Les ÉCRITURES peuvent elles devenir INUTILES ?
Pour un brahmane parvenu à la sagesse, qui a réalisé le Soi,
l’ensemble des Véda a aussi peu d’utilité
qu’un puits en période d’inondation.
(BG 02/46)
Théorie :
1 Voici un sutra humoristique : Comment puiser quand le puits est submergé ? Un brahmane est un représentant de la première caste dans une civilisation sacrée. Symboliquement, tout humain est brahmane, s’il étudie les Ecritures révélées, en comprend les symboles et pratique une ascèse adéquate à les mettre en œuvre. Cela implique un vrai travail sur soi, une quête spirituelle méthodique.
2 Parvenu à la sagesse signifie que le brahmane est suffisamment imprégné de l’enseignement des Ecritures pour trouver en elles -et de mémoire- réponse à toute situation existentielle, sans se laisser prendre au piège des apparentes contradictions du texte. Tout brahmane n’a pas réalisé le Soi. Cela ne se produit que lorsque la conscience se situe en permanence au niveau de l’image de Dieu qu’est potentiellement tout humain. Il ne reste alors de l’ego que cette petite part qui permet d’entretenir le corps et le psychisme dans un état normal de santé.
3 Les Védas sont les Écritures révélées de l’Inde, dont la Bhagavad Gita constitue l’admirable synthèse. Mais l’enseignement vaut pour toute écriture sacrée d’une spiritualité actuellement vivante. Toute Écriture a un début, situé dans le temps et l’espace, et aussi dans un peuple, une race, une culture, une langue, un climat. Toutes ces choses évoluant, l’Écriture aura une fin comme elle eut un début. Pour un homme donné, l’Écriture a eu un début, lors de sa formation religieuse, et aura une fin… quand il aura réalisé le Soi, ce qui peut exiger de nombreux cycles existentiels.
4 Il convient de préciser que la Bible judéo-chrétienne, de même que le Coran, risquent d’atteindre leur fin plus tôt, car la doctrine de la réalisation du Soi, et donc de l’unité suprême en Dieu, n’y est suggérée que de façon très subtilement symbolique. Aussi est-il courant aujourd’hui qu’un croyant issu d’une religion abrahamique utilise ensuite une Écriture védique, sans renier la base religieuse de sa formation native. C’est ce que nous faisons par la double exploration de l’Évangile et de la Bhagavad Gita.
5 De même que la pluie est source de vie pour la nature, l’eau est symbole de la grâce divine. Il y a l’eau de la rivière, plus ou moins polluée, symbolisant l’appareil de la religion populaire. L’eau souterraine, dont l’accès nécessite l’approfondissement du puits a quelque chose de plus pur, ésotérique. L’eau de pluie (avant l’époque moderne du moins) est toujours pure, illustrant l’inspiration individuelle directe, venue du ciel. L’inondation présente un symbole paradoxal. Il arrive qu’on en meure et, sauf les crues du Nil, c’est plutôt toujours négatif. Mais l’outrance du symbole illustre que Dieu donne son esprit sans mesure comme dit l’Évangile. Pris à la lettre, le symbole de l’inondation -généralement mortelle- signifie que l’individu disparaît en tant que séparé du Principe, comme la rivière dans l’océan.
6 Dans les tentations de Jésus au désert, le diable se fait théologien et cite les Écritures. Ici il dirait : « Point n’est besoin de la religion et de ses vieux livres, l’inspiration me suffit. » Plus prudemment, un grand sage, René Guénon, rappelle que le livre sacré doit être assimilé, puis posé sur le sol et servir de siège pour la méditation intégrative.
Pratique :
1 Conséquence pratique : Krishna invite l’homme moderne à dépasser cette illusion spirituellement mortelle, que sa culture puisse se contenter de quelques diplômes professionnels et des informations médiatiques sur les malheurs ordinaires des humains. Le monde actuel est rempli de gens diplômés, qui se croient ‘éduqués’, comme ils disent, et savent tout, sauf l’essentiel.
2 Un amant passionné trouve toujours le temps de rencontrer son amante ; plus ardemment encore, dégage, dans les heures du jour ou de la nuit, ton temps de rencontre avec l’Unique. Pas plus qu’une belle n’attendra indéfiniment celui qui l’oublie, l’Unique ne se révélera à celui qui prise le temps mortel plus que l’Éternel. Et sache qu’un jour l’Éternel sera pour toi aussi abondant que l’océan pour le poisson. Courtise la sagesse, tu seras inondé de Dieu.
Les ÉCRITURES peuvent elles devenir INUTILES ?
