YOGA CHRÉTIEN, SAMADHI, FREUD
Celui qui, le mental parfaitement maîtrisé, libéré de l’avidité envers les objets de désirs, se fixe en l’Atman et en l’Absolu, celui-là est dit être en yoga (Uni) (BG 06/18)
Le yogi dont la pensée est disciplinée, absorbé dans la concentration sur le Soi-atman, est traditionnellement comparé à la flamme d’une lampe abritée du vent, qui ne vacille pas (BG 06/19)
Lorsque le yogi, mental discipliné par la pratique, atteint le samadhi (l’enstase), et qu’il perçoit le Soi-atman par le soi-ego, il est satisfait dans son propre Soi (BG 06/20)
Théorie :
I°) La doctrine du Yoga chrétien
1 Celui qui, le mental parfaitement maîtrisé, libéré de l’avidité envers les objets de désirs, se fixe en l’Atman et en l’Absolu, celui-là est dit être en yoga (Uni) (BG 06/18). Ce sutra paraphrase presque la définition du Yoga par laquelle Patanjali commence son traité des Yoga sutras : Le Yoga est l’arrêt des fluctuations du mental. Le mental, naturellement tourné vers les sens, perçoit le monde éphémère, objet de désirs, il en est avide ; sa maîtrise par l’atman consiste à l’en libérer totalement, du moins pendant le temps de méditation où celle-ci se déroule selon les règles. L’étape suivante s’opère par la pratique régulière, puis l’habitude de ne point quitter la méditation, même quand on entre dans l’action : L’homme qui reste uni à la méditation se dégage ici-bas et des bonnes et des mauvaises œuvres. Aussi, applique toi à la discipline du yoga. Elle est l’excellence de l’agir (BG 02/50). Alors la conscience se fixe dans l’atman, qui est comme le rayon divin touchant le cœur du méditant : le centre de sa conscience individuelle. Parcourant ce rayon qu’est l’atman, la conscience individuelle, jiva, remonte vers sa source, Brahman, l’Absolu. Alors l’unité de la conscience individuelle, jiva puis atman et de sa source Brahman s’opère et le Yoga-(Union) est accompli.
2 Le yogi dont la pensée est disciplinée, absorbé dans la concentration sur le Soi-atman, est traditionnellement comparé à la flamme d’une lampe abritée du vent, qui ne vacille pas (BG 06/19). Le symbole de la flamme est universel. Dans le Christianisme, on évoque le baptême d’eau qui lave les fautes commises relativement aux commandements de la Loi de Moïse (Dharma). Ensuite, vient le baptême d’esprit-pneuma qui révèle la connaissance théorique de Dieu dans son rapport avec celui qui croit n’être qu’un homme mortel. Celui qui m’a envoyé pour immerger-(baptiser) dans l’eau, celui-là m’a dit : « Celui sur qui tu verras l’esprit-pneuma descendre et demeurer sur lui, c’est lui qui immerge-(baptise) dans l’esprit-pneuma saint » (Jn 01 = P 018). Vient ensuite le baptême de feu, symbolisé par la flamme qui se pose à la Pentecôte sur la tête des apôtres ; baptême de feu qu’annonce Jean le Baptiste : Pour moi, je vous baptise dans de l’eau en vue du repentir ; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi… lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu (Mt 03/11 = P 018).
3 La lampe dont le feu doit rayonner sur les gens alentour se retrouve aussi dans la bouche de Jésus : Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d’un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière (Lc 08/16 = P 087).
4 La précision lampe abritée du vent, qui ne vacille pas déborde le discours chrétien ordinaire. Le vent-souffle (grec : pneuma) symbolise l’esprit. Mais il est de mauvais esprits qui valorisent le mortel plus que l’immortel : il y a dans leur synagogue un homme possédé d’un esprit impur…(Mc 01/23 = P 042). Jésus le menace : »Tais-toi, et sors de lui. » Et le précipitant au milieu, le démon sort de lui sans lui faire aucun mal (Lc 04/35 = P 042). L’homme possédé s’en trouvait décentré ; il revient au milieu. Or, dans le symbolisme universel de la roue cosmique, le moyeu central est immobile : Les grandes âmes (mahatmas), participant de ma divine nature…me reconnaissent comme le principe immuable de tous les êtres (BG 09/13). Participant de la nature divine, ces grandes âmes acquièrent son caractère immuable et c’est en cela que la lampe abritée du vent ne vacille pas. Le symbole évangélique du milieu exprime lui aussi cette idée, car au milieu est l’immuabilité du Principe. Comme souvent, le texte évangélique dit plus que ne retient la théologie classique. On voit toujours la flamme dynamique des apôtres transmise d’un converti à l’autre, comme la flamme des jeux olympiques et l’on oublie la flamme ésotérique de celui qui passe de ‘Je deviens’ à ‘Je suis’ en immergeant sa flamme dans le feu-source. Pourtant Jésus y invite ses disciples : Si vous ne croyez-pas que je suis, vous mourrez dans vos fautes (Jn 08 = P 146). Celui qui croit véritablement que Jésus est (c’est-à-dire est uni au Principe) celui-là l’est aussi : pour qu’ils soient un comme nous sommes un (Jn 17 = P 267). Ces enseignements sont dans l’Évangile (même seulement canonique, officiel), mais relèvent de l’ésotérisme chrétien, autrement dit du véritable Yoga chrétien.
