Les CONDITIONS du GOUROU (BG 04/34)

Les CONDITIONS du GOUROU (BG 04/34)

Bhagavad Gita 04/34 Commentaire Théorique et Méditation Opérative

Les CONDITIONS du GOUROU (BG 04/34)

Les CONDITIONS du GOUROU

Les sages qui voient la réalité t’enseigneront cette connaissance,

si tu te prosternes devant eux,

te mets à leur service

et les interroges,

 (BG 04/34)

Théorie :

Le gourou hindou réalisé constitue-t-il un passage obligé ?

1        Les sages qui voient la réalité t’enseigneront cette connaissance…Nul homme n’a appris à marcher ou à parler tout seul, à plus forte raison l’homme ne découvre pas tout seul la connaissance spirituelle. Il convient de passer par une transmission vivante, de maître à disciple. C’est grâce à cette tradition ininterrompue, de maître à disciple, que les sages royaux (les Rishis) ont connu ce yoga. Mais, au fil du temps cette doctrine du yoga s’est perdue (BG 04/02). Elle s’est perdue précisément parce que la transmission a été rompue.

2        Il n’est pas illégitime cependant de se poser la question : « Cette transmission vivante, par un intermédiaire en chair et en os, est-elle absolument indispensable ? » La question se pose particulièrement pour un Occidental dont la tradition naturelle, le Christianisme, est si manifestement partielle, par rapport à l’Évangile et en particulier à celui de Jean et aux évangiles gnostiques. Cela n’est pas dû seulement à l’alignement, en de nombreux domaines, de l’Église sur la modernité, mais remonte à la constitution du Credo au Concile de Nicée sous l’empereur Constantin. Le Christianisme, comme religion, s’est constitué pour le monde (la rénovation religieuse de l’empire romain) et par le monde (sur l’initiative de l’empereur Constantin) et non seulement par la Révélation du Christ et pour Dieu. Résultat : la dégénérescence de la religion chrétienne dogmatisée par le Credo de Nicée a donné, au fil des siècles, le monde moderne, qui est l’anti-spiritualité même. Alors comment trouver un maître spirituel compétent quand on est né dans un tel univers ?

3        Certes, il y a aujourd’hui des maîtres orientaux, Hindous et Bouddhistes, qui enseignent aux Occidentaux et certains en Occident même. En ce qui concerne les maîtres hindous, la chose est délicate à manier, car l’Hindouisme, comme le Judaïsme, en principe, n’est pas une doctrine missionnaire ; il est réservé aux natifs Hindous. Les ‘gourous hindous’ transmettant en Occident sont souvent influencés par les missionnaires chrétiens, que l’Inde a subis pendant plusieurs siècles ; ils imitent leur esprit propagandiste (avec tout ce qu’il véhicule de douteux du point de vue spirituel), en opérant géographiquement dans l’autre sens. Et ceci d’autant plus que l’Inde moderne s’est doté d’un ministère du yoga, ce qui n’est aucunement dans la fonction du pouvoir temporel selon la tradition des castes-varnas. Entre le bienfait de découvrir la spiritualité orientale et le retour de bâton du colonialisme, le discernement n’est pas toujours facile.

4        Le sutra déclare Les sages qui voient la réalité t’enseigneront cette connaissance, il ne dit pas que la rencontre de ces sages constitue le seul moyen d’accéder à cette connaissance. La Gita elle-même envisage un autre moyen d’accéder à l’essence de la doctrine et à sa réalisation : Certains perçoivent le Soi par eux-mêmes, par la méditation de leur propre Soi (BG 13/24). Assurément, ce n’est pas à la portée de tout le monde, mais quelques grands mystiques d’Occident, comme maître Eckhart, sont probablement dans ce cas. La Gita continue : d’autres perçoivent le Soi par le yoga de la connaissance (samkhya yoga). Or ce yoga est parfaitement exposé dans la Bhagavad Gita, elle-même désormais très accessible en Occident, sans passer par un sage réalisé (qui voit la réalité). De plus, de nombreux commentaires de ces enseignements sont accessibles en Occident, faits par des sages réalisés, qui ne se sont pas transformés en commis voyageurs de l’Hindouisme et de l’Inde. C’est le cas pour Ramana Maharshi, ou Sri Nisardagatta Maharaj, qui ne sont jamais sortis d’Inde mais dont l’œuvre est désormais universelle, comme Jésus n’est jamais sorti de Palestine. Enfin, le même sutra continue en offrant une troisième voie : d’autres encore perçoivent le Soi par le karma yoga (la discipline de l’action) (BG 13/24). On peut donc conclure que le passage par un sage en chair et en os est le moyen traditionnel de transmission, à priori le meilleur, mais sans constituer pour autant une condition sine qua non.