Les ÉCRITURES peuvent elles devenir INUTILES ?
Les ÉCRITURES peuvent elles devenir INUTILES ?
Pour un brahmane parvenu à la sagesse, qui a réalisé le Soi,
l’ensemble des Véda a aussi peu d’utilité
qu’un puits en période d’inondation.
(BG 02/46)
Théorie :
1 Voici un sutra humoristique : Comment puiser quand le puits est submergé ? Un brahmane est un représentant de la première caste dans une civilisation sacrée. Symboliquement, tout humain est brahmane, s’il étudie les Ecritures révélées, en comprend les symboles et pratique une ascèse adéquate à les mettre en œuvre. Cela implique un vrai travail sur soi, une quête spirituelle méthodique.
2 Parvenu à la sagesse signifie que le brahmane est suffisamment imprégné de l’enseignement des Ecritures pour trouver en elles -et de mémoire- réponse à toute situation existentielle, sans se laisser prendre au piège des apparentes contradictions du texte. Tout brahmane n’a pas réalisé le Soi. Cela ne se produit que lorsque la conscience se situe en permanence au niveau de l’image de Dieu qu’est potentiellement tout humain. Il ne reste alors de l’ego que cette petite part qui permet d’entretenir le corps et le psychisme dans un état normal de santé.
3 Les Védas sont les Écritures révélées de l’Inde, dont la Bhagavad Gita constitue l’admirable synthèse. Mais l’enseignement vaut pour toute écriture sacrée d’une spiritualité actuellement vivante. Toute Écriture a un début, situé dans le temps et l’espace, et aussi dans un peuple, une race, une culture, une langue, un climat. Toutes ces choses évoluant, l’Écriture aura une fin comme elle eut un début. Pour un homme donné, l’Écriture a eu un début, lors de sa formation religieuse, et aura une fin… quand il aura réalisé le Soi, ce qui peut exiger de nombreux cycles existentiels.
4 Il convient de préciser que la Bible judéo-chrétienne, de même que le Coran, risquent d’atteindre leur fin plus tôt, car la doctrine de la réalisation du Soi, et donc de l’unité suprême en Dieu, n’y est suggérée que de façon très subtilement symbolique. Aussi est-il courant aujourd’hui qu’un croyant issu d’une religion abrahamique utilise ensuite une Écriture védique, sans renier la base religieuse de sa formation native. C’est ce que nous faisons par la double exploration de l’Évangile et de la Bhagavad Gita.
5 De même que la pluie est source de vie pour la nature, l’eau est symbole de la grâce divine. Il y a l’eau de la rivière, plus ou moins polluée, symbolisant l’appareil de la religion populaire. L’eau souterraine, dont l’accès nécessite l’approfondissement du puits a quelque chose de plus pur, ésotérique. L’eau de pluie (avant l’époque moderne du moins) est toujours pure, illustrant l’inspiration individuelle directe, venue du ciel. L’inondation présente un symbole paradoxal. Il arrive qu’on en meure et, sauf les crues du Nil, c’est plutôt toujours négatif. Mais l’outrance du symbole illustre que Dieu donne son esprit sans mesure comme dit l’Évangile. Pris à la lettre, le symbole de l’inondation -généralement mortelle- signifie que l’individu disparaît en tant que séparé du Principe, comme la rivière dans l’océan.
6 Dans les tentations de Jésus au désert, le diable se fait théologien et cite les Écritures. Ici il dirait : « Point n’est besoin de la religion et de ses vieux livres, l’inspiration me suffit. » Plus prudemment, un grand sage, René Guénon, rappelle que le livre sacré doit être assimilé, puis posé sur le sol et servir de siège pour la méditation intégrative.
Pratique :
1 Conséquence pratique : Krishna invite l’homme moderne à dépasser cette illusion spirituellement mortelle, que sa culture puisse se contenter de quelques diplômes professionnels et des informations médiatiques sur les malheurs ordinaires des humains. Le monde actuel est rempli de gens diplômés, qui se croient ‘éduqués’, comme ils disent, et savent tout, sauf l’essentiel.
2 Un amant passionné trouve toujours le temps de rencontrer son amante ; plus ardemment encore, dégage, dans les heures du jour ou de la nuit, ton temps de rencontre avec l’Unique. Pas plus qu’une belle n’attendra indéfiniment celui qui l’oublie, l’Unique ne se révélera à celui qui prise le temps mortel plus que l’Éternel. Et sache qu’un jour l’Éternel sera pour toi aussi abondant que l’océan pour le poisson. Courtise la sagesse, tu seras inondé de Dieu.
Les ÉCRITURES peuvent elles devenir INUTILES ?