Le FEU, le MIROIR et le FŒTUS
Comme le feu est voilé par la fumée, le miroir terni par les taches, le fœtus enveloppé par des membranes, ceci (notre sagesse) est voilée par cela (le désir ou la colère). La conscience pure de l’être est ainsi voilée par cet ennemi permanent du sage qu’est le désir, insatiable et brillant comme le feu.
(BG 03/38-39)
Théorie :
1 Comme le feu est voilé par la fumée. Le feu et sa maitrise constituent l’une des zones frontières entre l’animalité et l’humanité. Et ceci, même si l’on n’adhère pas à la mythologie darwinienne. De plus la symbolique du feu permet à l’homme d’iconiser amour (chaleur) et connaissance (lumière). La splendeur du soleil…celle qui reluit aussi dans la lune et le feu, sache que c’est ma splendeur (BG 15/12). Mais, s’il n’y a pas ‘de fumée sans feu’, on ne rencontre pas non plus de feu sans fumée. Personne ne doit abandonner le devoir pour lequel il est né…même quand il semble uni au mal : car toutes les œuvres sont enveloppées par le mal, comme le feu par la fumée (BG 18/48). Il n’y a de spiritualité pure qu’au-delà du mortel. Cela (Brahman) est la lumière de toutes les lumières, brillant par-delà les ténèbres (BG 13/17).
2 Semblablement, le miroir est terni par les taches. Le miroir, invention humaine et magique par excellence, ne se rencontre point dans la nature. Il permet, au moins au niveau physique, de répondre à la question que seul les hommes initiés se posent : « Qui suis-je ? » au-delà de mes sensations, désirs et émotions. Le miroir symbolise la quête de soi. Quête dangereuse comme le montre le mythe grec de Narcisse, à propos de ceux qui s’en tiennent à la surface apparente des choses.
3 Voici que Krishna, comme il arrive à Jésus, accumule les paraboles, pourquoi ? Une parabole est une histoire tissée de symboles. Un symbole est un objet du monde humain illustrant une vérité supra-humaine (ex : ‘Dieu’ est le ‘soleil’ de notre vie). Mais tout symbole étant d’un ordre inférieur à ce qu’il symbolise présente nécessairement quelque défaut. Par exemple, un père a un fils, qui est une autre personne que lui-même, pourtant quand on dit que ‘Jésus est fils de Dieu’, et quand il le dit lui-même (Jn 10/36 = P 185), cela n’implique pas que Jésus est un autre Dieu que Dieu, sinon il y aurait plusieurs Dieu et Dieu ne serait pas l’Unique.
4 On note pourtant que la théologie de la Sainte Trinité chrétienne enseigne qu’il y a trois personnes divines (Père, Fils, Saint-Esprit). La raison en est que les concepteurs de cette théorie et ceux qui y adhèrent prennent le symbole en partie à la lettre. A proprement parler, prendre la statue pour le Dieu ou le symbole pour le symbolisé est ce qui définit l’idolâtrie. La spiritualité, dans sa rigueur métaphysique, en est exempte, mais toute religion comporte une part plus ou moins grande d’idolâtrie. La religion constitue l’intermédiaire entre le profane intégral -qui ne perçoit que la matière mortelle- et la spiritualité pure.
5 Tout symbole ayant une limite, quelle est la limite du précédent symbolisme du feu et de la fumée ? Un feu, si sa température est assez grande, peut consumer toute matière terrestre, même les roches. Si la température n’est pas assez élevée, il reste des cendres, dont une partie, emportée par le mouvement d’air suscité par le feu, constitue la fumée. Mais le feu divin, dont la température est infinie, ne laisse pas de cendres, aucun résidu lors du pralaya, la consommation des mondes en fin de cycle.
6 De tes langues de feu, tu lèches de toutes parts et dévores l’ensemble des mondes. Tes rayons brulants, embrasent l’univers entier de leur ardent éclat, ô Vishnu ! (BG 11/30) et aussi : Ainsi en sera-t-il à l’achèvement de l’ère-aiôn : les anges se présenteront et sépareront les méchants d’entre les juste et ils les jetteront dans la fournaise de feu (Mt 13/49-50 = P 095). La limite du symbole est donc que le feu terrestre est caché par la fumée, mais non le feu divin, que rien ne saurait occulter.
