PAROLES FLEURIES et GRAINES CACHEES

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Bhagavad Gita 02/42 Commentaire Théorique et Méditation Opérative

PAROLES FLEURIES et GRAINES CACHEES

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Il est une parole fleurie,

dont se prévalent les hommes qui manquent de sagesse.

Ils sont attachés à la lettre du Vêda.

Ils prétendent : « Il n’y a rien au-delà »

(BG 02/42)

Théorie :

1        Tout ce que perçoivent les sens appartient au monde mortel. Les galaxies meurent, non moins que les humains, simplement à un autre rythme. Les anciens grecs avaient raison de définir notre nature comme étant celle des mortels. Un athée objectera : « Nous ne connaissons que cela », mais justement non. Tout est fini dans l’homme et il possède pourtant le sens de l’infini ; tout est mortel et il se soucie de l’après. Là se situe la frontière entre l’humain et l’animal, et non pas dans l’usage des outils ou la complexité cérébrale.

2        C’est une blague de ‘scientifique’ de parler de ‘cimetière des éléphants’, au prétexte qu’ils viennent mourir au même endroit et parfois manipulent les os de leurs défunts. ‘Cimetière’ signifie ‘dortoir’ et qui montrera un éléphant chrétien qui croit devoir ressusciter, ou hindou qui s’attend à transmigrer ? Nous sommes bien une conscience immortelle dans un corps mortel. Ce qu’on nomme spiritualité -mot aujourd’hui employé en dépit du bon sens- est précisément la conscience de l’immortel dans le mortel, et la volonté de dégager le diamant de l’immortel de sa gangue putrescible.

3        Or notre langage, de même que nos structures de pensée, sont entièrement façonnés par la vie mortelle. Force est donc d’utiliser un langage analogique et symbolique pour évoquer la dimension spirituelle de l’être. En cela consiste la sagesse : premièrement l’entendement symbolique des enseignements lus dans la révélation, deuxièmement, la compréhension, non moins symbolique, des choses perçues dans le monde. Les hommes attachés à la lettre du Vêda, ou autre texte sacré, cueillent les fleurs d’une tradition spirituelle (sa forme culturelle ou cultuelle), sans jamais aller jusqu’à la fécondation spirituelle porteuse de fruits intérieurs.

4        Ils prétendent : « Il n’y a rien au-delà ». Non seulement ils se contentent du sens littéral, mais ils cherchent à priver autrui d’un entendement plus profond. Toutes les Ecritures sacrées veillent à s’orner de contradictions suffisamment énormes pour que le sens littéral seul ne soit pas entièrement tenable. Les intelligences d’orgueil, refusant la transcendance, concluent par le rejet du message. Les intelligences profondes découvrent l’art subtil du symbolisme.

5        Un des traits révélateurs de la fin des temps se situe dans la distorsion des notions intellectuelles, et donc des mots pour les exprimer. Dans le monde chrétien, on qualifie de ‘fondamentalistes’ ceux qui se cramponnent à la lettre des Ecritures ; or c’est précisément ‘au fond’ qu’ils ne parviennent pas. On les décore aussi improprement du terme ‘d’intégristes’ alors que leur enseignement est bien loin d’être ‘intégral’, puisque l’ésotérisme, qui est l’essentiel, lui manque.

6        Un autre piège se présente alors aux esprits dualistes : pour éviter de s’accrocher à la lettre de leur révélation, ils la négligent ; et plongent ‘progressivement’ dans une civilisation laïque, mot pudique pour dire ‘athée en pratique’. L’ésotérisme est au-delà de l’Ecriture littérale ; non sans elle. Le profane est en-deçà ; et l’on se retrouve vite au cimetière des éléphants.

Pratique :

1        Le premier point de la pratique consiste à lire les Ecritures. « Lesquelles ?» demandera l’adepte du commerce numérique qui les vend toutes. Déjà celles de sa culture et religion natives, car on ne naît pas sans raison karmique en tel lieu et à telle époque. Ensuite, s’il se sent l’étoffe de dépasser l’esprit de clocher, les Ecritures d’autres traditions. En évitant le piège des traditions mortes, car leur mort est précisément le signe de leur dangerosité et de leur incomplétude.

2        Pour un occidental, il est sage de privilégier les Ecritures orientales, qui sont plus clairement non-dualistes que les abrahamiques. Et particulièrement les Ecritures hindoues, car leur structure indo-européenne nous les rend plus aisément assimilables, outre qu’elles n’ont pas d’équivalent qualitatif dans l’état actuel du monde culturel. La Bhagavad Gita en représente le joyau, par sa capacité de synthèse de tous les points de vue orientaux.

Ultimement, la mémorisation et son entretien permanent assurent, dans toutes les traditions spirituelles, l’assimilation de la révélation. Car il n’est qu’une révélation, sous diverses formes complémentaires. Les religions sont évoluantes et multiples ; l’Esprit est Un, et immortel.

 

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