NI PANTHÉISME, NI DUALISME
L’oblation est Brahman, et pareillement l’offrande elle-même, celui qui la fait, le feu dans laquelle il la fait, tous sont Brahman.
Brahman est atteint par celui qui perçoit Brahman dans toutes les actions.
(BG 04/24)
Théorie :
De la religion dualiste au yoga non-dualiste
1 Ce sutra commence par prévenir une erreur propre à l’approche religieuse du réel. Le chrétien, en disant « Notre père, qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié… » situe Dieu au ciel, alors que lui, qui le prie, est sur la terre. Une dualité s’établit alors, que la répétition de la prière renforce. Cela constitue l’exotérisme religieux. À contrario l’ésotérisme, comme le mot l’indique, est intériorisant : il perçoit Dieu à l’intérieur de tous les êtres et non au-delà du monde. Voilà pourquoi le sutra se conclut par Brahman est atteint par celui qui perçoit Brahman dans toutes les actions (BG 04/24).
2 Dans la pratique religieuse, il s’agit de prier Dieu, pour en obtenir des grâces. La prière monte, les grâces descendent. Une sorte d’échange s’établit. Nourrissez les dieux (Deva) par les sacrifices et les dieux soutiendront votre vie. De ces échanges mutuels naîtra pour tous la prospérité (BG 03/11). Dans la pratique spirituelle, qui est ésotérique par nature, il est question de reconnaître Dieu en tout. Il ne s’agit pas de Lui demander quelque chose, mais de l’accueillir puisqu’Il est là, de se laisser habiter par Lui, de Le laisser vivre en nous, de ne plus être autre chose que Lui. Ce qu’exprime la parole du Christ : que ta volonté soit faite ! (Mt 26/42 = P 269).
L’image classique de l’offrande à Dieu est l’holocauste. Le mot signifie ‘totalement consumé par le feu’ et Dieu est censé se régaler de la bonne odeur qui monte avec la fumée du sacrifice. Mais le sutra ramène la conscience du dévot à l’ici et au maintenant. L’offrande, déjà, est Brahman, avant même de Lui être offerte ; elle est un de ses lieux de résidence. Le feu de même. Le chapitre 10 de la Bhagavad Gita détaille longuement la présence du divin dans tous les éléments de la manifestation perceptibles par l’humain (BG 10/21-38). On le trouve ainsi dans les astres, la mer, les montagnes, les animaux, les forces de la nature, les Védas, les armes, les saisons, les poésies, les qualités humaines, et même dans le hasard du jeu de dés. Ainsi la Gita qualifie le divin de forme universelle (BG 11/46).
Ni panthéisme, ni dualisme
La pensée chrétienne voit là du panthéisme, doctrine selon laquelle l’univers lui-même est Dieu. Mais la BG n’est aucunement panthéiste, car elle affirme clairement : Ces œuvres (c’est-à-dire le monde entier) ne m’enchaînent pas : je suis placé comme en dehors d’elles, et je ne suis pas dans leur dépendance (BG 09/09). La gita n’est pas panthéiste, mais elle ne rejette pas non plus le monde hors de Dieu, comme le font les religions abrahamiques toutes créationnistes, et par là dualistes. En effet, si le monde est hors de Dieu, alors Dieu n’est plus la totalité : tu es véritablement la totalité (BG 11/40). Le divin présenté par la BG n’est ni seulement le monde (panthéisme), ni seulement le créateur (le Père dans le Christianisme), mais il est l’Absolu (BG 08/03).
Au cœur de soi, le Soi
Sans exclure le culte extérieur (BG 06/01 et 18/05), le culte essentiel du yogi consiste à repérer et comprendre à travers toute son expérience physique et mentale du monde la présence et le message du divin. Le plus direct, le plus non-duel de ces cultes se situe au cœur de la conscience du yogi lui-même : celui qui fait l’offrande est lui-même Brahman. Le Christianisme reconnaît cela pour la personne du Christ, à l’exclusion de toute autre ; l’ésotérisme yogique le discerne en tout être : Je suis le Soi (atman siégeant dans le cœur de tous les êtres. Je suis le début, le milieu et aussi la fin de toutes les créatures (BG 10/20).
L’oblation est Brahman, et pareillement l’offrande elle-même, celui qui la fait, le feu dans laquelle il la fait, tous sont Brahman. Brahman est atteint par celui qui perçoit Brahman dans toutes les actions. (BG 04/24)
Pratique :
Pratique I : Le paragraphe ‘De la religion dualiste au yoga non-dualiste’ a montré qu’il ne s’agit plus de prier Dieu comme le très lointain, mais de Le méditer comme le toujours présent en tout. Dieu est la forme universelle (BG 11/46).
Pratique II : Dans ‘Ni panthéisme, ni dualisme’ il est apparu que le divin présenté par la BG n’est ni seulement le monde (panthéisme), ni seulement le créateur (le Père dans le Christianisme) : il est l’Absolu (BG 08/03).
Pratique III : Dans ‘Au cœur de soi, le Soi’, il apparut que le culte extérieur (exotérique) du yogi consiste à ne jamais percevoir rien, ni personne comme vide de Dieu, et le culte intérieur (ésotérique) consiste à percevoir, en méditation, Dieu si profondément en soi que le soi ego ne se distingue plus du Soi divin.