7 Dieu est connaissance et but de la connaissance (lumière). Dieu est amour, et but souvent inconscient de tout amour (chaleur). Le feu est lié à l’extériorité qu’on ne saurait voir sans lui, qu’il s’agisse du feu du soleil pendant le jour ou de celui de la bougie pendant la nuit. Donc le feu symbolise l’extérieur et l’extérieur absolu qui n’est autre que la transcendance. Le symbole du miroir est en rapport avec l’immanence. Se regarder dans le miroir, c’est s’engager dans le ‘Connais-toi toi-même’ que portait sur son fronton le temple de Delphes et que recommandait Socrate, d’après les dialogues de son disciple Platon. Une complémentarité, qui est celle du macrocosme et du microcosme, se retrouve dans le rapprochement de ces deux symboles du feu et du miroir.
8 Le fœtus enveloppé par des membranes. Krishna ajoute un troisième symbole. Que dit-il de plus ? Le premier dit : ‘Difficile de connaitre Dieu, Soleil, occulté par la fumée de notre monde’. Le deuxième dit : ‘Difficile de se connaître soi-même, à cause des taches sur le miroir du mental, qui cachent l’image de Dieu que nous sommes, selon la Genèse (Gn 1). Le fœtus enveloppé par les membranes évoque la théorie hindoue des ‘koshas’ (précisément des ‘enveloppes’). Une part de moi devient jiva (être individualisé), dans le monde des vivants, elle est immortelle, et réside en prakriti (la Nature). Elle attire les six sens, dont l’organe interne (le mental) (BG 15/07).
9 Les Koshas sont : le corps matériel, anamayakosha (l’enveloppe, kosha, illusoire, maya, faite de nourriture, ana) ; pranamayakosha (énergie) ; manomayakosha (mental) ; vijnanamayakosha (intellect) ; anandamayakosha (béatitude). Ce troisième symbole, préparé par les deux précédents, détaille les étapes de la plongée intériorisante en quoi consiste la méditation. Il s’agit, pour la conscience, de dépasser la fascination des sensations (ana), de l’action et de son agitation énergétique (prana), de la pensée (manas), de la curiosité intellectuelle pour les milles choses du monde (vijnana), et même de la béatitude que certains états intérieurs procurent, pour se dépouiller de toute singularité individuelle et se fondre dans Brahman,le Principe absolu (BG 18/53).
10 Ceci (notre sagesse) est voilée par cela (le désir ou la colère). La sagesse consiste à connaître, au moins théoriquement, les enveloppes (koshas) qui habillent et enferment l’être immortel que nous sommes fondamentalement (l’atman). Mais le désir et la colère, que nous avons envisagés au précédent sutra, voilent la sagesse et peuvent même l’étouffer complètement (BG 16/09 et 16/21). La conscience pure de l’être est ainsi voilée par cet ennemi permanent du sage qu’est le désir. La conscience pure de l’être (individuel) est aussi bien la pure conscience de l’Être (divin et unique). En effet, une fois dépouillé des koshas, l’être individuel se révèle être Dieu dans sa propre création : Je suis le Soi (atman), siégeant dans le cœur de tous les êtres. Je suis le début, le milieu et aussi la fin de toutes les créatures (BG 10/20).
11 Krishna offrant une précision sur la nature du désir : Le désir, insatiable et brillant comme le feu présente un trait caractéristique de la pensée non-dualiste. En effet le feu, lumière-connaissance et chaleur-amour, symbolise le divin, et voici que le désir, qui sera bientôt qualifié de démoniaque (BG 03/41), se met à briller comme le feu-Dieu. Derrière cette curieuse identité se cache une méthode spirituelle. Il ne s’agit pas de rejeter le désir (pour le mettre où ?). Il convient de fusionner tout désir particulier dans l’unique désir de l’Unique. Et c’est là que l’on retrouve la devise des fameuses ‘Tapisseries de la Dame à la Licorne’ : « À mon seul désir », qui est évidemment le désir de l’Un. L’Europe aussi avait son ésotérisme… avant que la modernité ne l’efface (BG 04/07).