5        Si l’on cherche dans l’Évangile réponse à cette question, cela va clairement dans le même sens. Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c’est en esprit et en vérité qu’ils doivent adorer (Jn 04/24 = P 036). Jésus enseigne cela à la Samaritaine, qui lui pose question sur le même sujet : comment accéder à la bonne doctrine et à la bonne pratique spirituelle. Ailleurs, Jésus dit à Nicodème, maître enseignant des Juifs : L’Esprit-pneuma souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit-pneuma (Jn 03/08 = P 030). Toute voie spirituelle qui se prétend indispensable (celle des sages éveillés, celle des Écritures, ou celle des sacrements) fait fi de cette souveraine liberté de l’Esprit.

6        Nous n’avons nulle intention de dévaluer à priori les sages orientaux qui croient nécessaire d’utiliser l’avion (comme le font les ‘papes modernes’) pour véhiculer leur enseignement, mais la question ici abordée, et incontournable pour un Occidental en recherche spirituelle, méritait d’être envisagée.

7        Sri Nisardagatta Maharaj, sage réalisé et ancien boutiquier, avait transformé sa boutique, assez exiguë, en un lieu d’enseignement. Il recevait, entre autres, des Occidentaux. Quand l’un d’eux s’attardait au-delà de quelques semaines chez lui, il le renvoyait en lui disant : « Vous en avez assez entendu, maintenant rentrez chez vous et méditez » Quand un professeur de yoga occidental enseigne la philosophie de la Bhagavad Gita à ses élèves, il arrive souvent que ceux-ci lui demandent : « As-tu été en Inde ? Y es-tu resté longtemps ? » comme si la réalité du séjour et sa durée garantissaient la pénétration spirituelle de l’enseignement. Or c’est un pont aux ânes de la spiritualité de comprendre la parole du Christ : …mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit-pneuma.

8        En matière d’enseignement spirituel, l’Inde distingue le pandit du guru. Le pandit est un érudit, principalement en matière d’Écritures sacrées (équivalent du scribe dans les Évangiles : tout scribe devenu disciple du règne des cieux est semblable à un homme, maître de maison, qui tire-hors de son trésor du neuf et du vieux : Mt 13/51 = P 096, et Les Juifs, étonnés, disent : » Comment connaît-il les lettres sans avoir étudié ? : Jn 07/15 = P 139). Le guru est l’être dont l’atman a réalisé Brahman, dont la parole est ‘parole de Dieu’, autant qu’une parole humaine peut l’être. L’idéal est théoriquement d’avoir un maître réalisé. Mais les réalisés sont probablement très peu nombreux et il est impossible que tous les chercheurs sincères en côtoient physiquement un. Sans évoquer le problème de savoir qui est vraiment réalisé parmi les légions de maîtres supposés. De plus, tout réalisé n’est pas apte à l’enseignement. En musique occidentale, on remarque que les virtuoses-nés font souvent de mauvais enseignants. Ils ne comprennent pas, chez l’élève, des difficultés qu’eux-mêmes n’ont jamais rencontrées. D’où l’utilité du pandit, appuyant son enseignement sur une Écriture, qui a fait ses preuves séculairement auprès d’une multitude de spirituels, et qui sera, pour le disciple, un maître toujours présent.