II°) Le mystère du samadhi
1 Lorsque le yogi, mental discipliné par la pratique, atteint le samadhi (l’enstase), et qu’il perçoit le Soi-atman par le soi-ego, il est satisfait dans son propre Soi (BG 06/20). Comme déjà vu, l’enstase-samadhi est le contraire de l’extase. Littéralement, extase signifie ‘être en dehors de soi’, ‘hors de soi’, et enstase ‘être en soi, au cœur de soi’. La mystique chrétienne fait souvent référence à l’extase, ce qui est logique, puisque la doctrine correspondante présente Dieu comme le Très-haut et la créature comme hors de Dieu, tirée du néant. Pour s’approcher de Dieu, il faut donc que le mystique chrétien (du moins le mystique officiel, canonisé) soit hors de lui-même, en extase. La doctrine du Yoga présente Dieu comme au cœur de tout (Le seigneur réside dans le cœur de tous les êtres : BG 18/61) ; il est logique que le Yogi cherche Dieu au cœur de lui-même : enstase-samadhi.
2 La doctrine du Yoga distingue différentes sortes de samadhi : celui qui est atteint transitoirement pendant certaines méditations particulièrement fastueuses et celui que le réalisé atteint sans retour. La difficulté, pour le disciple non accompli, c’est qu’il n’accède encore ni à l’un, ni à l’autre samadhi ; si bien que la notion même de samadhi relève pour lui de la foi (au sens profane du terme : la croyance) plutôt que de l’expérience spirituelle. Le sutra donne une précieuse caractéristique du samadhi : il perçoit le Soi-atman par le soi-ego. Autrement dit, il n’y a plus de conflit entre le soi-ego et le soi-atman. On se trouve alors dans la situation indiquée au début de ce chapitre : L’atman (grand Soi) est l’ami du mental (petit soi), pour celui qui a maîtrisé le mental (petit soi) par l’atman (grand Soi) (BG 06/06). Comme un parfait cavalier semble faire corps avec son cheval et que l’on ne perçoit pas de l’extérieur les ordres transmis à l’un par l’autre, l’ego et l’atman fusionnent dans l’état de samadhi. « En quoi cette information est-elle précieuse pour convaincre le débutant yogi ? » En ceci que, même si l’état de samadhi n’a jamais été atteint, le conflit du soi-ego et du Soi-atman s’apaise au fur et à mesure de l’entraînement méditatif. Lorsque ce conflit cesse tout à fait, le méditant est satisfait dans son propre Soi ; le samadhi est atteint et il est stable.
1 Les Yoga Sutra de Patanjali distinguent le ‘samadhi avec connaissance’, samprajnata samadhi, que l’on appelle aussi plus justement ‘samadhi avec semence’ (YS 1/17) et le ‘samadhi sans connaissance’, a-samprajnata samadhi, que l’on nomme aussi ‘samadhi sans semence’ (YS 1/18). Dans le premier, ‘avec semence’, le mental, même purifié, continue en partie de fonctionner, en utilisant des mots, des liens logiques. Dans le samadhi sans semence, le mental n’intervient plus du tout.
2 On sait que Freud, au XX° siècle, a mis en relief la notion de subconscient, comme étant une partie du psychisme fonctionnant sous la surface du mental conscient et influençant grandement les pensées, les émotions et les choix d’actions. Dans le Yoga de Patanjali, ces éléments subconscients se nomment sanskara : ce sont les empreintes résiduelles, les traces des activités antérieures d’un être, même parfois antérieures à sa naissance (BG 06/43-44). Toute action ou pensée crée une telle trace, qui peut parfois devenir une ornière dans laquelle vont se couler, tel un fleuve suivant le chemin de plus grande pente, les autres pensées ou actions de l’homme en question. Le mental rationnel n’a pas prise directe sur cela.