Pratique :
1 Pratique I : Le feu est voilé par la fumée illustre une vision profane et même profanante du monde. Quand l’homme sait lire les symboles, il contemple l’auteur derrière l’œuvre. Le monde ne lui cache plus Dieu, mais comme disent les Hindous, le monde devient manifestation de Dieu.
2 Pratique II : Le miroir terni par les taches, débouche sur une autre pratique, méditative. Le mental est un miroir, qui fournit une image du monde en synthétisant les perceptions des cinq sens. C’est pourquoi le yoga le nomme le sens interne, le décodeur des cinq sens (BG 15/07). Mais ce sens interne, tourné vers l’extérieur à travers les sens, peut se convertir (metanoïa : Mt 04/17 = P 038) en se tournant vers l’intérieur, en direction de l’atman, du Soi. Alors, toute sensation, élément de mémoire ou imagination doivent être astiquées de même qu’une tache pour distinguer le Soi en soi (BG 06/20).
3 Pratique III : Le fœtus enveloppé par des membranes suggère bien que la dimension spirituelle de l’humain en début de parcours n’en est qu’au stade prénatal. C’est pourquoi le disciple apparait comme un deux fois né (BG 01/07 + 17/14 ; Nicodème : Jn 03/04 = P 030). La réception de la doctrine spirituelle, la discipline qui fait le disciple et éventuellement le rite correspondant constituent la seconde naissance.
4 Pratique IV : Que la conscience pure de l’Être ne soit plus voilée par les préoccupations de la vie psycho-corporelle, tel est but de cet enseignement.
5 Pratique V : Quant à l’ennemi du désir, qui est un feu brûlant, tu ne pourras le dominer qu’en le plongeant dans un feu plus grand : le feu de Dieu. Ne fuis pas le désir et ne te limite pas au désir ; fais-en un rite, un chemin vers l’Unique.
Le FEU, le MIROIR et le FŒTUS
Le FEU, le MIROIR et le FŒTUS
Le FEU, le MIROIR et le FŒTUS
Comme le feu est voilé par la fumée, le miroir terni par les taches, le fœtus enveloppé par des membranes, ceci (notre sagesse) est voilée par cela (le désir ou la colère). La conscience pure de l’être est ainsi voilée par cet ennemi permanent du sage qu’est le désir, insatiable et brillant comme le feu.
(BG 03/38-39)
Théorie :
1 Comme le feu est voilé par la fumée. Le feu et sa maitrise constituent l’une des zones frontières entre l’animalité et l’humanité. Et ceci, même si l’on n’adhère pas à la mythologie darwinienne. De plus la symbolique du feu permet à l’homme d’iconiser amour (chaleur) et connaissance (lumière). La splendeur du soleil…celle qui reluit aussi dans la lune et le feu, sache que c’est ma splendeur (BG 15/12). Mais, s’il n’y a pas ‘de fumée sans feu’, on ne rencontre pas non plus de feu sans fumée. Personne ne doit abandonner le devoir pour lequel il est né…même quand il semble uni au mal : car toutes les œuvres sont enveloppées par le mal, comme le feu par la fumée (BG 18/48). Il n’y a de spiritualité pure qu’au-delà du mortel. Cela (Brahman) est la lumière de toutes les lumières, brillant par-delà les ténèbres (BG 13/17).
2 Semblablement, le miroir est terni par les taches. Le miroir, invention humaine et magique par excellence, ne se rencontre point dans la nature. Il permet, au moins au niveau physique, de répondre à la question que seul les hommes initiés se posent : « Qui suis-je ? » au-delà de mes sensations, désirs et émotions. Le miroir symbolise la quête de soi. Quête dangereuse comme le montre le mythe grec de Narcisse, à propos de ceux qui s’en tiennent à la surface apparente des choses.
