La COLERE et l’AFFLICTION de DIEU
Jésus les regarde à la ronde avec colère,
navré de l’endurcissement de leur cœur.
Il dit à l’homme : »Étends la main. « Il l’étend et sa main est rétablie.
(Mc 03/05 = P 052)
Théorie :
1 La Bhagavad Gita enseigne : Sache que tes ennemis ici-bas, c’est le désir et la colère qui, nés de l’aspect passionnel (rajas), sont voraces et malfaisants (BG 03/37). De même Jésus affirme : Quiconque se met en colère-orgizein contre son frère en répondra au tribunal (Mt 05/22). Alors que l’orgueilleux considère la colère comme une affirmation magistrale de son moi, le spirituel la perçoit comme une possession et donc une faiblesse. Tout cela est bien clair et voici que l’Écriture nous dit que Jésus s’est mis en colère !
2 Le mental limité aux choses bornées se contente de la logique et rejette comme invalide tout ce qui semble illogique. Il se croit ‘scientifique’ à ce titre. Mais, Dieu étant le tout, est à la fois le plus grand et le plus petit ; ceci est contradictoire et pourtant vrai. La logique ne permet pas d’atteindre la vérité ultime ; elle permet seulement de détecter la plupart des erreurs, ce qui cependant la rend éminemment précieuse. Voilà pourquoi le sage se méfie presque autant du grossier illogisme que de la prétention à la logique absolue. Pour suggérer l’absolu, l’Écriture joue souvent aux frontières de la logique.
3 Du point de vue moral, déjà : ‘La sainte colère, c’est la colère des saints’ et toi, qui te mets en colère, pour qui te prends-tu ?
4 Il convient de comprendre que la religion est faite pour le peuple. On fait un pléonasme en parlant de ‘religion populaire’. Sans oublier qu’il n’est pas de sage ou d’aristocrate qui ne soit peuple par quelque côté. La religion parle de Dieu en langage d’homme (‘de façon anthropomorphique’ disent les intellectuels). Le Dieu vu par la religion est donc sujet à la colère et à l’affliction, à l’oubli, au ressouvenir, à punir puis à pardonner etc. La Bible est remplie de cela et les mythes hindous non moins.
5 Le peuple est sensuel ; les abstractions le rebutent. Il assimile mal les ‘actions et réactions concordantes’ mais craint la colère de Dieu résultant de l’endurcissement du cœur des pécheurs. Les auteurs de l’Évangile affirment que Jésus est nativement Dieu, et le décrivent cependant avec des émotions bien humaines. Comme le dit Dostoïevski : ‘le châtiment est dans le crime’. Le fauteur, émanation de Dieu, fait du mal à autrui, autre émanation de Dieu, sans comprendre -la source étant la même- qu’il se fait du mal à lui-même (BG 13/28). Quand ce mal lui revient, il accuse une source extérieure et la nomme ‘hasard, fatalité, colère divine, injustice’ autant de masques de son ignorance.
6 Peut-être Jésus a-t-il joué la colère, comme un parent vis-à-vis d’un enfant pour poser quelques limites nécessaires à la vie en société. Mais le sage Jésus ne peut être navré ni être en colère, car il connaît ce qu’il y a dans l’homme (Jn 02/25). Ce passage traite d’un homme, dont Jésus guérit la main droite desséchée un jour de sabbat, où il est interdit de travailler, même en tant que médecin. Mais le médecin soigne, alors que Jésus guérit sans soigner. La main est organe de l’action, la droite de l’action juste, conforme à la Loi universelle. La conception rigide de la Loi et de la religion empêchait l’homme d’agir selon la Loi véritable. Jésus lutte donc contre la religion lorsqu’elle suffoque l’action juste et inspirée.
7 « Pourquoi Jésus les regarde à la ronde ? » Parce qu’il est au centre. « Pourquoi ont-ils le cœur endurci ? » Parce qu’ils n’y sont pas.
8 Notons que Jésus ne dit pas ‘Ta main est rétablie’ mais étends la main. Nul mal organique ne s’y trouvait ; seul le terrorisme des religieux bloquait l’action inspirée. L’homme devait donc se dresser contre l’oppression, face à face, courageusement. S’il n’avait pas eu cette audace, il n’aurait pas retrouvé sa main droite.
Pratique :
1 Première pratique : ne se mettre jamais en colère ; on y perdrait la force spirituelle. Deuxième pratique : ne pas craindre la colère de Dieu, mais seulement notre propre colère, qui nous reviendrait. Q : « Comment s’affranchir de la ‘crainte de Dieu’ alors que la religion en fait une vertu ? » R : En demeurant au centre, dans le cœur, car Dieu s’y trouve et seul l’Unique est bon (Mc 10/18).
2 De plus étends ta main, non pour boxer le clergé moraliste et culpabilisateur, mais pour oser l’action juste, que le cœur véritablement habité ne peut que t’inspirer.