3 La libération définitive (kaïvalya) suppose d’avoir préalablement effacé, nettoyé toutes ces traces, grâce à l’arrêt des fluctuations du mental en quoi consiste la méditation. La pratique régulière de la méditation-dhyana, en abordant le samadhi avec semence, soit l’enstase avec quelques points d’accroche mentale encore (un sujet de méditation, un mot, un concept) a pour effet de produire des sanskaras particuliers, qu’on pourrait nommer ‘samskara de méditation’, qui jouent comme une éponge humide effaçant les écrits de craie sur un tableau noir. Ces ‘sanskaras de méditation’ sont des effaceurs des sanskaras préalables et non méditatifs. La BG y fait allusion à ce processus : Celui dont le mental n’erre plus vers d’autres objets, qui est stabilisé par la pratique répétée de la méditation, qui est absorbé dans la contemplation constante du Purusha suprême et resplendissant, celui-là l’atteint (BG 08/08).
4 Bien que n’envisageant ce processus que sous la dénomination relativement voilée du règne de Dieu une parabole de Jésus décrit assez précisément ce processus. Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté la semence-sporos sur la terre (Mc 04 /26 = P 088) (La semence est la parole de Dieu, le ‘sperme’ spirituel précise Jésus : Mc 04/14 = P 086) : Qu’il dorme ou qu’il soit réveillé-egeirein, la nuit ou le jour, la semence pousse et grandit ; il ne sait comment (Ce passage évoque tout à fait l’action subconsciente de la parole et de la méditation). D’elle-même la terre porte du fruit en premier l’herbe, ensuite l’épi, ensuite du blé plein l’épi. Quand le fruit le permet, aussitôt il envoie la faucille, car c’est la moisson. (La différence, c’est qu’ici on ne décrit pas l’effacement des sanskaras, en vue du nirvana, l’extinction de l’ego, mais on présente les fruits de la croissance spirituelle ; on décrit plus le but que le moyen.)»
IV°) L’ambiguïté de Freud et de la psychanalyse
1 Freud et la psychanalyse sont différemment appréciés selon les maîtres spirituels. Certains semblent avoir des opinions antipodales alors que leurs points de vue respectifs présentent un intérêt certain. Plusieurs maîtres hindous, souvent assez complaisants avec le monde moderne, glorifient Freud pour avoir découvert l’importance des sanskaras sous le nom de sub-conscient. Il est vrai que cette découverte est considérable et qu’elle comble un manque funeste des religions chrétienne et juive qui ont tendance à traiter les comportements humains en fonction d’une rigide dualité moraliste : ce qui est permis ou obligatoire et ce qui est interdit : la vertu, le péché. Cela laisse entière la question de savoir comment un homme, victime de pulsions contre nature (l’homosexualité par exemple) peut cheminer vers une harmonisation de l’Adam et de l’Ève (Yang Yin) en lui et en relation avec autrui.
2 D’autres maîtres spirituels, et en particulier René Guénon (dont l’œuvre fut clairement un ferment de celle que vous lisez) voient dans Freud le grand faux prophète d’une pseudo-religion, comportant clergé (les psychanalystes), rituel (la séance d’analyse) et doctrine (la psychanalyse elle-même). Pourquoi pseudo ? Parce qu’il explique la quête spirituelle par sublimation d’une pulsion fondamentalement sexuelle.
3 Ce faisant, Freud recoure à ce schéma constant de la pensée moderne, le principe d’inversion : le moins suscite le plus et non le plus le moins. On retrouve ce schéma dans l’évolutionnisme de Darwin en sciences naturelles, dans le principe démocratique en science politiques.
4 Quand on considère le but du Yoga ésotérique, des religions exotériques et de la psychanalyse la chose apparait clairement. Le Yoga vise Brahman, l’Absolu. La religion exotérique vise un paradis de bonheur et de dévotion à Dieu, mais encore séparé de Dieu, ‘non confondu’ selon l’expression théologique, alors que le Yoga dit explicitement le contraire (il entre en moi et ne se distingue plus : BG 18/55). La psychanalyse ne porte aucun jugement de valeur sur les pensées, les paroles ou les actions des humains. Tel homme vit dans un contexte social encadré par des lois humaines, changeantes et relatives ; la psychanalyse vise à le rendre à peu près harmonisable avec ces lois pour que son existence ne devienne pas un douloureux chemin relationnel. Il n’y a donc aucun absolu dans la pensée psychanalytique et même il y a en pratique, de fait, la négation de tout absolu. En cela la science de Freud fait de lui l’un des grands prophètes de la modernité en psychologie, conjointement à Marx en sociologie politique, Darwin dans les sciences naturelles et Einstein en physique.