3 Voici que Krishna, comme il arrive à Jésus, accumule les paraboles, pourquoi ? Une parabole est une histoire tissée de symboles. Un symbole est un objet du monde humain illustrant une vérité supra-humaine (ex : ‘Dieu’ est le ‘soleil’ de notre vie). Mais tout symbole étant d’un ordre inférieur à ce qu’il symbolise présente nécessairement quelque défaut. Par exemple, un père a un fils, qui est une autre personne que lui-même, pourtant quand on dit que ‘Jésus est fils de Dieu’, et quand il le dit lui-même (Jn 10/36 = P 185), cela n’implique pas que Jésus est un autre Dieu que Dieu, sinon il y aurait plusieurs Dieu et Dieu ne serait pas l’Unique.
4 On note pourtant que la théologie de la Sainte Trinité chrétienne enseigne qu’il y a trois personnes divines (Père, Fils, Saint-Esprit). La raison en est que les concepteurs de cette théorie et ceux qui y adhèrent prennent le symbole en partie à la lettre. A proprement parler, prendre la statue pour le Dieu ou le symbole pour le symbolisé est ce qui définit l’idolâtrie. La spiritualité, dans sa rigueur métaphysique, en est exempte, mais toute religion comporte une part plus ou moins grande d’idolâtrie. La religion constitue l’intermédiaire entre le profane intégral -qui ne perçoit que la matière mortelle- et la spiritualité pure.
5 Tout symbole ayant une limite, quelle est la limite du précédent symbolisme du feu et de la fumée ? Un feu, si sa température est assez grande, peut consumer toute matière terrestre, même les roches. Si la température n’est pas assez élevée, il reste des cendres, dont une partie, emportée par le mouvement d’air suscité par le feu, constitue la fumée. Mais le feu divin, dont la température est infinie, ne laisse pas de cendres, aucun résidu lors du pralaya, la consommation des mondes en fin de cycle.
6 De tes langues de feu, tu lèches de toutes parts et dévores l’ensemble des mondes. Tes rayons brulants, embrasent l’univers entier de leur ardent éclat, ô Vishnu ! (BG 11/30) et aussi : Ainsi en sera-t-il à l’achèvement de l’ère-aiôn : les anges se présenteront et sépareront les méchants d’entre les juste et ils les jetteront dans la fournaise de feu (Mt 13/49-50 = P 095). La limite du symbole est donc que le feu terrestre est caché par la fumée, mais non le feu divin, que rien ne saurait occulter.
7 Dieu est connaissance et but de la connaissance (lumière). Dieu est amour, et but souvent inconscient de tout amour (chaleur). Le feu est lié à l’extériorité qu’on ne saurait voir sans lui, qu’il s’agisse du feu du soleil pendant le jour ou de celui de la bougie pendant la nuit. Donc le feu symbolise l’extérieur et l’extérieur absolu qui n’est autre que la transcendance. Le symbole du miroir est en rapport avec l’immanence. Se regarder dans le miroir, c’est s’engager dans le ‘Connais-toi toi-même’ que portait sur son fronton le temple de Delphes et que recommandait Socrate, d’après les dialogues de son disciple Platon. Une complémentarité, qui est celle du macrocosme et du microcosme, se retrouve dans le rapprochement de ces deux symboles du feu et du miroir.
8 Le fœtus enveloppé par des membranes. Krishna ajoute un troisième symbole. Que dit-il de plus ? Le premier dit : ‘Difficile de connaitre Dieu, Soleil, occulté par la fumée de notre monde’. Le deuxième dit : ‘Difficile de se connaître soi-même, à cause des taches sur le miroir du mental, qui cachent l’image de Dieu que nous sommes, selon la Genèse (Gn 1). Le fœtus enveloppé par les membranes évoque la théorie hindoue des ‘koshas’ (précisément des ‘enveloppes’). Une part de moi devient jiva (être individualisé), dans le monde des vivants, elle est immortelle, et réside en prakriti (la Nature). Elle attire les six sens, dont l’organe interne (le mental) (BG 15/07).