NI PANTHÉISME, NI DUALISME (BG04/24)
NI PANTHÉISME, NI DUALISME (BG04/24)
NI PANTHÉISME, NI DUALISME
L’oblation est Brahman, et pareillement l’offrande elle-même, celui qui la fait, le feu dans laquelle il la fait, tous sont Brahman.
Brahman est atteint par celui qui perçoit Brahman dans toutes les actions.
(BG 04/24)
Théorie :
De la religion dualiste au yoga non-dualiste
1 Ce sutra commence par prévenir une erreur propre à l’approche religieuse du réel. Le chrétien, en disant « Notre père, qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié… » situe Dieu au ciel, alors que lui, qui le prie, est sur la terre. Une dualité s’établit alors, que la répétition de la prière renforce. Cela constitue l’exotérisme religieux. À contrario l’ésotérisme, comme le mot l’indique, est intériorisant : il perçoit Dieu à l’intérieur de tous les êtres et non au-delà du monde. Voilà pourquoi le sutra se conclut par Brahman est atteint par celui qui perçoit Brahman dans toutes les actions (BG 04/24).
2 Dans la pratique religieuse, il s’agit de prier Dieu, pour en obtenir des grâces. La prière monte, les grâces descendent. Une sorte d’échange s’établit. Nourrissez les dieux (Deva) par les sacrifices et les dieux soutiendront votre vie. De ces échanges mutuels naîtra pour tous la prospérité (BG 03/11). Dans la pratique spirituelle, qui est ésotérique par nature, il est question de reconnaître Dieu en tout. Il ne s’agit pas de Lui demander quelque chose, mais de l’accueillir puisqu’Il est là, de se laisser habiter par Lui, de Le laisser vivre en nous, de ne plus être autre chose que Lui. Ce qu’exprime la parole du Christ : que ta volonté soit faite ! (Mt 26/42 = P 269).
Rien qui ne soit forme divine
L’image classique de l’offrande à Dieu est l’holocauste. Le mot signifie ‘totalement consumé par le feu’ et Dieu est censé se régaler de la bonne odeur qui monte avec la fumée du sacrifice. Mais le sutra ramène la conscience du dévot à l’ici et au maintenant. L’offrande, déjà, est Brahman, avant même de Lui être offerte ; elle est un de ses lieux de résidence. Le feu de même. Le chapitre 10 de la Bhagavad Gita détaille longuement la présence du divin dans tous les éléments de la manifestation perceptibles par l’humain (BG 10/21-38). On le trouve ainsi dans les astres, la mer, les montagnes, les animaux, les forces de la nature, les Védas, les armes, les saisons, les poésies, les qualités humaines, et même dans le hasard du jeu de dés. Ainsi la Gita qualifie le divin de forme universelle (BG 11/46).
Ni panthéisme, ni dualisme
La pensée chrétienne voit là du panthéisme, doctrine selon laquelle l’univers lui-même est Dieu. Mais la BG n’est aucunement panthéiste, car elle affirme clairement : Ces œuvres (c’est-à-dire le monde entier) ne m’enchaînent pas : je suis placé comme en dehors d’elles, et je ne suis pas dans leur dépendance (BG 09/09). La gita n’est pas panthéiste, mais elle ne rejette pas non plus le monde hors de Dieu, comme le font les religions abrahamiques toutes créationnistes, et par là dualistes. En effet, si le monde est hors de Dieu, alors Dieu n’est plus la totalité : tu es véritablement la totalité (BG 11/40). Le divin présenté par la BG n’est ni seulement le monde (panthéisme), ni seulement le créateur (le Père dans le Christianisme), mais il est l’Absolu (BG 08/03).
Au cœur de soi, le Soi
Sans exclure le culte extérieur (BG 06/01 et 18/05), le culte essentiel du yogi consiste à repérer et comprendre à travers toute son expérience physique et mentale du monde la présence et le message du divin. Le plus direct, le plus non-duel de ces cultes se situe au cœur de la conscience du yogi lui-même : celui qui fait l’offrande est lui-même Brahman. Le Christianisme reconnaît cela pour la personne du Christ, à l’exclusion de toute autre ; l’ésotérisme yogique le discerne en tout être : Je suis le Soi (atman siégeant dans le cœur de tous les êtres. Je suis le début, le milieu et aussi la fin de toutes les créatures (BG 10/20).
L’oblation est Brahman, et pareillement l’offrande elle-même, celui qui la fait, le feu dans laquelle il la fait, tous sont Brahman. Brahman est atteint par celui qui perçoit Brahman dans toutes les actions. (BG 04/24)
Pratique :
Pratique I : Le paragraphe ‘De la religion dualiste au yoga non-dualiste’ a montré qu’il ne s’agit plus de prier Dieu comme le très lointain, mais de Le méditer comme le toujours présent en tout. Dieu est la forme universelle (BG 11/46).
Pratique II : Dans ‘Ni panthéisme, ni dualisme’ il est apparu que le divin présenté par la BG n’est ni seulement le monde (panthéisme), ni seulement le créateur (le Père dans le Christianisme) : il est l’Absolu (BG 08/03).
Pratique III : Dans ‘Au cœur de soi, le Soi’, il apparut que le culte extérieur (exotérique) du yogi consiste à ne jamais percevoir rien, ni personne comme vide de Dieu, et le culte intérieur (ésotérique) consiste à percevoir, en méditation, Dieu si profondément en soi que le soi ego ne se distingue plus du Soi divin.
NI PANTHÉISME, NI DUALISME (BG04/24)