Pratique :
Pratique I : La doctrine du Yoga chrétien Celui qui, le mental parfaitement maîtrisé, libéré de l’avidité envers les objets de désirs, se fixe en l’Atman et en l’Absolu, celui-là est dit être en yoga (Uni) (BG 06/18). Alors la conscience se fixe dans l’atman, qui est comme le rayon divin touchant le cœur du méditant : le centre de sa conscience individuelle. Parcourant ce rayon qu’est l’atman, la conscience individuelle, jiva, remonte vers sa source, Brahman, l’Absolu. Alors l’unité de la conscience individuelle, jiva puis atman et de sa source Brahman s’opère et le Yoga-(Union) est accompli. Le yogi dont la pensée est disciplinée, absorbé dans la concentration sur le Soi-atman, est traditionnellement comparé à la flamme d’une lampe abritée du vent, qui ne vacille pas (BG 06/19). Le symbole de la flamme est universel. Dans le Christianisme on évoque le baptême d’eau, puis d’Esprit, puis de feu. Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d’un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière (Lc 08/16 = P 087). La précision lampe abritée du vent, qui ne vacille pas déborde le discours chrétien ordinaire. On voit toujours la flamme dynamique des apôtres transmise d’un converti à l’autre, comme la flamme des jeux olympiques et l’on oublie la flamme ésotérique de celui qui passe de ‘Je deviens’(la flamme dynamique) à ‘Je suis’ (La flamme qui ne vacille pas) en immergeant sa flamme dans le feu-source. Pourtant Jésus y invite ses disciples : Si vous ne croyez-pas que je suis, vous mourrez dans vos fautes (Jn 08 = P 146). Celui qui croit véritablement que Jésus est (c’est-à-dire est uni au Principe) celui-là l’est aussi : pour qu’ils soient un comme nous sommes un (Jn 17 = P 267).
Pratique II : Le mystère du samadhi Lorsque le yogi, mental discipliné par la pratique, atteint le samadhi (l’enstase), et qu’il perçoit le Soi-atman par le soi-ego, il est satisfait dans son propre Soi (BG 06/20). La doctrine du Yoga distingue différentes sortes de samadhi (contact avec l’intériorité divine dans l’homme) : celui qui est atteint transitoirement pendant certaines méditations particulièrement fastueuses et celui que le réalisé atteint sans retour. La difficulté, pour le disciple non accompli, c’est qu’il n’accède encore ni à l’un, ni à l’autre samadhi ; si bien que la notion même de samadhi relève pour lui de la foi (au sens occidental du terme, la croyance) plutôt que de l’expérience spirituelle. Le sutra donne une précieuse caractéristique du samadhi : il perçoit le Soi-atman par le soi-ego. Autrement dit, il n’y a plus de conflit entre le soi-ego et le soi-atman. Comme un parfait cavalier semble faire corps avec son cheval et que l’on ne perçoit pas de l’extérieur les ordres transmis à l’un par l’autre, l’ego et l’atman fusionnent dans l’état de samadhi. « En quoi cette information est-elle précieuse pour convaincre le débutant yogi ? » En ceci que, même si l’état de samadhi n’a jamais été atteint, le conflit du soi-ego et du Soi-atman s’apaise au fur et à mesure de l’entraînement méditatif. Lorsque ce conflit cesse tout à fait, le méditant est satisfait dans son propre Soi ; le samadhi est atteint et il est stable.
Pratique III : ‘Comment effacer les samskara ?’ ou : ‘De Freud au Yoga’ Les Yoga Sutra de Patanjali distinguent ‘samprajnata samadhi’, ‘samadhi avec semence’ (YS 1/17) et ‘a-samprajnata samadhi’, ‘samadhi sans semence’ (YS 1/18). Dans le premier, ‘avec semence’, le mental, même purifié, continue en partie de fonctionner, en utilisant des mots, des liens logiques. Dans le samadhi sans semence, le mental n’intervient plus du tout. Freud, au XX° siècle, a mis en relief la notion de subconscient, comme étant une partie du psychisme fonctionnant sous la surface du mental conscient et influençant grandement les pensées, les émotions et les choix d’actions. Dans le Yoga de Patanjali, ces éléments subconscients se nomment samskara : ce sont les empreintes résiduelles, les traces des activités antérieures d’un être, même parfois antérieures à sa naissance (BG 06/43-44). Toute action ou pensée crée une telle trace, qui peut parfois devenir une ornière dans laquelle vont se couler, comme un fleuve suivant le chemin de plus grande pente, les autres pensées ou actions de l’homme en question. Le mental rationnel n’a pas prise directe sur cela. La pratique régulière de la méditation-dhyana a pour effet de produire des samskaras particuliers, qu’on pourrait nommer ‘samskara de méditation’, qui jouent comme une éponge humide effaçant les écrits de craie sur un tableau noir. C’est ainsi qu’on se libère des conditionnements du passé et que l’on atteint moksha, la libération aussi décrite comme l’état parfaitement affranchi de tout conditionnement, kaïvalya.
