonde connaissance-jnana alliée à sa réalisation-vijnana et, connaissant cela, tu seras délivré des souffrances de la vie (BG 09/01). Jnana représente la connaissance théorique, celle qui permet de savoir que, dans l’individu, la conscience corporelle (jiva : BG 15/07) et la conscience spirituelle (atman) ne sont encore que des illusions (maya) tant qu’elles se pensent séparées du Principe (Ishvara). Malheureusement, l’homme se laisse sans cesse réabsorber par les réalités terrestres. Vijnana désigne la réalisation pleine, entière et surtout permanente de jnana. Il s’agit alors de la sagesse dans la plus haute acception du mot. On peut avoir une bonne connaissance théorique du Védanta et se laisser absorber souvent par les tendances rajasiques ou même tamasiques du monde. Le sage ayant atteint vijnana ne retombe plus dans l’illusion cosmique ; c’est pour cela qu’il sera délivré des souffrances de la vie.
5 … qui se tient sur cette cime…La précision est d’importance. Conquérir les sens s’avère, pour certaines natures sensuelles, une affaire difficile ; mais pire encore y demeurer. L’image est parlante, qui peut demeurer sur une cime en permanence, à moins d’être un aigle et d’y faire son nid ? Non sans raison, le symbole de l’évangéliste Jean est aussi un aigle.
6 … est un vrai yogi, un être unifié. Yoga signifie ‘union’ (de la conscience humain, atman, et de la Conscience divine, para-atman), le vrai Yogi est donc un être unifié. Il doit y avoir peu d’êtres unifiés vu les redoutables difficultés des conditions imposées (maîtrise des sens et se tenir sur la cime). Le Christianisme ésotérique (celui rejeté par l’Église officielle exotérique) connaît cela : Jésus disait : « Heureux, vous, les unifiés et les élus, vous trouverez le Royaume ; vous êtes issus de lui et vous y retournerez » (évangile gnostique de Thomas 049). Ne pas pouvoir penser en même temps le monde et Dieu : telle est la non-unification. La BG écrit : Par conséquent, en toutes circonstances, souviens toi de moi et combats, le mental et l’intellect absorbés en moi. Alors, sans aucun doute, c’est à moi que tu viendras (BG 08/07). Comment combattre, sur le champ de bataille de la vie terrestre, en ayant l’intellect et le mental absorbés en Dieu ? Cela suppose que chaque chose, chaque événement, chaque être perçu, soit physiquement soit par la pensée, le soit comme une forme de Dieu. Aussi évidemment qu’un homme reconnaît toujours sa femme, qu’elle soit en jupe, en maillot de bain, en robe de chambre ou nue. Pour l’immense majorité des croyants, leur croyance consiste à se rappeler Dieu, de temps en temps, pendant les cérémonies religieuses, le bénédicité des repas, mais cette conscience est en pointillés. Il s’agit de la rendre continue.
7 L’Évangile, à sa façon, traite de la question en décrivant Jésus ressuscité non reconnu par ceux qui l’ont vu deux jours avant (Madeleine ne reconnaissant pas Jésus au tombeau Jn 20 = P 311, ou Les pèlerins d’Emmaüs : Lc 24 = P 313). La Gita déclare : Cet univers entier est pénétré par moi, sous ma forme non manifestée. Tous les êtres demeurent en moi… (BG 09/04). Il s’agit de comprendre et de pratiquer qu’une forme (qui est une manifestation de Dieu) ne saurait être sans qu’Il soit présent à l’intérieur.
La dramatique confusion de l’identité et de l’égalité
1 …pour qui une motte de terre, une pierre, et de l’or sont identiques… Cette formule se retrouve en BG 14/24. Elle n’est pas sans évoquer une autre, déjà envisagée : Les sages considèrent d’un œil égal le brahmane vertueux et savant, la vache, l’éléphant, le chien et le paria mangeur de chien (BG 05/18). À prendre ces formules au sens littéral (chose déconseillée par la BG 02/42) on pourrait penser que la vue spirituelle nécessite la cécité physique et culturelle. Jésus semble aussi jouer de cette équivoque dans le passage de l’aveugle-né : Je suis venu dans ce monde pour un jugement-condamnation-krima ; pour que ceux qui n’ont pas la vue-blepein voient-blepein et que ceux qui ont la vue-blepein deviennent aveugles (Jn 9 = P 148). Il serait évidemment absurde de prendre aussi ce passage à la lettre.