La COLERE et l’AFFLICTION de DIEU
La COLERE et l’AFFLICTION de DIEU
La COLERE et l’AFFLICTION de DIEU
Jésus les regarde à la ronde avec colère,
navré de l’endurcissement de leur cœur.
Il dit à l’homme : »Étends la main. « Il l’étend et sa main est rétablie.
(Mc 03/05 = P 052)
Théorie :
1 La Bhagavad Gita enseigne : Sache que tes ennemis ici-bas, c’est le désir et la colère qui, nés de l’aspect passionnel (rajas), sont voraces et malfaisants (BG 03/37). De même Jésus affirme : Quiconque se met en colère-orgizein contre son frère en répondra au tribunal (Mt 05/22). Alors que l’orgueilleux considère la colère comme une affirmation magistrale de son moi, le spirituel la perçoit comme une possession et donc une faiblesse. Tout cela est bien clair et voici que l’Écriture nous dit que Jésus s’est mis en colère !
2 Le mental limité aux choses bornées se contente de la logique et rejette comme invalide tout ce qui semble illogique. Il se croit ‘scientifique’ à ce titre. Mais, Dieu étant le tout, est à la fois le plus grand et le plus petit ; ceci est contradictoire et pourtant vrai. La logique ne permet pas d’atteindre la vérité ultime ; elle permet seulement de détecter la plupart des erreurs, ce qui cependant la rend éminemment précieuse. Voilà pourquoi le sage se méfie presque autant du grossier illogisme que de la prétention à la logique absolue. Pour suggérer l’absolu, l’Écriture joue souvent aux frontières de la logique.
3 Du point de vue moral, déjà : ‘La sainte colère, c’est la colère des saints’ et toi, qui te mets en colère, pour qui te prends-tu ?
4 Il convient de comprendre que la religion est faite pour le peuple. On fait un pléonasme en parlant de ‘religion populaire’. Sans oublier qu’il n’est pas de sage ou d’aristocrate qui ne soit peuple par quelque côté. La religion parle de Dieu en langage d’homme (‘de façon anthropomorphique’ disent les intellectuels). Le Dieu vu par la religion est donc sujet à la colère et à l’affliction, à l’oubli, au ressouvenir, à punir puis à pardonner etc. La Bible est remplie de cela et les mythes hindous non moins.
5 Le peuple est sensuel ; les abstractions le rebutent. Il assimile mal les ‘actions et réactions concordantes’ mais craint la colère de Dieu résultant de l’endurcissement du cœur des pécheurs. Les auteurs de l’Évangile affirment que Jésus est nativement Dieu, et le décrivent cependant avec des émotions bien humaines. Comme le dit Dostoïevski : ‘le châtiment est dans le crime’. Le fauteur, émanation de Dieu, fait du mal à autrui, autre émanation de Dieu, sans comprendre -la source étant la même- qu’il se fait du mal à lui-même (BG 13/28). Quand ce mal lui revient, il accuse une source extérieure et la nomme ‘hasard, fatalité, colère divine, injustice’ autant de masques de son ignorance.
6 Peut-être Jésus a-t-il joué la colère, comme un parent vis-à-vis d’un enfant pour poser quelques limites nécessaires à la vie en société. Mais le sage Jésus ne peut être navré ni être en colère, car il connaît ce qu’il y a dans l’homme (Jn 02/25). Ce passage traite d’un homme, dont Jésus guérit la main droite desséchée un jour de sabbat, où il est interdit de travailler, même en tant que médecin. Mais le médecin soigne, alors que Jésus guérit sans soigner. La main est organe de l’action, la droite de l’action juste, conforme à la Loi universelle. La conception rigide de la Loi et de la religion empêchait l’homme d’agir selon la Loi véritable. Jésus lutte donc contre la religion lorsqu’elle suffoque l’action juste et inspirée.
7 « Pourquoi Jésus les regarde à la ronde ? » Parce qu’il est au centre. « Pourquoi ont-ils le cœur endurci ? » Parce qu’ils n’y sont pas.
8 Notons que Jésus ne dit pas ‘Ta main est rétablie’ mais étends la main. Nul mal organique ne s’y trouvait ; seul le terrorisme des religieux bloquait l’action inspirée. L’homme devait donc se dresser contre l’oppression, face à face, courageusement. S’il n’avait pas eu cette audace, il n’aurait pas retrouvé sa main droite.
Pratique :
1 Première pratique : ne se mettre jamais en colère ; on y perdrait la force spirituelle. Deuxième pratique : ne pas craindre la colère de Dieu, mais seulement notre propre colère, qui nous reviendrait. Q : « Comment s’affranchir de la ‘crainte de Dieu’ alors que la religion en fait une vertu ? » R : En demeurant au centre, dans le cœur, car Dieu s’y trouve et seul l’Unique est bon (Mc 10/18).
2 De plus étends ta main, non pour boxer le clergé moraliste et culpabilisateur, mais pour oser l’action juste, que le cœur véritablement habité ne peut que t’inspirer.
La COLERE et l’AFFLICTION de DIEU