YOGA CHRÉTIEN, SAMADHI, FREUD (BG 06/18 à 20)
YOGA CHRÉTIEN, SAMADHI, FREUD (BG 06/18 à 20)
YOGA CHRÉTIEN, SAMADHI, FREUD
Celui qui, le mental parfaitement maîtrisé, libéré de l’avidité envers les objets de désirs, se fixe en l’Atman et en l’Absolu, celui-là est dit être en yoga (Uni) (BG 06/18)
Le yogi dont la pensée est disciplinée, absorbé dans la concentration sur le Soi-atman, est traditionnellement comparé à la flamme d’une lampe abritée du vent, qui ne vacille pas (BG 06/19)
Lorsque le yogi, mental discipliné par la pratique, atteint le samadhi (l’enstase), et qu’il perçoit le Soi-atman par le soi-ego, il est satisfait dans son propre Soi (BG 06/20)
Théorie :
I°) La doctrine du Yoga chrétien
1 Celui qui, le mental parfaitement maîtrisé, libéré de l’avidité envers les objets de désirs, se fixe en l’Atman et en l’Absolu, celui-là est dit être en yoga (Uni) (BG 06/18). Ce sutra paraphrase presque la définition du Yoga par laquelle Patanjali commence son traité des Yoga sutras : Le Yoga est l’arrêt des fluctuations du mental. Le mental, naturellement tourné vers les sens, perçoit le monde éphémère, objet de désirs, il en est avide ; sa maîtrise par l’atman consiste à l’en libérer totalement, du moins pendant le temps de méditation où celle-ci se déroule selon les règles. L’étape suivante s’opère par la pratique régulière, puis l’habitude de ne point quitter la méditation, même quand on entre dans l’action : L’homme qui reste uni à la méditation se dégage ici-bas et des bonnes et des mauvaises œuvres. Aussi, applique toi à la discipline du yoga. Elle est l’excellence de l’agir (BG 02/50). Alors la conscience se fixe dans l’atman, qui est comme le rayon divin touchant le cœur du méditant : le centre de sa conscience individuelle. Parcourant ce rayon qu’est l’atman, la conscience individuelle, jiva, remonte vers sa source, Brahman, l’Absolu. Alors l’unité de la conscience individuelle, jiva puis atman et de sa source Brahman s’opère et le Yoga-(Union) est accompli.
2 Le yogi dont la pensée est disciplinée, absorbé dans la concentration sur le Soi-atman, est traditionnellement comparé à la flamme d’une lampe abritée du vent, qui ne vacille pas (BG 06/19). Le symbole de la flamme est universel. Dans le Christianisme, on évoque le baptême d’eau qui lave les fautes commises relativement aux commandements de la Loi de Moïse (Dharma). Ensuite, vient le baptême d’esprit-pneuma qui révèle la connaissance théorique de Dieu dans son rapport avec celui qui croit n’être qu’un homme mortel. Celui qui m’a envoyé pour immerger-(baptiser) dans l’eau, celui-là m’a dit : « Celui sur qui tu verras l’esprit-pneuma descendre et demeurer sur lui, c’est lui qui immerge-(baptise) dans l’esprit-pneuma saint » (Jn 01 = P 018). Vient ensuite le baptême de feu, symbolisé par la flamme qui se pose à la Pentecôte sur la tête des apôtres ; baptême de feu qu’annonce Jean le Baptiste : Pour moi, je vous baptise dans de l’eau en vue du repentir ; mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi… lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu (Mt 03/11 = P 018).
3 La lampe dont le feu doit rayonner sur les gens alentour se retrouve aussi dans la bouche de Jésus : Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d’un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière (Lc 08/16 = P 087).
4 La précision lampe abritée du vent, qui ne vacille pas déborde le discours chrétien ordinaire. Le vent-souffle (grec : pneuma) symbolise l’esprit. Mais il est de mauvais esprits qui valorisent le mortel plus que l’immortel : il y a dans leur synagogue un homme possédé d’un esprit impur…(Mc 01/23 = P 042). Jésus le menace : »Tais-toi, et sors de lui. » Et le précipitant au milieu, le démon sort de lui sans lui faire aucun mal (Lc 04/35 = P 042). L’homme possédé s’en trouvait décentré ; il revient au milieu. Or, dans le symbolisme universel de la roue cosmique, le moyeu central est immobile : Les grandes âmes (mahatmas), participant de ma divine nature…me reconnaissent comme le principe immuable de tous les êtres (BG 09/13). Participant de la nature divine, ces grandes âmes acquièrent son caractère immuable et c’est en cela que la lampe abritée du vent ne vacille pas. Le symbole évangélique du milieu exprime lui aussi cette idée, car au milieu est l’immuabilité du Principe. Comme souvent, le texte évangélique dit plus que ne retient la théologie classique. On voit toujours la flamme dynamique des apôtres transmise d’un converti à l’autre, comme la flamme des jeux olympiques et l’on oublie la flamme ésotérique de celui qui passe de ‘Je deviens’ à ‘Je suis’ en immergeant sa flamme dans le feu-source. Pourtant Jésus y invite ses disciples : Si vous ne croyez-pas que je suis, vous mourrez dans vos fautes (Jn 08 = P 146). Celui qui croit véritablement que Jésus est (c’est-à-dire est uni au Principe) celui-là l’est aussi : pour qu’ils soient un comme nous sommes un (Jn 17 = P 267). Ces enseignements sont dans l’Évangile (même seulement canonique, officiel), mais relèvent de l’ésotérisme chrétien, autrement dit du véritable Yoga chrétien.