2 Alors comment faut-il entendre ces enseignements ? Il y a trois façons de percevoir une chose, un événement ou un être. Première : comme chose, événement ou être. Ainsi fait le matérialiste, qui est souvent le même que le spirituel encore en chemin. Deuxième façon : Les percevoir comme chose, événement ou être, mais réaliser, après coup, qu’ils sont issus du divin et peuvent retourner au divin ; le divin en nous peut éveiller le divin en eux. On se situe alors dans le monde religieux actif. Troisième façon : Commencer par être aveugle physiquement. Ne pas voir que tel être présente la forme de telle race, telle caste, tel sexe, telle moralité, telle esthétique etc et jouer à cache-cache avec Dieu, qui s’occulte derrière le masque que constitue cet être, cette chose, cet événement transitoire. En somme percevoir le divin en premier et ensuite seulement ses caractéristiques humaines et donc mortelles, limitées. Jésus procède ainsi lorsqu’il rencontre la pécheresse au parfum (Lc 7 = P 080). D’abord, il perçoit sa vertu : Larmes, baisers, parfum, alors que le pharisien voit d’abord la pécheresse. Ensuite seulement Jésus, répondant au pharisien, et encore après énuméré ses vertus, évoque ses nombreuses fautes, non sans préciser qu’au milieu de ces fautes, elle a beaucoup aimé-agapaein.
3 Il ne s’agit certes pas de confondre une motte de terre, une pierre, et de l’or. Cette erreur fut observée dans le Christianisme récent pendant le Concile Vatican II, à la fin du XX° siècle. Sous prétexte de ‘faire pauvre, d’être à la portée des plus humbles’, on en vint souvent, dans la liturgie, à cultiver le goût du laid, le trivial, le vulgaire, le commun. L’art sacré devint suspect. Ce phénomène, l’art profane l’avait déjà vécu, pendant un siècle avant ce concile. L’art moderne se définissait comme celui qui ‘casse les cadres’ (sous-entendu : de l’art classique). C’est comme l’athée (a-théos), qui n’existe que comme opposant à Dieu. D’ailleurs cet art moderne est athée par construction. En fait ce n’est pas un art autonome, c’est un art adverse (satan, en hébreux signifie l’adversaire), un anti-art, pour dire son nom. Il ne peut pas exister d’art moderne, car l’âme du moderne revient au refus de Dieu et l’art est l’expression de Dieu par le langage des sens.
4 Aussi serait-il très dangereux de confondre l’identité avec l’égalité. Terre, pierre et or sont identiques en ce sens qu’ils sont issus de Dieu, sont des formes de Dieu ; mais ils ne sauraient être égaux, car Dieu est l’Infini et l’infini ne se répète jamais. Comme le montre la trinité révolutionnaire (liberté, égalité, fraternité) quand on enlève le divin du cœur de l’humain, on perd de vue les humains identiques à Dieu et on n’a plus que des égaux dans la mort : ‘Tu es poussière, tu retourneras en poussière’.
La hiérarchie spirituelle
1 Trois stades de la matière sont illustrés par la terre, la pierre et l’or. Le premier n’a pas de structure propre : la terre peut être labourée, ravinée, réduite en poussière par le vent. Le deuxième est stable, solide, identifiable, et même propre à faire des bâtiments et des statues ; la pierre peut donner corps à l’art des humains. Le troisième s’auréole d’un prestige spirituel ; les objets liés au sacré sont constitués d’or dans toutes les civilisations, car l’or est incorruptible, lumineux, solaire. Bien grossier serait l’homme incapable de hiérarchiser ces trois matériaux.
2 Cette hiérarchie même constitue les barreaux d’une échelle spirituelle. Le biblique ‘Tu es poussière et tu retourneras en poussière’ que s’entend dire Adam par le dieu du paradis terrestre après la faute, désigne l’homme de corps et de cerveau, le mortel. Adam, en hébreux, signifie ‘le glèbeux’ désignant l’homme limité à la terre. Non pas le matérialiste au sens actuel du mot, mais celui qui n’a pour dieu que les forces régissant la vie terrestre.
3 Une évolution spirituelle devient nécessaire pour accéder aux qualités de la pierre. Le nom donné par Jésus au chef de ses apôtres l’exprime bien : Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t’appelleras Céphas »- ce qui veut dire Rocher (Jn 1 = P 024). Jésus lui-même compare son propre corps au Temple de Jérusalem, lorsque les prêtres lui disent, après qu’il eut chassé les marchands du Temple : Il a fallu quarante-six ans pour construire ce lieu-de-la-présence et toi, tu le relèverais-réveillerais-egeirein en trois jours ? » Mais Jésus parle du lieu-de-la-présence-naos-(sanctuaire) de son corps-sôma (Jn 2 = P 029). C’est sur des tables de pierres que la Loi de Moïse est gravée et dans un temple de pierre que les rites les plus sacrés s’opèrent. L’homme de terre devient homme de pierre, lorsqu’il passe du dieu du monde mortel, le prince de ce monde, décomposable en poussière au Dieu véritablement éternel, celui de tous les états d’existences possibles.