9        Certes, certains disent qu’un livre ne remplace pas un maître spirituel. Mais lire est une chose, pratiquer un livre sacré quotidiennement, le réciter, le méditer, en est une autre. Le Christianisme apporte un éclairage intéressant sur ce point. Jésus distingue bien sa personne de sa parole, au point d’effacer sa personne derrière sa parole. D’ailleurs on ne sait rien de sa personne, aucun dessin, aucune sculpture, alors qu’on en a de nombreux personnages importants de l’Antiquité. On ne sait ni sa taille, ni la couleur de ses yeux ou de ses cheveux ; on n’a même aucune preuve de son existence physique, en dehors du récit évangélique, qui n’est pas une preuve en lui-même. Jésus est la Parole incarnée, là est l’essentiel : Qui me rejette et n’accueille pas mes paroles a son juge : la parole que j’ai fait entendre, c’est elle qui le jugera au dernier jour (Jn 12/48 = P 244). Sa parole est personnifiée ; elle est son être lui-même.

10      De plus, Jésus enseigne : N’appelez personne votre « Père » sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père céleste. Ne vous faites pas non plus appeler « Directeurs »: car vous n’avez qu’un Directeur, le Christ (Mt 23/09-10 = P 243). Le Chrétien n’a qu’un maître, c’est le Christ ; or le Jésus est mort il y a deux mille ans. Certes, il y a le rituel symbolique de l’eucharistie, pour le rendre présent à distance, mais le dialogue, l’enseignement et la guidance ne peuvent se produire qu’au travers de sa parole, c’est-à-dire de l’Écriture, quand elle est redevenue vivante dans le cœur du méditant. Ce point ne saurait être une simple particularité du Christianisme ; elle possède nécessairement, vu sa centralité, un caractère universel relativement à la question du rapport du maître et du disciple en spiritualité.

Le refus du sacré

1        …si tu te prosternes devant eux. Dans toutes les cultures du monde on se prosterne devant le roi et c’est à peine si l’on ose le regarder dans les yeux. Dans l’Évangile un des chefs de synagogue, nommé Jaïre, voyant Jésus, tombe à ses pieds (Mc 05/22 = P 099). Dans une parabole, un débiteur se jette aux pieds du créancier et il le supplie en disant : »Consens-moi un délai, et je te rendrai. » (Mt 18/29 = P 134). Pour un Occidental moderne, ces signes ostensiblement hiérarchiques sont insupportables ; le dogme de l’égalité démocratique est passé par là.

2        Le disciple qui se prosterne devant son maître se prosterne devant Dieu. Le maître fait fonction de symbole vivant. Le disciple peut estimer que son maître a réalisé Dieu, ou du moins que la doctrine qu’il expose est de nature divine et propre à éveiller le divin en ceux qui l’entendent. Jamais il ne s’agit d’adorer corporellement ou même psychiquement le maître.

3        La Bible dit du peuple incroyant qu’il a la nuque raide, chez l’homme moderne toute la colonne est désormais atteinte. Mais l’homme atteint de cette paralysie spirituelle ne réalise pas que son refus de la hiérarchie est un refus de hiéros, c’est-à-dire du sacré. En n’honorant pas la spiritualité du maître, c’est sa propre spiritualité qu’il chasse hors de son cœur. Pour l’homme non discipliné, l’atman devient comme un ennemi extérieur (BG 06/06).

4        Chez nombre de personnages influents de la modernité, le refus du sacré, hiéros, peut aller jusqu’à la haine du sacré. Si le monde vous hait, sachez que moi, il m’a pris en haine avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait son bien ; mais vous n’êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde, pour cette raison, le monde vous hait (Jn 15/19 = P 265). Le fait que le mot sanskrit ‘guru’, exact équivalent du didascalos grec de l’Évangile, ou du rabbi hébreu, soit quasiment devenu synonyme ‘d’abuseur de naïfs’ en français montre à quel point la France, qui fut une nation centrale de la Chrétienté, est passée, au niveau de ses élites, dans la trahison spirituelle pure et simple.

Le service n’est pas un bénévolat

1          Si tu te mets à leur service… La notion clé de la modernité est la concurrence. Certains économistes (Frank Knight) l’ont même qualifiée de ‘concurrence pure et parfaite’. La clé des sociétés à finalité spirituelle est le service. Dans le premier cas les hommes de même métier sont en guerre économique permanente, dans le second, se reconnaissant de la même corporation, ils s’entraident. À la limite, un système est basé sur la haine, l’autre sur l’amour. Dans une société hiérarchique traditionnelle, le brahmane doit aux hommes des basses castes son exemplarité et son enseignement non moins que ces derniers doivent le service pratique à ceux qui méditent, pensent et enseignent pour eux.

