MORT et RENAISANCE

Bhagavad Gita 02/27 Commentaire Théorique et Méditation Opérative

MORT et RENAISANCE

Ce qui est né doit mourir et ce qui est mort doit renaître.

Inutile de s’affliger sur l’inéluctable

(Bhagavad Gita 02/27)

Théorie :

Nul ne doute que ce qui est né doit mourir. Encore que le monde moderne s’ingénie à effacer toute trace de la mort, et surtout de sa mort qui s’approche. A l’entrée de certains cimetières médiévaux était écrit : « Souviens-toi que tu es mortel. » Le christianisme identifie l’être humain au corps-mental, mortel. Ce sutra nous dit « Souviens-toi que tu es immortel », car le corps-mental n’est que l’enveloppe de l’atman qui transmigre.

Mais l’occidental est un ‘peine à croire’ et objecte : « Quelle preuve a-t-on de l’affirmation : ‘ce qui est mort doit renaître’ ? » Réponse : une preuve expérimentale et une preuve de pure intelligence spirituelle. Expérimentale : Un grand chimiste, Antoine-Laurent de Lavoisier, a posé, en 1789, que ‘Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme’, comme expression de sa ‘loi de conservation de la masse’. La Révolution, qui prétendait ‘n’avoir pas besoin de savants’, l’a guillotiné cinq ans plus tard… Il appliquait cependant ce que savaient les métaphysiciens orientaux, car Krishna affirme : Parmi les êtres vivants, je suis la conscience (BG 10/22).

La Conscience est Dieu ; chez le profane, elle est bornée à la forme qu’elle habite transitoirement mais, chez le spirituel, elle retrouve sa nature illimitée. Donc, en matière de conscience, ‘rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.’ L’expérience sensible dans son ensemble confirme cette loi de Lavoisier.

Quant au fait que notre conscience individuelle ait pu sortir de rien, laissons les hommes épris de tuer Dieu en eux cultiver cette pensée. De rien, rien ne sort. Ce qui est n’a pas pu n’être pas et ne pourra pas ne pas être. Seule la forme a un début et une fin. Quant à ceux qui s’obstinent à nier la Conscience qui les habite, ils ne la méritent pas. Ne relevez pas l’objection ; Jésus a dit Ne donnez pas des perles aux pourceaux. De même que le voyant n’a pas besoin de preuve de la lumière, l’intelligence métaphysique n’a pas à prouver sa propre existence.

Pratique :

Si vous savez que l’immortelle Conscience est en vous, et que vous n’êtes fondamentalement rien d’autre, comment pourrez-vous vous affliger sur l’inévitable mort du corps ? Seul s’afflige de la mort individuelle celui qui doute de la Conscience. Son affliction est le châtiment de son ignorance. Plus s’étendra votre conscience individuelle, par la méditation-dhyana, aux dimensions illimitées de la Conscience, moins vous souffrirez de séjourner transitoirement dans le mortel. Ne vous épuisez donc pas dans la vie mortelle, mais fusionnez la conscience dans la Conscience.

 

 

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

MORT et RENAISANCE