4 Cette évolution spirituelle présente un parfait accomplissement dans la transmutation alchimique du plomb en or. On passe alors du monde manifesté, cyclique, à son principe, immuable. L’or solaire en devient l’expression. En mode évangélique cela donne : Sa face brille comme le soleil (Transfiguration de Jésus = P 125). En mode Bhagavad Gita : La splendeur du soleil, qui dissipe les ténèbres de l’univers entier…sache que c’est ma splendeur (BG 15/12).
5 L’on comprend mieux alors ce que signifie qui se tient sur cette cime. Il ne suffit pas de gravir ces trois stades spirituels : l’Adam de terre, fidèle à l’Élohim terrestre, puis le spirituel de pierre sacrée, concevant l’Éternel, universel et unique Dieu et enfin le réalisé, comme Jésus, comme Krishna, et comme doivent le devenir ses disciples les plus parfaits, solaires, divins, ceux qui, ayant réintégré l’âge d’or véritable, se fondent dans son Principe. Tout regard en arrière, toute nostalgie des étapes franchies serait une régression. Pour le vrai yogi, l’être unifié, les stades préparatoires sont identiques, confondus dans l’Unique. Seule existe la Liberté absolue (ou félicité de Brahman) pour les ascètes maîtres d’eux-mêmes, libérés du désir et de la colère, qui ont contrôlé leurs pensées et qui ont réalisé le Soi (BG 05/26).
Pratique :
Pratique I : Maîtriser les sens pour voir Dieu en tout Le yogi trouve la plénitude dans la connaissance et la sagesse…Certains hommes grossiers ne conçoivent la vie que comme une recherche perpétuelle de jouissance. D’autres sont capables de dépasser, au moins pour quelques heures par jour, les besoins organiques et sensoriels et deviennent capables de culture, de sagesse et même de connaissance-jnana, ce dernier mot signifiant dans la Bhagavad Gita ‘conscience de n’être pas séparé du Principe divin’. Mais, ces derniers ne trouvent pas pour autant la plénitude dans la connaissance et la sagesse. Ils sont comme des oiseaux, qui s’affranchissent des lourdeurs de la locomotion terrestre, mais doivent cependant revenir sur terre de temps en temps. La plénitude en question ne se mesure pas, ou pas seulement, en heures passées en pratiques spirituelles, mais en un sentiment intérieur de demeurer toujours orienté vers le but de la connaissance, qui est Brahman, l’Absolu (BG 13/12). Jnana représente la connaissance théorique, celle qui permet de savoir que, dans l’individu, la conscience corporelle (jiva : BG 15/07) et la conscience spirituelle (atman) ne sont encore que des illusions (maya) tant qu’elles se pensent séparées du Principe (Ishvara, Dieu). Vijnana désigne la réalisation pleine, entière et surtout permanente de jnana.… est un vrai yogi, un être unifié. La non-unification consiste à ne pas pouvoir penser en même temps le monde et Dieu. Cela suppose que chaque chose, chaque événement, chaque être perçu, soit physiquement soit par la pensée, le soit comme une forme de Dieu. Aussi évidemment qu’un homme reconnaît toujours sa femme, qu’elle soit en jupe, en maillot de bain, en robe de chambre ou nue. Pour l’immense majorité des croyants, leur croyance consiste à se rappeler Dieu, de temps en temps, pendant les cérémonies religieuses, le bénédicité des repas, mais cette conscience est discontinue. Il s’agit de la rendre continue.