II°) Le mystère du samadhi
1 Lorsque le yogi, mental discipliné par la pratique, atteint le samadhi (l’enstase), et qu’il perçoit le Soi-atman par le soi-ego, il est satisfait dans son propre Soi (BG 06/20). Comme déjà vu, l’enstase-samadhi est le contraire de l’extase. Littéralement, extase signifie ‘être en dehors de soi’, ‘hors de soi’, et enstase ‘être en soi, au cœur de soi’. La mystique chrétienne fait souvent référence à l’extase, ce qui est logique, puisque la doctrine correspondante présente Dieu comme le Très-haut et la créature comme hors de Dieu, tirée du néant. Pour s’approcher de Dieu, il faut donc que le mystique chrétien (du moins le mystique officiel, canonisé) soit hors de lui-même, en extase. La doctrine du Yoga présente Dieu comme au cœur de tout (Le seigneur réside dans le cœur de tous les êtres : BG 18/61) ; il est logique que le Yogi cherche Dieu au cœur de lui-même : enstase-samadhi.
2 La doctrine du Yoga distingue différentes sortes de samadhi : celui qui est atteint transitoirement pendant certaines méditations particulièrement fastueuses et celui que le réalisé atteint sans retour. La difficulté, pour le disciple non accompli, c’est qu’il n’accède encore ni à l’un, ni à l’autre samadhi ; si bien que la notion même de samadhi relève pour lui de la foi (au sens profane du terme : la croyance) plutôt que de l’expérience spirituelle. Le sutra donne une précieuse caractéristique du samadhi : il perçoit le Soi-atman par le soi-ego. Autrement dit, il n’y a plus de conflit entre le soi-ego et le soi-atman. On se trouve alors dans la situation indiquée au début de ce chapitre : L’atman (grand Soi) est l’ami du mental (petit soi), pour celui qui a maîtrisé le mental (petit soi) par l’atman (grand Soi) (BG 06/06). Comme un parfait cavalier semble faire corps avec son cheval et que l’on ne perçoit pas de l’extérieur les ordres transmis à l’un par l’autre, l’ego et l’atman fusionnent dans l’état de samadhi. « En quoi cette information est-elle précieuse pour convaincre le débutant yogi ? » En ceci que, même si l’état de samadhi n’a jamais été atteint, le conflit du soi-ego et du Soi-atman s’apaise au fur et à mesure de l’entraînement méditatif. Lorsque ce conflit cesse tout à fait, le méditant est satisfait dans son propre Soi ; le samadhi est atteint et il est stable.
III°) ‘Comment effacer les sanskaras ?’ ou : ‘De Freud au Yoga’
1 Les Yoga Sutra de Patanjali distinguent le ‘samadhi avec connaissance’, samprajnata samadhi, que l’on appelle aussi plus justement ‘samadhi avec semence’ (YS 1/17) et le ‘samadhi sans connaissance’, a-samprajnata samadhi, que l’on nomme aussi ‘samadhi sans semence’ (YS 1/18). Dans le premier, ‘avec semence’, le mental, même purifié, continue en partie de fonctionner, en utilisant des mots, des liens logiques. Dans le samadhi sans semence, le mental n’intervient plus du tout.
2 On sait que Freud, au XX° siècle, a mis en relief la notion de subconscient, comme étant une partie du psychisme fonctionnant sous la surface du mental conscient et influençant grandement les pensées, les émotions et les choix d’actions. Dans le Yoga de Patanjali, ces éléments subconscients se nomment sanskara : ce sont les empreintes résiduelles, les traces des activités antérieures d’un être, même parfois antérieures à sa naissance (BG 06/43-44). Toute action ou pensée crée une telle trace, qui peut parfois devenir une ornière dans laquelle vont se couler, tel un fleuve suivant le chemin de plus grande pente, les autres pensées ou actions de l’homme en question. Le mental rationnel n’a pas prise directe sur cela.
