PUISSANCE HUMAINE et DON du CIEL
Jean déclare : »Un homme ne peut rien recevoir,
si cela ne lui a été donné du ciel
(Jn 03/27 = P 032)
Théorie :
1 Jean le Baptiste attire les foules ; il annonce Jésus. Quand Jésus se manifeste et obtient lui aussi du succès, les disciples du Baptiste sont jaloux de ce concurrent. C’est humain. Jean leur fait la réponse citée. Sauf que la traduction est quasi impossible, car le grec lambanein signifie à la fois ‘saisir et recevoir’. En français, ces mots sont presque contraires : ‘Soit, je prends à toi, soit, je reçois de toi’.
2 La formulation s’avère bizarre, en double négation. Cela revient à dire : « Un homme peut saisir ou recevoir quelque chose, si cela lui a été donné du ciel ; et à cette condition seule. » Autrement dit : rien n’arrive que Dieu ne veuille (recevoir) ou ne permette (prendre). Les Anciens, de toute races ou cultures, n’auraient pas été étonnés de cela ; une évidence pour eux : Dieu décide de tout. Un moderne tentera quand même : « Est-il impossible qu’un homme entreprenne quelque chose de lui-même ? Ou sommes-nous de pures marionnettes dont Dieu tire les ficelles ? »
3 Si une chose est donnée du ciel et que l’homme ne la saisit pas, il passe à côté. Si le don du ciel est la condition sine qua non de toute réussite humaine, l’œuvre de l’homme est la condition seconde, souvent indispensable. Sinon, nous ne serions pas des êtres, mais des choses… si tant est qu’il existe des choses qui ne soient pas des êtres, vues à une certaine échelle. Le degré de participation libre autorisée aux êtres est différent pour chacun. Il est évident que la liberté d’un animal, verrouillé dans l’instinct, est infime par rapport à celle d’un humain. Mais comment ne pas voir que les humains sont loin d’avoir tous le même degré de liberté intérieure par rapport aux événements qu’ils subissent ?
4 Cette parole d’Evangile, dite par le dernier prophète du judaïsme, est doctrinalement cadrée par la théologie judéo-chrétienne. Qu’un homme reçoive du bien ou du mal, tout lui vient directement du ciel, ce qui pose évidemment le problème de la justice divine. Celui qui naît difforme et malaimé ne le devrait qu’à Dieu : au ‘Bon Dieu’ ? Comment un oriental exprimerait-il cela ? « Un homme ne peut rien recevoir, ou prendre, que ne lui permette son karma. » Certes, à l’origine du monde, tout vient de Dieu, cependant l’exercice cyclique de la liberté humaine peut endommager le décor.
5 La Gita dit bien, comme la Bible : Je suis à la fois le surgissement et la résorption de l’univers entier (BG 07/06). Mais elle précise aussi : Mieux vaut accomplir son devoir propre (sva-dharma), même s’il est sans mérite, ou de manière imparfaite, qu’accomplir, même parfaitement, celui d’autrui. Mieux vaut périr dans l’accomplissement de son devoir propre, car assurer le devoir d’une autre condition est lourd de danger (BG 03/35). En effet la condition en question résulte des choix existentiels opérés par l’être antérieurement à sa présente naissance.
6 Cela compris, reste le problème, pour un humain particulier, de savoir quels spiritualité, religion, métier, union conjugale etc. le ciel lui a donné de pouvoir prendre, choisir ou recevoir ? Dans les anciennes cultures, nombre de sciences traditionnelles mettaient en relation la nature d’un être (morphopsychologie, astrologie, graphologie, etc.) et la vocation pour laquelle il semblait configuré. Aujourd’hui, ces sciences sont plus ou moins oubliées ou, pire, charlatanisées. L’intuition de chacun demeure cependant : ‘Aide-toi, le ciel t’aidera’.
Pratique :
1 La mise en pratique du précepte n’est pas seulement négative. Certes, négativement, il invite à ne pas prétendre vivre un destin pour lequel nous ne sommes pas nés. Ses disciples invitaient le Baptiste à jouer au messie ; il s’est sagement abstenu de les satisfaire. Une grande part de la souffrance humaine vient de l’envie, de la jalousie, ou des tentatives éreintantes d’endosser un costume pour lequel on n’a pas les épaules.
2 Le sens opératif le plus important de cette formule demeure, positivement, que tout homme spirituel se doit d’accueillir et saisir pleinement tout ce qui lui a été donné du ciel. Et cela rejoint la parabole des talents (Mt 25/14 = P 227). Ne te compare pas démocratiquement au voisin ; il n’est ton égal en rien. Fais fructifier pleinement tous les talents qui te sont donnés, qu’ils soient ou non dans l’air du temps. Il n’est point d’être à qui le ciel ne donne beaucoup. Sinon, pourquoi l’acte créateur serait-il infini ?