Pratique II : La dramatique confusion de l’identité et de l’égalité …pour qui une motte de terre, une pierre, et de l’or sont identiques… À prendre ces formules au sens littéral (chose déconseillée par la BG 02/42) on pourrait penser que la vue spirituelle nécessite la cécité physique et culturelle. Alors comment faut-il entendre ces enseignements ? Il s’agit, à propos de toute chose, tout événement et tout être, de percevoir le divin en premier et ensuite seulement ses caractéristiques humaines et donc mortelles, limitées. Il ne s’agit certes pas de confondre une motte de terre, une pierre, et de l’or. Il appartient aux mouches de préférer les excréments aux joyaux. Un certain goût du laid dans l’art moderne n’est pas sans poser problème. La fonction de l’art consiste à exprimer Dieu par les moyens de la sensualité ; le moderne étant incroyant par construction l’art moderne est impossible, même s’il existera toujours un art contemporain aux hommes de toutes époques. Aussi serait-il très dangereux de confondre l’identité avec l’égalité. Terre, pierre et or sont identiques en ce sens qu’ils sont issus de Dieu, sont des formes de Dieu ; mais ils ne sauraient être égaux, car Dieu est l’Infini et l’infini ne se répète jamais. La pratique consiste donc à hiérarchiser les qualités des choses dans l’action et à les percevoir toutes en Dieu dans la méditation. Puis à agir sans cesser de méditer.
Pratique III : La hiérarchie spirituelle Trois stades de la matière sont illustrés par la terre, la pierre et l’or. Le premier n’a pas de structure propre : la terre peut être labourée, ravinée, réduite en poussière par le vent. Le deuxième est stable, solide, identifiable, et même propre à faire des bâtiments et des statues ; la pierre peut donner corps à l’art des humains. Le troisième s’auréole d’un prestige spirituel ; les objets liés au sacré sont constitués d’or dans toutes les civilisations, car l’or est incorruptible, lumineux, solaire. Bien grossier serait l’homme incapable de hiérarchiser ces trois matériaux. Cette hiérarchie même constitue les barreaux d’une échelle spirituelle. Le biblique ‘Tu es poussière et tu retourneras en poussière’ que s’entend dire Adam par le dieu du paradis terrestre après la faute, désigne l’homme de corps et de cerveau, le mortel. Adam, en hébreux, signifie ‘le glèbeux’ désignant l’homme limité à la terre. Non pas le matérialiste au sens actuel du mot, mais celui qui n’a pour dieu que les forces régissant la vie terrestre. Une évolution spirituelle devient nécessaire pour accéder aux qualités de la pierre. Le nom donné par Jésus au chef de ses apôtres est Pierre. Jésus lui-même compare son propre corps au Temple de pierre de Jérusalem. C’est sur des tables de pierre que la Loi de Moïse est gravée L’homme de terre devient homme de pierre, lorsqu’il passe du dieu du monde mortel, le prince de ce monde, décomposable en poussière, au Dieu véritablement éternel, celui de tous les états d’existences possibles. Cette évolution spirituelle présente un parfait accomplissement dans la transmutation alchimique du plomb en or. On passe alors du monde manifesté, cyclique, à son principe, immuable. L’or solaire en devient l’expression. Seule existe la Liberté absolue (ou félicité de Brahman) pour les ascètes maîtres d’eux-mêmes, libérés du désir et de la colère, qui ont contrôlé leurs pensées et qui ont réalisé le Soi (BG 05/26)
La TERRE, la PIERRE et l’OR (BG 06/08)
La TERRE, la PIERRE et l’OR (BG 06/08)
La TERRE, la PIERRE et l’OR
Le yogi qui trouve la plénitude dans la connaissance et la sagesse, qui a conquis les sens, qui se tient sur cette cime, pour qui une motte de terre, une pierre, et de l’or sont identiques, est un vrai yogi, un être unifié (BG 06/08)
Théorie :
Maîtriser les sens pour voir Dieu en tout
1 Le yogi qui trouve la plénitude dans la connaissance et la sagesse…Certains hommes grossiers ne conçoivent la vie que comme une recherche perpétuelle de jouissance. Jouir des sens jusqu’au dernier moment, tel est, croient-ils, l’impératif majeur pour l’homme. Ils sont persuadés qu’il n’y a rien d’autre qui importe… (BG 16/11). Comme peu d’entre eux sont de purs rentiers, il faut bien qu’ils travaillent un minimum pour gagner l’argent nécessaire à la jouissance, mais c’est le seul travail qu’ils acceptent de faire. D’autres sont capables de dépasser, au moins pour quelques heures par jour, les besoins organiques et sensoriels et deviennent capables de culture, de sagesse et même de connaissance-jnana, ce dernier mot signifiant dans la Bhagavad Gita ‘conscience de n’être pas séparé du Principe divin’. Mais, ces derniers ne trouvent pas pour autant la plénitude dans la connaissance et la sagesse. Ils sont comme des oiseaux qui s’affranchissent des lourdeurs de la locomotion terrestre, mais doivent cependant revenir sur terre de temps en temps.