2          L’argent prétend être aujourd’hui la mesure de tout, or il y a quelque chose d’inconvenant de payer en argent un enseignement spirituel, comme s’il s’agissait d’une marchandise quelconque. C’est en servant que l’on remercie le guru et en mettant en pratique ce qu’il enseigne.

3          En modernité, la notion de bénévolat, mot qui signifie ‘de bonne volonté’, achève de fausser les choses. Jésus dit que l’ouvrier mérite son salaire serait-il de mauvaise volonté parce qu’il gagne de l’argent par son travail ? Les bénévoles qui s’engagent dans le caritatif ont besoin eux aussi d’argent pour vivre ; d’où vient-il ? Le bénévolat est le cache-sexe d’une société vouée à l’argent. Le disciple qui sert le maître, quand bien même il l’entretiendrait entièrement, ne se prend pas pour un bénévole ; il a l’impression d’offrir un service symbolique bien incapable de compenser le trésor sans prix qu’il reçoit.

Il n’y a pas de passivité en spiritualité

1        …et les interroges… Jésus dit Qui cherche trouve (Mt 07/08 = P 162). Cela implique, entre les lignes, une chose souvent oubliée : Celui qui ne cherche pas ne trouvera pas. La vérité se mérite. Elle est la récompense d’une quête, non un droit de l’homme. Un proverbe dit aussi : « Quand le disciple est prêt, le maître arrive ». Les hommes qui ont perdu la boussole, ne l’ont guère cherchée. Il est dit que dans les derniers temps (où nous sommes, bien que sans pouvoir rien dater) les maîtres n’ont plus de disciples. Ce ne sont jamais les maîtres qui manquent. Les derniers maîtres prêchent dans le désert, personne ne les interroge, la vérité n’est plus une valeur. Jésus dit du diable : quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu’il est menteur et père du mensonge (Jn 08/44 = P 147). La Gita définit l’homme spirituel comme étant conscient du fait de reconnaître l’importance de la réalisation spirituelle, et la recherche philosophique de la vérité absolue, voilà ce qu’on nomme la science ; et l’ignorance est tout ce qui va contre (BG 13/11).

2        Une différence essentielle distingue la religion de la spiritualité : le côté passif, féminin, de la religion et celui actif, viril de la spiritualité. Le religieux écoute et obéit, le spirituel questionne, dialogue et contemple. La vigueur spirituelle d’une religion se mesure à sa capacité de dialogue, en interne, avec les disciples, et à son répondant, en externe, avec le monde. Tant dans la Gita que dans l’Évangile, les réponses de Jésus ou de Krishna sont percutantes ; ce sont des éveilleurs. Arjuna, le disciple modèle de la Gita, n’est aucunement passif. Comme de nombreux personnages d’Évangile, il pose des questions, et parfois même de façon assez impérative : Par ces paroles apparemment contradictoires, tu sembles vouloir me jeter dans la confusion. Enseigne-moi sans équivoque une règle unique et précise qui me conduise au Souverain Bien (BG 03/02). Il est notable que Krishna ne prend pas ombrage de cette intervention quelque peu limite en matière de respect du maître. Au contraire, il lui répond en le qualifiant de cœur pur.

Qu’est-ce que voir la réalité ?

1        Les sages qui voient la réalité… Pour le commun des mortels, le domaine spirituel est invisible, au point que beaucoup le tiennent pour inexistant. Ce qui est ténèbres pour les êtres est, pour le sage maître de ses sens, le temps de l’éveil. Ce à quoi tous les êtres sont éveillés n’est que ténèbres pour l’être lumineux (BG 02/69). Une femme fait un cauchemar. Elle se réveille et dit à son mari : « C’était affreux, heureusement que je reviens à la réalité. » La réalité est pour elle le monde matériel. Le sage sait, au contraire, que tout objet matériel est périssable et que la réalité vraie ne peut être qu’immuable : L’illusoire est impermanent ; le réel ne cesse jamais d’être. Cette vérité est connue par ceux qui ont vu la Réalité (BG 02/16).

