HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE
À quoi comparerai-je cette génération-race-genea ? Elle ressemble à des enfants assis dans les places, qui en interpellent d’autres en disant : ‘Nous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé ! Nous nous sommes lamentés et vous ne vous êtes pas battu la poitrine !’ Car Jean Baptiste survint, s’abstenant de manger et de boire, et ils disent : ‘Il est possédé du démon !’ Le fils de l’homme survient, mangeant et buvant, et ils disent : ‘Voici un homme glouton et buveur de vin, ami des publicains et des pécheurs !’ Et la sagesse divine a été justifiée d’après ses œuvres.
(Mt 11/16-19 = P 079)
Théorie :
1 Jésus vante souvent l’enfance spirituelle, qui est celle du bébé, fusionnel avec sa mère ; ainsi souhait-t-il les disciples en non-distinction avec Dieu (Jn 17/21 = P 267). Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant, n’y entrera pas (Mc 10/15 = P 215). Les enfants de ce passage sont plutôt des adolescents mal embouchés : quoi que l’on fasse, ils n’y voient que du mal. À eux s’appliquent la devise : ‘Honni soit qui mal y pense’. Ils accusent chacun de manque d’empathie (pas dansé) ou de compassion (pas battu la poitrine), sans comprendre que chacun a sa vocation. Le Baptiste la sienne, Jésus la sienne.
2 À quoi comparerai-je cette génération-race-genea. Jésus ne parle pas seulement des juifs (sa propre race), qui seraient, selon certains, la pire race de la terre… Il évoque la succession des générations depuis le début de la présente humanité ; selon la perspective de toutes les traditions spirituelles, celle de l’érosion d’un monde originellement parfait dans son genre : Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? (Lc 18/08 = P 212). Le progressisme évolutionniste, comme tous les grands traits de la modernité, se révèle être la parodie de cet enseignement universel. Ceci étant évident puisque, dans la vie psycho-physique, tout s’use.
3 Jean-Baptiste était l’ascète purificateur du peuple ; Jésus avait mission de se mêler aux fauteurs, pour les convertir. Ce ne sont pas les gens bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs (Mc 02/17 = P 049).
4 La flûte apparait deux fois dans l’Évangile. Ici, positivement, c’est la fête, la danse, puis au cours des funérailles de la fille de Jaïre (Mt 09/23 = P 099) où Jésus jette tout le monde dehors : Pourquoi faites-vous du tumulte, et pleurez-vous ? La petite enfant-servante n’est pas morte ; elle dort (Mc 05/38 = P 099). La musique, la poésie, le chant et la danse sont les arts nomades typiques du peuple hébreux. La musique représente, dans l’Évangile l’ensemble des arts et ces deux passages en montrent l’ambivalence. Joie de la vie sur terre ou fuite des mystères de l’au-delà.
5 Et la sagesse divine a été justifiée d’après ses œuvres. Jésus affirme que la prédication et la vie du Baptiste sont justes et sages. Juste signifie conforme à la Loi (de Moïse). La sagesse désigne l’intelligence spirituelle d’un monde, sans nécessairement dépasser ce monde. Krishna distingue deux étapes : un brahmane parvenu à la sagesse et qui a réalisé le Soi (BG 02/46). La sagesse représente l’excellence dans l’humain et la réalisation du Soi, le dépassement de l’humain et l’accès à Dieu. Le Baptiste est un sage pour Jésus, mais seul Jésus dira : Le père est en moi et je suis dans le père (Jn 10/38 = P 185).
6 Que l’on aille à droite ou à gauche (Lc 06/06 = P 052), il est des gens qui s’en plaindront toujours. Jésus a connu cela lorsqu’on lui posa la question sur l’impôt à César : Est-il permis ou non de payer l’impôt à César ? oui ou non ? (Mc 12/14 = P 240). De même, lors de son procès, où il répond à la question du grand-prêtre sur sa nature divin : Si je vous le dis, vous ne croirez pas,
et si je vous interroge, vous ne répondrez pas (Lc 22/67 = P 274). Le disciple n’y échappera pas. Alors, face à l’avalanche hargneuse des critiques, le silence est d’or.
Pratique :
1 Pratique I : Les générations passent et le monde se matérialise. Le sage se concentre sur ce qui subsiste des sagesses passées, celles qui se souviennent encore de l’Unique ; il cesse de s’illusionner sur un supposé progrès de l’humanité.
2 Pratique II : Quant à ceux qui ‘pensent à mal’ dès qu’ils détectent une recherche spirituelle chez un humain, le silence du Christ à son procès enseigne comment leur répondre. Ils pourront toujours trouver, dans les ‘siècles des siècles’, une occasion de s’ouvrir eux-mêmes à l’Esprit.
HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE
HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE
HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE
À quoi comparerai-je cette génération-race-genea ? Elle ressemble à des enfants assis dans les places, qui en interpellent d’autres en disant : ‘Nous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé ! Nous nous sommes lamentés et vous ne vous êtes pas battu la poitrine !’ Car Jean Baptiste survint, s’abstenant de manger et de boire, et ils disent : ‘Il est possédé du démon !’ Le fils de l’homme survient, mangeant et buvant, et ils disent : ‘Voici un homme glouton et buveur de vin, ami des publicains et des pécheurs !’ Et la sagesse divine a été justifiée d’après ses œuvres.
(Mt 11/16-19 = P 079)
Théorie :
1 Jésus vante souvent l’enfance spirituelle, qui est celle du bébé, fusionnel avec sa mère ; ainsi souhait-t-il les disciples en non-distinction avec Dieu (Jn 17/21 = P 267). Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant, n’y entrera pas (Mc 10/15 = P 215). Les enfants de ce passage sont plutôt des adolescents mal embouchés : quoi que l’on fasse, ils n’y voient que du mal. À eux s’appliquent la devise : ‘Honni soit qui mal y pense’. Ils accusent chacun de manque d’empathie (pas dansé) ou de compassion (pas battu la poitrine), sans comprendre que chacun a sa vocation. Le Baptiste la sienne, Jésus la sienne.
2 À quoi comparerai-je cette génération-race-genea. Jésus ne parle pas seulement des juifs (sa propre race), qui seraient, selon certains, la pire race de la terre… Il évoque la succession des générations depuis le début de la présente humanité ; selon la perspective de toutes les traditions spirituelles, celle de l’érosion d’un monde originellement parfait dans son genre : Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? (Lc 18/08 = P 212). Le progressisme évolutionniste, comme tous les grands traits de la modernité, se révèle être la parodie de cet enseignement universel. Ceci étant évident puisque, dans la vie psycho-physique, tout s’use.
3 Jean-Baptiste était l’ascète purificateur du peuple ; Jésus avait mission de se mêler aux fauteurs, pour les convertir. Ce ne sont pas les gens bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs (Mc 02/17 = P 049).
4 La flûte apparait deux fois dans l’Évangile. Ici, positivement, c’est la fête, la danse, puis au cours des funérailles de la fille de Jaïre (Mt 09/23 = P 099) où Jésus jette tout le monde dehors : Pourquoi faites-vous du tumulte, et pleurez-vous ? La petite enfant-servante n’est pas morte ; elle dort (Mc 05/38 = P 099). La musique, la poésie, le chant et la danse sont les arts nomades typiques du peuple hébreux. La musique représente, dans l’Évangile l’ensemble des arts et ces deux passages en montrent l’ambivalence. Joie de la vie sur terre ou fuite des mystères de l’au-delà.
5 Et la sagesse divine a été justifiée d’après ses œuvres. Jésus affirme que la prédication et la vie du Baptiste sont justes et sages. Juste signifie conforme à la Loi (de Moïse). La sagesse désigne l’intelligence spirituelle d’un monde, sans nécessairement dépasser ce monde. Krishna distingue deux étapes : un brahmane parvenu à la sagesse et qui a réalisé le Soi (BG 02/46). La sagesse représente l’excellence dans l’humain et la réalisation du Soi, le dépassement de l’humain et l’accès à Dieu. Le Baptiste est un sage pour Jésus, mais seul Jésus dira : Le père est en moi et je suis dans le père (Jn 10/38 = P 185).
6 Que l’on aille à droite ou à gauche (Lc 06/06 = P 052), il est des gens qui s’en plaindront toujours. Jésus a connu cela lorsqu’on lui posa la question sur l’impôt à César : Est-il permis ou non de payer l’impôt à César ? oui ou non ? (Mc 12/14 = P 240). De même, lors de son procès, où il répond à la question du grand-prêtre sur sa nature divin : Si je vous le dis, vous ne croirez pas,
et si je vous interroge, vous ne répondrez pas (Lc 22/67 = P 274). Le disciple n’y échappera pas. Alors, face à l’avalanche hargneuse des critiques, le silence est d’or.
Pratique :
1 Pratique I : Les générations passent et le monde se matérialise. Le sage se concentre sur ce qui subsiste des sagesses passées, celles qui se souviennent encore de l’Unique ; il cesse de s’illusionner sur un supposé progrès de l’humanité.
2 Pratique II : Quant à ceux qui ‘pensent à mal’ dès qu’ils détectent une recherche spirituelle chez un humain, le silence du Christ à son procès enseigne comment leur répondre. Ils pourront toujours trouver, dans les ‘siècles des siècles’, une occasion de s’ouvrir eux-mêmes à l’Esprit.
HONNI SOIT QUI MAL Y PENSE