2 Il y a quelque chose de quasiment angélique à trouver la plénitude dans la connaissance et la sagesse. Blaise Pascal, le scientifique mystique du XVII° siècle disait : « Qui fait l’ange fait la bête », en effet il faut bien redescendre sur terre et souvent la chute est rude. La Gita elle-même reconnaît : Le yoga (l’union divine) est inaccessible à celui qui mange trop, ou jeûne trop, qui dort trop, ou veille trop (BG 06/16) ; les besoins organiques (manger dormir) ne sont donc pas, jusqu’à un certain point du moins, un obstacle à la plénitude recherchée. La Gita prévoit même des moments de détente : les délassements (BG 06/17), les jeux (BG 11/42). Il devient alors clair que la plénitude en question ne se mesure pas, ou pas seulement, en heures passées en pratiques spirituelles, mais en un sentiment intérieur de demeurer toujours orienté vers le but de la connaissance, qui est Brahman (BG 13/12).
3 … qui a conquis les sens…La mesure de la plénitude recherchée n’est pas de pouvoir ignorer le corps en permanence, mais c’est de parvenir à se rendre maître des sens et non leur esclave. Le travail de l’ascèse, au sens d’entrainement spirituel, consiste essentiellement en cela. Comme les sensations sont la matière première du mental, au point que le Yoga considère le mental comme le ‘sens interne’ (BG 15/09), celui qui synthétise les sensations, la maîtrise des sens opère une grande partie de la maîtrise du mental.
4 Dans ce sutra, connaissance correspond au mot jnana et sagesse traduit vijnana. La Gita reprend cette distinction : Le Seigneur suprême dit : « À toi qui ne discutes pas en vain, je vais délivrer le plus grand secret, la plus profonde connaissance-jnana alliée à sa réalisation-vijnana et, connaissant cela, tu seras délivré des souffrances de la vie (BG 09/01). Jnana représente la connaissance théorique, celle qui permet de savoir que, dans l’individu, la conscience corporelle (jiva : BG 15/07) et la conscience spirituelle (atman) ne sont encore que des illusions (maya) tant qu’elles se pensent séparées du Principe (Ishvara). Malheureusement, l’homme se laisse sans cesse réabsorber par les réalités terrestres. Vijnana désigne la réalisation pleine, entière et surtout permanente de jnana. Il s’agit alors de la sagesse dans la plus haute acception du mot. On peut avoir une bonne connaissance théorique du Védanta et se laisser absorber souvent par les tendances rajasiques ou même tamasiques du monde. Le sage ayant atteint vijnana ne retombe plus dans l’illusion cosmique ; c’est pour cela qu’il sera délivré des souffrances de la vie.
5 … qui se tient sur cette cime…La précision est d’importance. Conquérir les sens s’avère, pour certaines natures sensuelles, une affaire difficile ; mais pire encore y demeurer. L’image est parlante, qui peut demeurer sur une cime en permanence, à moins d’être un aigle et d’y faire son nid ? Non sans raison, le symbole de l’évangéliste Jean est aussi un aigle.
6 … est un vrai yogi, un être unifié. Yoga signifie ‘union’ (de la conscience humain, atman, et de la Conscience divine, para-atman), le vrai Yogi est donc un être unifié. Il doit y avoir peu d’êtres unifiés vu les redoutables difficultés des conditions imposées (maîtrise des sens et se tenir sur la cime). Le Christianisme ésotérique (celui rejeté par l’Église officielle exotérique) connaît cela : Jésus disait : « Heureux, vous, les unifiés et les élus, vous trouverez le Royaume ; vous êtes issus de lui et vous y retournerez » (évangile gnostique de Thomas 049). Ne pas pouvoir penser en même temps le monde et Dieu : telle est la non-unification. La BG écrit : Par conséquent, en toutes circonstances, souviens toi de moi et combats, le mental et l’intellect absorbés en moi. Alors, sans aucun doute, c’est à moi que tu viendras (BG 08/07). Comment combattre, sur le champ de bataille de la vie terrestre, en ayant l’intellect et le mental absorbés en Dieu ? Cela suppose que chaque chose, chaque événement, chaque être perçu, soit physiquement soit par la pensée, le soit comme une forme de Dieu. Aussi évidemment qu’un homme reconnaît toujours sa femme, qu’elle soit en jupe, en maillot de bain, en robe de chambre ou nue. Pour l’immense majorité des croyants, leur croyance consiste à se rappeler Dieu, de temps en temps, pendant les cérémonies religieuses, le bénédicité des repas, mais cette conscience est en pointillés. Il s’agit de la rendre continue.