3 La libération définitive (kaïvalya) suppose d’avoir préalablement effacé, nettoyé toutes ces traces, grâce à l’arrêt des fluctuations du mental en quoi consiste la méditation. La pratique régulière de la méditation-dhyana, en abordant le samadhi avec semence, soit l’enstase avec quelques points d’accroche mentale encore (un sujet de méditation, un mot, un concept) a pour effet de produire des sanskaras particuliers, qu’on pourrait nommer ‘samskara de méditation’, qui jouent comme une éponge humide effaçant les écrits de craie sur un tableau noir. Ces ‘sanskaras de méditation’ sont des effaceurs des sanskaras préalables et non méditatifs. La BG y fait allusion à ce processus : Celui dont le mental n’erre plus vers d’autres objets, qui est stabilisé par la pratique répétée de la méditation, qui est absorbé dans la contemplation constante du Purusha suprême et resplendissant, celui-là l’atteint (BG 08/08).
4 Bien que n’envisageant ce processus que sous la dénomination relativement voilée du règne de Dieu une parabole de Jésus décrit assez précisément ce processus. Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté la semence-sporos sur la terre (Mc 04 /26 = P 088) (La semence est la parole de Dieu, le ‘sperme’ spirituel précise Jésus : Mc 04/14 = P 086) : Qu’il dorme ou qu’il soit réveillé-egeirein, la nuit ou le jour, la semence pousse et grandit ; il ne sait comment (Ce passage évoque tout à fait l’action subconsciente de la parole et de la méditation). D’elle-même la terre porte du fruit en premier l’herbe, ensuite l’épi, ensuite du blé plein l’épi. Quand le fruit le permet, aussitôt il envoie la faucille, car c’est la moisson. (La différence, c’est qu’ici on ne décrit pas l’effacement des sanskaras, en vue du nirvana, l’extinction de l’ego, mais on présente les fruits de la croissance spirituelle ; on décrit plus le but que le moyen.)»
IV°) L’ambiguïté de Freud et de la psychanalyse
1 Freud et la psychanalyse sont différemment appréciés selon les maîtres spirituels. Certains semblent avoir des opinions antipodales alors que leurs points de vue respectifs présentent un intérêt certain. Plusieurs maîtres hindous, souvent assez complaisants avec le monde moderne, glorifient Freud pour avoir découvert l’importance des sanskaras sous le nom de sub-conscient. Il est vrai que cette découverte est considérable et qu’elle comble un manque funeste des religions chrétienne et juive qui ont tendance à traiter les comportements humains en fonction d’une rigide dualité moraliste : ce qui est permis ou obligatoire et ce qui est interdit : la vertu, le péché. Cela laisse entière la question de savoir comment un homme, victime de pulsions contre nature (l’homosexualité par exemple) peut cheminer vers une harmonisation de l’Adam et de l’Ève (Yang Yin) en lui et en relation avec autrui.
2 D’autres maîtres spirituels, et en particulier René Guénon (dont l’œuvre fut clairement un ferment de celle que vous lisez) voient dans Freud le grand faux prophète d’une pseudo-religion, comportant clergé (les psychanalystes), rituel (la séance d’analyse) et doctrine (la psychanalyse elle-même). Pourquoi pseudo ? Parce qu’il explique la quête spirituelle par sublimation d’une pulsion fondamentalement sexuelle.
3 Ce faisant, Freud recoure à ce schéma constant de la pensée moderne, le principe d’inversion : le moins suscite le plus et non le plus le moins. On retrouve ce schéma dans l’évolutionnisme de Darwin en sciences naturelles, dans le principe démocratique en science politiques.
4 Quand on considère le but du Yoga ésotérique, des religions exotériques et de la psychanalyse la chose apparait clairement. Le Yoga vise Brahman, l’Absolu. La religion exotérique vise un paradis de bonheur et de dévotion à Dieu, mais encore séparé de Dieu, ‘non confondu’ selon l’expression théologique, alors que le Yoga dit explicitement le contraire (il entre en moi et ne se distingue plus : BG 18/55). La psychanalyse ne porte aucun jugement de valeur sur les pensées, les paroles ou les actions des humains. Tel homme vit dans un contexte social encadré par des lois humaines, changeantes et relatives ; la psychanalyse vise à le rendre à peu près harmonisable avec ces lois pour que son existence ne devienne pas un douloureux chemin relationnel. Il n’y a donc aucun absolu dans la pensée psychanalytique et même il y a en pratique, de fait, la négation de tout absolu. En cela la science de Freud fait de lui l’un des grands prophètes de la modernité en psychologie, conjointement à Marx en sociologie politique, Darwin dans les sciences naturelles et Einstein en physique.