PUISSANCE HUMAINE et DON du CIEL
PUISSANCE HUMAINE et DON du CIEL
PUISSANCE HUMAINE et DON du CIEL
Jean déclare : »Un homme ne peut rien recevoir,
si cela ne lui a été donné du ciel
(Jn 03/27 = P 032)
Théorie :
1 Jean le Baptiste attire les foules ; il annonce Jésus. Quand Jésus se manifeste et obtient lui aussi du succès, les disciples du Baptiste sont jaloux de ce concurrent. C’est humain. Jean leur fait la réponse citée. Sauf que la traduction est quasi impossible, car le grec lambanein signifie à la fois ‘saisir et recevoir’. En français, ces mots sont presque contraires : ‘Soit, je prends à toi, soit, je reçois de toi’.
2 La formulation s’avère bizarre, en double négation. Cela revient à dire : « Un homme peut saisir ou recevoir quelque chose, si cela lui a été donné du ciel ; et à cette condition seule. » Autrement dit : rien n’arrive que Dieu ne veuille (recevoir) ou ne permette (prendre). Les Anciens, de toute races ou cultures, n’auraient pas été étonnés de cela ; une évidence pour eux : Dieu décide de tout. Un moderne tentera quand même : « Est-il impossible qu’un homme entreprenne quelque chose de lui-même ? Ou sommes-nous de pures marionnettes dont Dieu tire les ficelles ? »
3 Si une chose est donnée du ciel et que l’homme ne la saisit pas, il passe à côté. Si le don du ciel est la condition sine qua non de toute réussite humaine, l’œuvre de l’homme est la condition seconde, souvent indispensable. Sinon, nous ne serions pas des êtres, mais des choses… si tant est qu’il existe des choses qui ne soient pas des êtres, vues à une certaine échelle. Le degré de participation libre autorisée aux êtres est différent pour chacun. Il est évident que la liberté d’un animal, verrouillé dans l’instinct, est infime par rapport à celle d’un humain. Mais comment ne pas voir que les humains sont loin d’avoir tous le même degré de liberté intérieure par rapport aux événements qu’ils subissent ?
4 Cette parole d’Evangile, dite par le dernier prophète du judaïsme, est doctrinalement cadrée par la théologie judéo-chrétienne. Qu’un homme reçoive du bien ou du mal, tout lui vient directement du ciel, ce qui pose évidemment le problème de la justice divine. Celui qui naît difforme et malaimé ne le devrait qu’à Dieu : au ‘Bon Dieu’ ? Comment un oriental exprimerait-il cela ? « Un homme ne peut rien recevoir, ou prendre, que ne lui permette son karma. » Certes, à l’origine du monde, tout vient de Dieu, cependant l’exercice cyclique de la liberté humaine peut endommager le décor.
5 La Gita dit bien, comme la Bible : Je suis à la fois le surgissement et la résorption de l’univers entier (BG 07/06). Mais elle précise aussi : Mieux vaut accomplir son devoir propre (sva-dharma), même s’il est sans mérite, ou de manière imparfaite, qu’accomplir, même parfaitement, celui d’autrui. Mieux vaut périr dans l’accomplissement de son devoir propre, car assurer le devoir d’une autre condition est lourd de danger (BG 03/35). En effet la condition en question résulte des choix existentiels opérés par l’être antérieurement à sa présente naissance.
6 Cela compris, reste le problème, pour un humain particulier, de savoir quels spiritualité, religion, métier, union conjugale etc. le ciel lui a donné de pouvoir prendre, choisir ou recevoir ? Dans les anciennes cultures, nombre de sciences traditionnelles mettaient en relation la nature d’un être (morphopsychologie, astrologie, graphologie, etc.) et la vocation pour laquelle il semblait configuré. Aujourd’hui, ces sciences sont plus ou moins oubliées ou, pire, charlatanisées. L’intuition de chacun demeure cependant : ‘Aide-toi, le ciel t’aidera’.
Pratique :
1 La mise en pratique du précepte n’est pas seulement négative. Certes, négativement, il invite à ne pas prétendre vivre un destin pour lequel nous ne sommes pas nés. Ses disciples invitaient le Baptiste à jouer au messie ; il s’est sagement abstenu de les satisfaire. Une grande part de la souffrance humaine vient de l’envie, de la jalousie, ou des tentatives éreintantes d’endosser un costume pour lequel on n’a pas les épaules.
2 Le sens opératif le plus important de cette formule demeure, positivement, que tout homme spirituel se doit d’accueillir et saisir pleinement tout ce qui lui a été donné du ciel. Et cela rejoint la parabole des talents (Mt 25/14 = P 227). Ne te compare pas démocratiquement au voisin ; il n’est ton égal en rien. Fais fructifier pleinement tous les talents qui te sont donnés, qu’ils soient ou non dans l’air du temps. Il n’est point d’être à qui le ciel ne donne beaucoup. Sinon, pourquoi l’acte créateur serait-il infini ?
PUISSANCE HUMAINE et DON du CIEL