7 L’Évangile, à sa façon, traite de la question en décrivant Jésus ressuscité non reconnu par ceux qui l’ont vu deux jours avant (Madeleine ne reconnaissant pas Jésus au tombeau Jn 20 = P 311, ou Les pèlerins d’Emmaüs : Lc 24 = P 313). La Gita déclare : Cet univers entier est pénétré par moi, sous ma forme non manifestée. Tous les êtres demeurent en moi… (BG 09/04). Il s’agit de comprendre et de pratiquer qu’une forme (qui est une manifestation de Dieu) ne saurait être sans qu’Il soit présent à l’intérieur.
La dramatique confusion de l’identité et de l’égalité
1 …pour qui une motte de terre, une pierre, et de l’or sont identiques… Cette formule se retrouve en BG 14/24. Elle n’est pas sans évoquer une autre, déjà envisagée : Les sages considèrent d’un œil égal le brahmane vertueux et savant, la vache, l’éléphant, le chien et le paria mangeur de chien (BG 05/18). À prendre ces formules au sens littéral (chose déconseillée par la BG 02/42) on pourrait penser que la vue spirituelle nécessite la cécité physique et culturelle. Jésus semble aussi jouer de cette équivoque dans le passage de l’aveugle-né : Je suis venu dans ce monde pour un jugement-condamnation-krima ; pour que ceux qui n’ont pas la vue-blepein voient-blepein et que ceux qui ont la vue-blepein deviennent aveugles (Jn 9 = P 148). Il serait évidemment absurde de prendre aussi ce passage à la lettre.
2 Alors comment faut-il entendre ces enseignements ? Il y a trois façons de percevoir une chose, un événement ou un être. Première : comme chose, événement ou être. Ainsi fait le matérialiste, qui est souvent le même que le spirituel encore en chemin. Deuxième façon : Les percevoir comme chose, événement ou être, mais réaliser, après coup, qu’ils sont issus du divin et peuvent retourner au divin ; le divin en nous peut éveiller le divin en eux. On se situe alors dans le monde religieux actif. Troisième façon : Commencer par être aveugle physiquement. Ne pas voir que tel être présente la forme de telle race, telle caste, tel sexe, telle moralité, telle esthétique etc et jouer à cache-cache avec Dieu, qui s’occulte derrière le masque que constitue cet être, cette chose, cet événement transitoire. En somme percevoir le divin en premier et ensuite seulement ses caractéristiques humaines et donc mortelles, limitées. Jésus procède ainsi lorsqu’il rencontre la pécheresse au parfum (Lc 7 = P 080). D’abord, il perçoit sa vertu : Larmes, baisers, parfum, alors que le pharisien voit d’abord la pécheresse. Ensuite seulement Jésus, répondant au pharisien, et encore après énuméré ses vertus, évoque ses nombreuses fautes, non sans préciser qu’au milieu de ces fautes, elle a beaucoup aimé-agapaein.
3 Il ne s’agit certes pas de confondre une motte de terre, une pierre, et de l’or. Cette erreur fut observée dans le Christianisme récent pendant le Concile Vatican II, à la fin du XX° siècle. Sous prétexte de ‘faire pauvre, d’être à la portée des plus humbles’, on en vint souvent, dans la liturgie, à cultiver le goût du laid, le trivial, le vulgaire, le commun. L’art sacré devint suspect. Ce phénomène, l’art profane l’avait déjà vécu, pendant un siècle avant ce concile. L’art moderne se définissait comme celui qui ‘casse les cadres’ (sous-entendu : de l’art classique). C’est comme l’athée (a-théos), qui n’existe que comme opposant à Dieu. D’ailleurs cet art moderne est athée par construction. En fait ce n’est pas un art autonome, c’est un art adverse (satan, en hébreux signifie l’adversaire), un anti-art, pour dire son nom. Il ne peut pas exister d’art moderne, car l’âme du moderne revient au refus de Dieu et l’art est l’expression de Dieu par le langage des sens.
4 Aussi serait-il très dangereux de confondre l’identité avec l’égalité. Terre, pierre et or sont identiques en ce sens qu’ils sont issus de Dieu, sont des formes de Dieu ; mais ils ne sauraient être égaux, car Dieu est l’Infini et l’infini ne se répète jamais. Comme le montre la trinité révolutionnaire (liberté, égalité, fraternité) quand on enlève le divin du cœur de l’humain, on perd de vue les humains identiques à Dieu et on n’a plus que des égaux dans la mort : ‘Tu es poussière, tu retourneras en poussière’.