2        Alors comment arrive-t-on à voir la réalité ? Lorsque le yogi, mental discipliné par la pratique, atteint le samadhi (l’enstase), et qu’il perçoit le Soi-atman par le soi-ego, il est satisfait dans son propre Soi. Il éprouve alors la joie suprême, qui peut être appréhendée par l’intellect purifié, et non par les sens. Une fois ressentie cette joie, il s’établit à jamais dans la Réalité. (BG 06/20-21). Plusieurs étapes donc. Première : maîtrise des sens, pour ne pas demeurer collé à l’apparence mortelle des choses. Deuxième : engagement du mental dans la méditation, jusqu’à pénétrer au plus profond, dans le Soi, le rayon divin dans le cœur de l’homme. Troisième : Le signe alors est la joie que les événements extérieurs ne peuvent atteindre. Alors seulement quatrième : il s’établit à jamais dans la Réalité. Notons le à jamais : il s’agit d’un point de non-retour.

3        Semblablement, Jésus dit : Cessez de juger sur l’apparence-opsis ; jugez selon la justice-justesse (Jn 07/24 = P 139). Opsis signifie ‘ce qui tombe sous la vue, le visage, l’apparence’. Le profane est incarcéré dans ses sens, le spirituel les utilise mais s’en méfie beaucoup.

Pratique :

Pratique I : Dans Le gourou hindou réalisé constitue-t-il un passage obligé ? il fut expliqué que cette voie, traditionnelle et en théorie la meilleure, ne saurait être la seule, l’Écriture est toujours là, les grands enseignements des différents yogas aussi, ce qui consonne avec les paroles de Jésus affirmant que l’Esprit souffle où il veut. Seul l’Esprit est indispensable alors qu’aucune institution ne constitue une garantie absolue. Combien feront des voyages en Inde mais ne seront pas capables de lire la Bhagavad Gita un quart d’heure chaque jour.

Pratique II : Dans Le refus du sacré nous avons vu que la prosternation devant le maître choque l’égalitarisme moderne. Mais c’est ne pas comprendre que le disciple ne se prosterne pas devant le maître, mais devant ce qu’il enseigne et représente. Et surtout qu’il se prosterne devant ce que le maître déclare se trouver dans son propre cœur, l’atman, le rayon divin qui le fait exister. Qui honore la spiritualité du maître honore sa propre spiritualité (Jésus dit : Qui m’a vu a vu le père : Jn 14/09 = P 263).

Pratique III : Dans Le service n’est pas un bénévolat nous avons vu que cette notion est le cache-sexe d’une société qui n’a de valeur que l’argent. Le service est la règle ordinaire de tout homme vis-à-vis de tout autre, quelque soit sa place dans la société. Simplement chacun rend les services correspondant à ses compétences, à sa nature.

Pratique IV : Le paragraphe Il n’y a pas de passivité en spiritualité a montré que le yoga est une recherche, une quête, non un chemin balisé, ou la seule vertu exigée est l’obéissance. La mémoire y est une valeur, mais jamais au détriment de l’intelligence, du questionnement.

Pratique V : Dans Qu’est-ce que voir la réalité ? il fut exposé que les sens ne montrent que l’apparence et rarement la réalité. Il convient, premièrement, de les maîtriser, pour ne pas demeurer collé à l’apparence des choses et des êtres mortels. Deuxièmement, d’engager le mental dans la méditation, jusqu’à pénétrer au plus profond, dans le Soi, le rayon divin dans le cœur de l’homme. Troisièmement : la joie intérieure signe l’approche du centre. Quatrièmement : alors seulement, la Réalité apparaît et ce sans retour. De même Jésus dit : Cessez de juger sur l’apparence-opsis ; jugez selon la justice-justesse (Jn 07/24 = P 139). Est-ce possible de voir la réalité, comme le dit Krishna ? En tout cas Jésus le promet aussi : Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu (Mt 05/08 = P 057).

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