Pratique :
Pratique I : La doctrine du Yoga chrétien Celui qui, le mental parfaitement maîtrisé, libéré de l’avidité envers les objets de désirs, se fixe en l’Atman et en l’Absolu, celui-là est dit être en yoga (Uni) (BG 06/18). Alors la conscience se fixe dans l’atman, qui est comme le rayon divin touchant le cœur du méditant : le centre de sa conscience individuelle. Parcourant ce rayon qu’est l’atman, la conscience individuelle, jiva, remonte vers sa source, Brahman, l’Absolu. Alors l’unité de la conscience individuelle, jiva puis atman et de sa source Brahman s’opère et le Yoga-(Union) est accompli. Le yogi dont la pensée est disciplinée, absorbé dans la concentration sur le Soi-atman, est traditionnellement comparé à la flamme d’une lampe abritée du vent, qui ne vacille pas (BG 06/19). Le symbole de la flamme est universel. Dans le Christianisme on évoque le baptême d’eau, puis d’Esprit, puis de feu. Personne, après avoir allumé une lampe, ne la recouvre d’un vase ou ne la met sous un lit ; on la met au contraire sur un lampadaire, pour que ceux qui pénètrent voient la lumière (Lc 08/16 = P 087). La précision lampe abritée du vent, qui ne vacille pas déborde le discours chrétien ordinaire. On voit toujours la flamme dynamique des apôtres transmise d’un converti à l’autre, comme la flamme des jeux olympiques et l’on oublie la flamme ésotérique de celui qui passe de ‘Je deviens’(la flamme dynamique) à ‘Je suis’ (La flamme qui ne vacille pas) en immergeant sa flamme dans le feu-source. Pourtant Jésus y invite ses disciples : Si vous ne croyez-pas que je suis, vous mourrez dans vos fautes (Jn 08 = P 146). Celui qui croit véritablement que Jésus est (c’est-à-dire est uni au Principe) celui-là l’est aussi : pour qu’ils soient un comme nous sommes un (Jn 17 = P 267).
Pratique II : Le mystère du samadhi Lorsque le yogi, mental discipliné par la pratique, atteint le samadhi (l’enstase), et qu’il perçoit le Soi-atman par le soi-ego, il est satisfait dans son propre Soi (BG 06/20). La doctrine du Yoga distingue différentes sortes de samadhi (contact avec l’intériorité divine dans l’homme) : celui qui est atteint transitoirement pendant certaines méditations particulièrement fastueuses et celui que le réalisé atteint sans retour. La difficulté, pour le disciple non accompli, c’est qu’il n’accède encore ni à l’un, ni à l’autre samadhi ; si bien que la notion même de samadhi relève pour lui de la foi (au sens occidental du terme, la croyance) plutôt que de l’expérience spirituelle. Le sutra donne une précieuse caractéristique du samadhi : il perçoit le Soi-atman par le soi-ego. Autrement dit, il n’y a plus de conflit entre le soi-ego et le soi-atman. Comme un parfait cavalier semble faire corps avec son cheval et que l’on ne perçoit pas de l’extérieur les ordres transmis à l’un par l’autre, l’ego et l’atman fusionnent dans l’état de samadhi. « En quoi cette information est-elle précieuse pour convaincre le débutant yogi ? » En ceci que, même si l’état de samadhi n’a jamais été atteint, le conflit du soi-ego et du Soi-atman s’apaise au fur et à mesure de l’entraînement méditatif. Lorsque ce conflit cesse tout à fait, le méditant est satisfait dans son propre Soi ; le samadhi est atteint et il est stable.
Pratique III : ‘Comment effacer les samskara ?’ ou : ‘De Freud au Yoga’ Les Yoga Sutra de Patanjali distinguent ‘samprajnata samadhi’, ‘samadhi avec semence’ (YS 1/17) et ‘a-samprajnata samadhi’, ‘samadhi sans semence’ (YS 1/18). Dans le premier, ‘avec semence’, le mental, même purifié, continue en partie de fonctionner, en utilisant des mots, des liens logiques. Dans le samadhi sans semence, le mental n’intervient plus du tout. Freud, au XX° siècle, a mis en relief la notion de subconscient, comme étant une partie du psychisme fonctionnant sous la surface du mental conscient et influençant grandement les pensées, les émotions et les choix d’actions. Dans le Yoga de Patanjali, ces éléments subconscients se nomment samskara : ce sont les empreintes résiduelles, les traces des activités antérieures d’un être, même parfois antérieures à sa naissance (BG 06/43-44). Toute action ou pensée crée une telle trace, qui peut parfois devenir une ornière dans laquelle vont se couler, comme un fleuve suivant le chemin de plus grande pente, les autres pensées ou actions de l’homme en question. Le mental rationnel n’a pas prise directe sur cela. La pratique régulière de la méditation-dhyana a pour effet de produire des samskaras particuliers, qu’on pourrait nommer ‘samskara de méditation’, qui jouent comme une éponge humide effaçant les écrits de craie sur un tableau noir. C’est ainsi qu’on se libère des conditionnements du passé et que l’on atteint moksha, la libération aussi décrite comme l’état parfaitement affranchi de tout conditionnement, kaïvalya.
YOGA CHRÉTIEN, SAMADHI, FREUD (BG 06/18 à 20)