La hiérarchie spirituelle
1 Trois stades de la matière sont illustrés par la terre, la pierre et l’or. Le premier n’a pas de structure propre : la terre peut être labourée, ravinée, réduite en poussière par le vent. Le deuxième est stable, solide, identifiable, et même propre à faire des bâtiments et des statues ; la pierre peut donner corps à l’art des humains. Le troisième s’auréole d’un prestige spirituel ; les objets liés au sacré sont constitués d’or dans toutes les civilisations, car l’or est incorruptible, lumineux, solaire. Bien grossier serait l’homme incapable de hiérarchiser ces trois matériaux.
2 Cette hiérarchie même constitue les barreaux d’une échelle spirituelle. Le biblique ‘Tu es poussière et tu retourneras en poussière’ que s’entend dire Adam par le dieu du paradis terrestre après la faute, désigne l’homme de corps et de cerveau, le mortel. Adam, en hébreux, signifie ‘le glèbeux’ désignant l’homme limité à la terre. Non pas le matérialiste au sens actuel du mot, mais celui qui n’a pour dieu que les forces régissant la vie terrestre.
3 Une évolution spirituelle devient nécessaire pour accéder aux qualités de la pierre. Le nom donné par Jésus au chef de ses apôtres l’exprime bien : Tu es Simon, le fils de Jean ; tu t’appelleras Céphas »- ce qui veut dire Rocher (Jn 1 = P 024). Jésus lui-même compare son propre corps au Temple de Jérusalem, lorsque les prêtres lui disent, après qu’il eut chassé les marchands du Temple : Il a fallu quarante-six ans pour construire ce lieu-de-la-présence et toi, tu le relèverais-réveillerais-egeirein en trois jours ? » Mais Jésus parle du lieu-de-la-présence-naos-(sanctuaire) de son corps-sôma (Jn 2 = P 029). C’est sur des tables de pierres que la Loi de Moïse est gravée et dans un temple de pierre que les rites les plus sacrés s’opèrent. L’homme de terre devient homme de pierre, lorsqu’il passe du dieu du monde mortel, le prince de ce monde, décomposable en poussière au Dieu véritablement éternel, celui de tous les états d’existences possibles.
4 Cette évolution spirituelle présente un parfait accomplissement dans la transmutation alchimique du plomb en or. On passe alors du monde manifesté, cyclique, à son principe, immuable. L’or solaire en devient l’expression. En mode évangélique cela donne : Sa face brille comme le soleil (Transfiguration de Jésus = P 125). En mode Bhagavad Gita : La splendeur du soleil, qui dissipe les ténèbres de l’univers entier…sache que c’est ma splendeur (BG 15/12).
5 L’on comprend mieux alors ce que signifie qui se tient sur cette cime. Il ne suffit pas de gravir ces trois stades spirituels : l’Adam de terre, fidèle à l’Élohim terrestre, puis le spirituel de pierre sacrée, concevant l’Éternel, universel et unique Dieu et enfin le réalisé, comme Jésus, comme Krishna, et comme doivent le devenir ses disciples les plus parfaits, solaires, divins, ceux qui, ayant réintégré l’âge d’or véritable, se fondent dans son Principe. Tout regard en arrière, toute nostalgie des étapes franchies serait une régression. Pour le vrai yogi, l’être unifié, les stades préparatoires sont identiques, confondus dans l’Unique. Seule existe la Liberté absolue (ou félicité de Brahman) pour les ascètes maîtres d’eux-mêmes, libérés du désir et de la colère, qui ont contrôlé leurs pensées et qui ont réalisé le Soi (BG 05/26).