9 Les Koshas sont : le corps matériel, anamayakosha (l’enveloppe, kosha, illusoire, maya, faite de nourriture, ana) ; pranamayakosha (énergie) ; manomayakosha (mental) ; vijnanamayakosha (intellect) ; anandamayakosha (béatitude). Ce troisième symbole, préparé par les deux précédents, détaille les étapes de la plongée intériorisante en quoi consiste la méditation. Il s’agit, pour la conscience, de dépasser la fascination des sensations (ana), de l’action et de son agitation énergétique (prana), de la pensée (manas), de la curiosité intellectuelle pour les milles choses du monde (vijnana), et même de la béatitude que certains états intérieurs procurent, pour se dépouiller de toute singularité individuelle et se fondre dans Brahman,le Principe absolu (BG 18/53).
10 Ceci (notre sagesse) est voilée par cela (le désir ou la colère). La sagesse consiste à connaître, au moins théoriquement, les enveloppes (koshas) qui habillent et enferment l’être immortel que nous sommes fondamentalement (l’atman). Mais le désir et la colère, que nous avons envisagés au précédent sutra, voilent la sagesse et peuvent même l’étouffer complètement (BG 16/09 et 16/21). La conscience pure de l’être est ainsi voilée par cet ennemi permanent du sage qu’est le désir. La conscience pure de l’être (individuel) est aussi bien la pure conscience de l’Être (divin et unique). En effet, une fois dépouillé des koshas, l’être individuel se révèle être Dieu dans sa propre création : Je suis le Soi (atman), siégeant dans le cœur de tous les êtres. Je suis le début, le milieu et aussi la fin de toutes les créatures (BG 10/20).
11 Krishna offrant une précision sur la nature du désir : Le désir, insatiable et brillant comme le feu présente un trait caractéristique de la pensée non-dualiste. En effet le feu, lumière-connaissance et chaleur-amour, symbolise le divin, et voici que le désir, qui sera bientôt qualifié de démoniaque (BG 03/41), se met à briller comme le feu-Dieu. Derrière cette curieuse identité se cache une méthode spirituelle. Il ne s’agit pas de rejeter le désir (pour le mettre où ?). Il convient de fusionner tout désir particulier dans l’unique désir de l’Unique. Et c’est là que l’on retrouve la devise des fameuses ‘Tapisseries de la Dame à la Licorne’ : « À mon seul désir », qui est évidemment le désir de l’Un. L’Europe aussi avait son ésotérisme… avant que la modernité ne l’efface (BG 04/07).
Pratique :
1 Pratique I : Le feu est voilé par la fumée illustre une vision profane et même profanante du monde. Quand l’homme sait lire les symboles, il contemple l’auteur derrière l’œuvre. Le monde ne lui cache plus Dieu, mais comme disent les Hindous, le monde devient manifestation de Dieu.
2 Pratique II : Le miroir terni par les taches, débouche sur une autre pratique, méditative. Le mental est un miroir, qui fournit une image du monde en synthétisant les perceptions des cinq sens. C’est pourquoi le yoga le nomme le sens interne, le décodeur des cinq sens (BG 15/07). Mais ce sens interne, tourné vers l’extérieur à travers les sens, peut se convertir (metanoïa : Mt 04/17 = P 038) en se tournant vers l’intérieur, en direction de l’atman, du Soi. Alors, toute sensation, élément de mémoire ou imagination doivent être astiquées de même qu’une tache pour distinguer le Soi en soi (BG 06/20).
3 Pratique III : Le fœtus enveloppé par des membranes suggère bien que la dimension spirituelle de l’humain en début de parcours n’en est qu’au stade prénatal. C’est pourquoi le disciple apparait comme un deux fois né (BG 01/07 + 17/14 ; Nicodème : Jn 03/04 = P 030). La réception de la doctrine spirituelle, la discipline qui fait le disciple et éventuellement le rite correspondant constituent la seconde naissance.
4 Pratique IV : Que la conscience pure de l’Être ne soit plus voilée par les préoccupations de la vie psycho-corporelle, tel est but de cet enseignement.
5 Pratique V : Quant à l’ennemi du désir, qui est un feu brûlant, tu ne pourras le dominer qu’en le plongeant dans un feu plus grand : le feu de Dieu. Ne fuis pas le désir et ne te limite pas au désir ; fais-en un rite, un chemin vers l’Unique.
Le FEU, le MIROIR et le FŒTUS