Pratique :
Pratique I : Maîtriser les sens pour voir Dieu en tout Le yogi trouve la plénitude dans la connaissance et la sagesse…Certains hommes grossiers ne conçoivent la vie que comme une recherche perpétuelle de jouissance. D’autres sont capables de dépasser, au moins pour quelques heures par jour, les besoins organiques et sensoriels et deviennent capables de culture, de sagesse et même de connaissance-jnana, ce dernier mot signifiant dans la Bhagavad Gita ‘conscience de n’être pas séparé du Principe divin’. Mais, ces derniers ne trouvent pas pour autant la plénitude dans la connaissance et la sagesse. Ils sont comme des oiseaux, qui s’affranchissent des lourdeurs de la locomotion terrestre, mais doivent cependant revenir sur terre de temps en temps. La plénitude en question ne se mesure pas, ou pas seulement, en heures passées en pratiques spirituelles, mais en un sentiment intérieur de demeurer toujours orienté vers le but de la connaissance, qui est Brahman, l’Absolu (BG 13/12). Jnana représente la connaissance théorique, celle qui permet de savoir que, dans l’individu, la conscience corporelle (jiva : BG 15/07) et la conscience spirituelle (atman) ne sont encore que des illusions (maya) tant qu’elles se pensent séparées du Principe (Ishvara, Dieu). Vijnana désigne la réalisation pleine, entière et surtout permanente de jnana.… est un vrai yogi, un être unifié. La non-unification consiste à ne pas pouvoir penser en même temps le monde et Dieu. Cela suppose que chaque chose, chaque événement, chaque être perçu, soit physiquement soit par la pensée, le soit comme une forme de Dieu. Aussi évidemment qu’un homme reconnaît toujours sa femme, qu’elle soit en jupe, en maillot de bain, en robe de chambre ou nue. Pour l’immense majorité des croyants, leur croyance consiste à se rappeler Dieu, de temps en temps, pendant les cérémonies religieuses, le bénédicité des repas, mais cette conscience est discontinue. Il s’agit de la rendre continue.
Pratique II : La dramatique confusion de l’identité et de l’égalité …pour qui une motte de terre, une pierre, et de l’or sont identiques… À prendre ces formules au sens littéral (chose déconseillée par la BG 02/42) on pourrait penser que la vue spirituelle nécessite la cécité physique et culturelle. Alors comment faut-il entendre ces enseignements ? Il s’agit, à propos de toute chose, tout événement et tout être, de percevoir le divin en premier et ensuite seulement ses caractéristiques humaines et donc mortelles, limitées. Il ne s’agit certes pas de confondre une motte de terre, une pierre, et de l’or. Il appartient aux mouches de préférer les excréments aux joyaux. Un certain goût du laid dans l’art moderne n’est pas sans poser problème. La fonction de l’art consiste à exprimer Dieu par les moyens de la sensualité ; le moderne étant incroyant par construction l’art moderne est impossible, même s’il existera toujours un art contemporain aux hommes de toutes époques. Aussi serait-il très dangereux de confondre l’identité avec l’égalité. Terre, pierre et or sont identiques en ce sens qu’ils sont issus de Dieu, sont des formes de Dieu ; mais ils ne sauraient être égaux, car Dieu est l’Infini et l’infini ne se répète jamais. La pratique consiste donc à hiérarchiser les qualités des choses dans l’action et à les percevoir toutes en Dieu dans la méditation. Puis à agir sans cesser de méditer.
Pratique III : La hiérarchie spirituelle Trois stades de la matière sont illustrés par la terre, la pierre et l’or. Le premier n’a pas de structure propre : la terre peut être labourée, ravinée, réduite en poussière par le vent. Le deuxième est stable, solide, identifiable, et même propre à faire des bâtiments et des statues ; la pierre peut donner corps à l’art des humains. Le troisième s’auréole d’un prestige spirituel ; les objets liés au sacré sont constitués d’or dans toutes les civilisations, car l’or est incorruptible, lumineux, solaire. Bien grossier serait l’homme incapable de hiérarchiser ces trois matériaux. Cette hiérarchie même constitue les barreaux d’une échelle spirituelle. Le biblique ‘Tu es poussière et tu retourneras en poussière’ que s’entend dire Adam par le dieu du paradis terrestre après la faute, désigne l’homme de corps et de cerveau, le mortel. Adam, en hébreux, signifie ‘le glèbeux’ désignant l’homme limité à la terre. Non pas le matérialiste au sens actuel du mot, mais celui qui n’a pour dieu que les forces régissant la vie terrestre. Une évolution spirituelle devient nécessaire pour accéder aux qualités de la pierre. Le nom donné par Jésus au chef de ses apôtres est Pierre. Jésus lui-même compare son propre corps au Temple de pierre de Jérusalem. C’est sur des tables de pierre que la Loi de Moïse est gravée L’homme de terre devient homme de pierre, lorsqu’il passe du dieu du monde mortel, le prince de ce monde, décomposable en poussière, au Dieu véritablement éternel, celui de tous les états d’existences possibles. Cette évolution spirituelle présente un parfait accomplissement dans la transmutation alchimique du plomb en or. On passe alors du monde manifesté, cyclique, à son principe, immuable. L’or solaire en devient l’expression. Seule existe la Liberté absolue (ou félicité de Brahman) pour les ascètes maîtres d’eux-mêmes, libérés du désir et de la colère, qui ont contrôlé leurs pensées et qui ont réalisé le Soi (BG 05/26)
La TERRE, la PIERRE et l’OR (BG 06/08)